
Le rideau baissé, un vrai risque ?
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Le rideau baissé, un vrai risque ?
Lundi dernier une trentaine de commerçants du marché Barbès a défilé du métro La Chapelle à la mairie du 18e.
Une première pourrait-on dire. Alors pourquoi? (voir article du Parisien du 2 mai )
Samedi , on pouvait lire ces revendications placardées sur les camions du marché.
Nul doute que les choses bougent depuis nos articles récents sur les dysfonctionnements du marché et la réunion du 11 mars avec Olivia Polski, adjointe chargée du commerce à la mairie de Paris - réunion à laquelle nous participions.
Pour l'historique, voir nos articles des 22 février, 25 février, 4 mars et du 1er avril sur le voeu voté en Conseil de Paris de mars.
Nous avons toujours exprimé notre soutien au maintien du marché alimentaire de notre quartier. Mais cela fait plusieurs années que nous écrivons et alertons les élus sur d'indispensables améliorations à apporter. Nous pouvons donner raison aux commerçants sur l'état du sous-viaduc avec un sol parfois dangereux, des pieds d'arbres en très mauvais état, sans oublier la saleté près des piliers qui sentent l'urine. Les sauvettes sont importantes tant dans l'allée centrale qu'autour du marché.
Pour le reste, il s'agit du respect d'une règlementation peut-être peu respectée jusque-là. Les services de la ville agissent et rien de bien anormal. Les camions stationnés à cheval sur la piste cyclable et le trottoir côté 10e bénéficient d'une "tolérance" de la préfecture de police et ne sont pas verbalisés.

les livraisons nocturnes interdites continuent (photo nuit du 26 au 27 avril)
Pour les riverains, les clients et les commerçants, des améliorations sont attendues pour un marché plus agréable et serein. Un sujet qui sera très probablement évoqué lors du prochain Comité de pilotage Barbès début juin et sans doute un peu avant lors de la réunion publique sur la promenade urbaine de Barbès à Stalingrad annoncée pour ce mois de mai.
A plusieurs reprises en février et en mars, nous nous sommes plaints de la situation devant les magasins Carrefour Market dans notre quartier et plus particulièrement ceux du boulevard de Rochechouart (9e) et de la rue de Clignancourt (18e). Voir nos articles des 13 février, 17 février et 12 mars.
Suite à une intervention de Sébastien Dulermo, adjoint à la maire du 9e, une solution radicale a été mise en place puisque des potelets ont été installés sur le trottoir devant le magasin du boulevard de Rochechouart. Désormais, les véhicules de livraison stationnent sur les aires qui leurs sont réservées rue Viollet-le-Duc (anecdotiques, ces aires de livraisons non utilisées par Carrefour Market jusqu'à récemment avaient été payées par eux).

Pour le 18e, nous avons reçu une lettre du Directeur du magasin de la rue de Clignancourt. Nous la publions ici.


(ouvrir la lettre en format PDF, plus lisible)
A juste titre, le Directeur du magasin fait remarquer que la propreté devant celui-ci n'est pas de son ressort, même si on peut penser qu'il y a quand même un lien de cause à effet. Il va donc falloir être, comme toujours, vigilant et faire le nécessaire auprès de la Direction de la Propreté et de l'Environnement du 18e pour qu'une attention particulière soit portée à ce bout de trottoir.
Beaucoup de boucheries ont fermé ces vingt dernières années, d'autres se sont transformées en boucherie de viande halal dans les quartiers populaires, et par-dessus tout, les rayons des supermarchés ont proposé une alternative aux étals des bouchers : la viande sous cellophane ou conditionnée de type Charal et consorts (Groupe Bigard). Le site de ce producteur a beau annoncé "Du pré à l'assiette" et ses collaborateurs être tout sourire, pour nous, la viande c'est d'abord chez le boucher de quartier.
Justement revenons au quartier ! Depuis quelques mois, le faubourg Poissonnière — le nôtre, 9e-10e Nord ! — a vu ses deux boucheries changer de propriétaire.
Sur le trottoir du 10e, au n°144, entre le fleuriste et le vendeur de Bagels, la boucherie a un nouveau propriétaire. On s'attendait au départ de Monsieur et Madame Leboine, mais pas si tôt. C'est vrai que Marcel, Monsieur Leboine, nous avait toujours dit qu'il avait commencé très tôt dans le métier, en quittant sa Normandie natale pour le plancher parisien. Mais l'annonce en décembre dernier en a surpris plus d'un ! La Normandie a cédé la place à la Bretagne. Monsieur et Madame David viennent de Quiberon (Morbihan). Le changement est radical... pour eux, pour nous pas vraiment, car l'amabilité et la gentillesse de ce couple de commerçants sont dans la continuité des Leboine que nous fréquentions avec plaisir depuis trente ans, pour certains. Fidélité aux fournisseurs également, et suivi de la viande de qualité.

