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Municipales 2026 : propositions d'Action Barbès sur la Halte Soins Addictions

 

Halte Soins Addictions (HSA) : un dispositif utile, une mobilisation locale exemplaire, un enjeu de pérennisation et d’adaptation

État des lieux

La Halte Soins Addictions (HSA) Jean-Pierre Lhomme, dispositif unique à Paris et implanté au cœur de notre quartier, s’inscrit dans une politique de réduction des risques qui répond à une réalité sanitaire et sociale ancienne et documentée du quartier. Depuis son ouverture expérimentale, la HSA a suscité de nombreuses inquiétudes, parfois des oppositions, mais aussi un important travail de dialogue entre riverains, associations locales, usagers et équipes professionnelles.

Action Barbès a joué un rôle actif :

  • en favorisant la mobilisation et l’expression des habitants,
  • en participant à des temps d’échange associant riverains, bénéficiaires et équipes de terrain,
  • en travaillant en lien étroit avec les professionnels de Gaïa – Médecins du Monde, porteurs du dispositif.

Ce travail collectif, exigeant mais constructif, a contribué à désamorcer des tensions, à objectiver les effets réels du dispositif, et à rendre visibles ses apports sanitaires et sociaux, tant pour les usagers que pour l’espace public. Il a également participé à la décision de prolonger l’expérimentation, preuve que le dialogue local et l’expertise d’usage sont des leviers efficaces de l’action publique.

Action Barbès a pris toute sa part dans cette séquence, non pas comme simple observateur, mais comme acteur de médiation et de responsabilité locale. Nous assumons d’être au côté des usagers, qui doivent être considérés comme des habitants à part entière, et de défendre une approche