Au n°147, sur le trottoir du 9e, Monsieur Hamelin a déposé couteaux et tablier à l'automne dernier. Nous aurons peut-être l'occasion de faire connaissance avec le nouveau boucher ultérieurement.
Nous avons de la chance que ces deux affaires aient été reprises dans de bonnes conditions et qu'elles survivent au marasme qui a touché tant de confrères, y compris dans le quartier. De mémoire d'une habitante de longue date dans cette partie du 9e, nous nous souvenons du boucher Morel rue Condorcet, angle Turgot (remplacé par l'immobilière David), de la boucherie chevaline de la rue Rodier, un peu au-dessus et en face de l'école maternelle, de la boucherie de la rue de Rochechouart à côté d'une quincaillerie à l'angle de la rue de la Tour d 'Auvergne, d'une autre toujours rue de Rochechouart, tout petit local juste avant le feu rouge au croisement avec l'Avenue Trudaine, et Alexandre, le boucher bien aimé des habitants de la rue Pierre Sémart, près du carrefour Abbeville-Maubeuge... on arrête là ?
Nous avons regardé du côté des statistiques professionnelles, et trouvé des données sur le site de la Fédération des Centres de gestion agréés (FCGA) qui regroupe de très nombreux commerçants et artisans, Très petites entreprises (TPE) et publie des rapports sur les résultats de ses membres. Les moyennes valent ce qu'elles valent... mais nous avons apprécié la comparaison des revenus entre bouchers-traiteurs et ceux du secteur artisans et commerçants. Finalement les bouchers s'en sortent plutôt bien, quand ils s'en sortent, et devraient attirer des vocations, pour les courageux qui aiment le métier de la viande et n'ont pas peur des longues journées de travail !

(En net mensuel, les chiffres tombent respectivement à 3052 € et 2663 €)
Pour une vision plus large des revenus des commerçants et artisans en 2014, nous avons trouvé le 13h de France 2 du mercredi 21 octobre 2015, à écouter entre les points 10:40 et 15:00.
Les données de la FCGA « confirment le dynamisme du commerce de détail alimentaire relevé par l’Insee. Avec un chiffre d’affaires en hausse de 0,5 %, le secteur réalise l’une des meilleures performances commerciales de 2014, toutes professions confondues. Les crémiers-fromagers (+3,4 %) et les artisans bouchers (+2,2 %) se distinguent tout particulièrement. Les professionnels de l’alimentation affichent ainsi la meilleure rentabilité de l’année avec un résultat courant de 1,3 % ». (Source : les Affiches Parisiennes).
On peut parler aussi de l'évolution de l'offre en boucherie. Pour survivre, les bouchers sont devenus traiteurs, charcutiers, et parfois mêmes crémiers, puisqu'il n'est pas rare de trouver un échantillon de quelques fromages choisis. C'est au moins l'évolution que l'on constate à Paris. La pierre d'achoppement sera sans doute les heures d'ouverture, car il va devenir très difficile de soutenir la concurrence des grandes surfaces ouvertes jusqu'à 22 heures, parfois davantage. Aussi, si nous, habitants de Paris, nous voulons continuer à choisir entre une viande de qualité chez notre boucher de quartier (chère, nous en convenons mais de qualité si nous choisissons le bon boucher) et une viande médiocre car les conditions d'abattage, de transformation, la provenance, le prix, les marges sont différentes... il va falloir faire un peu attention à notre métier de consommateur. Quand un commerçant met la clé sous la porte, en général, c'est par défaut de chiffre d'affaires et donc de clientèle.
Fermé pendant de nombreux mois, le Scopitone, le bar-restaurant du centre culturel Barbara Fleury Goutte d'Or, a ré-ouvert de façon presque confidentielle en octobre 2015. Il fallait se roder, trouver de bons fournisseurs et avoir l'ensemble du matériel nécessaire à un bon fonctionnement. C'est désormais chose faite.
Le lieu est ouvert du mardi au vendredi. Pour consommer une boisson et pour la restauration froide, on peut y venir de 10h à 15h30 environ et pour déjeuner, c'est de 12h à 15h.
L'accueil est chaleureux et les produits proposés sont de qualité. Poulets, viandes et fromages viennent de petits producteurs du Lot. Ici, on privilégie le circuit court, le bio, le commerce équitable. Les plats chauds sont faits maison, les tartes aussi. Presque tout est fait sur place. Et à petits prix.
Nous avons testé pour nos lecteurs. Lieu calme, convivial et musique bien choisie (et pas trop forte). Allez-y !
Le commerce, ce n'est pas seulement le marché de Barbès ! Non. Et c'est ce qu'a voulu démontrer l'équipe d'animation du Conseil de quartier (CQ) Goutte d'Or - Château rouge en organisant un brain storming (!) des habitants présents le 30 mars à l'école de la rue Pierre Budin (18e). En effet, on entend certains se plaindre de l'absence de boucheries ou de commerces de bouche, en général, dans le quartier de la Goutte d'Or et souvent ils invitent la mairie à réagir pour ralentir cette évolution du commerce dans les quartiers. Pas facile.
Existe-t-il des moyens de s'y opposer ? Oui, répond le CQ. Les trois tables rondes, constituées ce soir-là de volontaires et de porteurs de projets, et aussi d'acteurs de terrain, se sont interrogés sur les moyens individuels et collectifs à leur disposition.
Une table s'est intéressée aux expériences individuelles, une deuxième aux efforts collectifs, et notamment avec l'apport de la Semaest, cette société d'économie mixte de la Ville dont nous avons parlé à plusieurs reprises ici, comme dans le cadre de Vital Quartier dans le 10e (voir notre article du 2 avril dernier).
Nous étions nous-mêmes, auditeurs attentifs, à la table des initiatives entrepreneuriales, la troisième table ronde, où deux projets ont été détaillés par le menu par les intéressées.

D'abord, le cas d'une boutique acquise par un ancien journaliste dans le cadre d'un investissement individuel avec une préoccupation locale. Pourquoi préciser ce détail ? Parce que c'est une façon un peu nouvelle de faire du marketing, d'analyser le marché. Une fois le local acquis — un ancien magasin de chaussures, pas très grand, mais situé non loin de l'Institut des Cultures d'Islam, bien en vue donc, et jouissant d'une fréquentation honnête —, le propriétaire s'interroge sur la destination de son bien. Quel type de commerce y installer ? Comment l'inscrire dans le lieu ? Quels sont les besoins des habitants proches ? Que leur manque-t-il dans ce quartier vivant ? Quel est le meilleur choix pour assurer à la fois la satisfaction de la future clientèle et la rentabilité du commerce ? Des questions essentielles que développe la porteuse de projet, qui s'est associée au propriétaire du lieu. Tous deux se sont décidés pour la création d'un coffee shop, qui offre bien sûr des boissons, mais aussi un cadre tranquille pour lire ou pour travailler sur son ordinateur, en bénéficiant d'une bonne liaison internet et d'une imprimante au besoin. En partenariat avec le Monde Magazine, le café pourrait organiser des signatures d'écrivains, accueillir des vernissages, des expositions, ou être le cadre de portraits, d'interviews... C'est un concept déjà existant mais peu courant dans les quartiers populaires. A côté de cet aspect culturel, les porteurs de projet aimeraient offrir aux jeunes du quartier (présence du Centre de Formation d'apprentis Stephenson - CFA - non loin) des encas de qualité mais bon marché, autre chose que MacDo ou Quick sans exploser leur pouvoir d'achat. Le plan de financement est en cours, peut-être un recours au crowdfunding (financement participatif). On a aussi noté des attentes du côté de l'obtention d'une terrasse, c'est là que la Mairie apporterait son coup de pouce. Au niveau du calendrier, si tout marche comme espéré, on pourrait compter sur une ouverture à l'automne.
Le second projet présenté se rapproche davantage de l'économie solidaire. Il s'agit de créer une cuisine aux dernières normes en vigueur, utilisable par les habitants comme une extension de chez eux, qui soit un lieu convivial et pas seulement commercial. Cela pourrait ressembler à un restaurant participatif, avec une partie de la production de plats préparés mise à la vente, de façon à assurer des ressources au projet. Le lieu n'est pas encore trouvé : il devrait offrir environ 100 m2 de surface et être adaptable pour des ateliers de cuisine ou de pâtisserie, un cadre très convivial permettant d'ouvrir le quartier sur d'autres horizons et de faire connaître les traditions culinaires d'autres pays.
Ce sont des projets encore en gestation mais qui présentent des perspectives alléchantes pour le quartier. Les habitants ont envie de prendre leur destin et celui du quartier à bras le corps, on dirait.
Un peu avant l'ouverture d'une épicerie fine rue de Maubeuge, une autre voyait le jour de l'autre côté du viaduc du métro, rue Stephenson. Nous avons donc franchi la "frontière" entre 10e et 18e pour rencontrer le créateur du lieu et découvrir ce nouveau commerce. Ouvrir un 31 décembre n'est pas banal mais Nawfal Bouya tenait particulièrement à démarrer avant l'année 2016.



Le local qu'il occupe à l'angle des rues Stephenson et Doudeauville était auparavant une agence immobilière. Il appartient à une société d'économie mixte, la SIEMP, ce qui lui permet de ne pas avoir un loyer exorbitant.
C'est évidemment un peu tôt pour dresser un bilan. Nawfal se concentre surtout pour ces premiers mois d'ouverture sur la sélection de ses produits. Il s'agit de fidéliser une clientèle de quartier. On peut aussi déguster sur place midi et soir jusqu'à 21h. Mais les horaires sont extensibles si les amateurs sont au rendez-vous.
Pour en savoir plus, voir le site de la FineEpicerie (en construction, nous a-t-on précisé). Et encore mieux, faites un saut jusque-là, l'accueil est bon.
Cliquez ici pour la page Facebook de La Fine Epicerie de la Goutte d'Or.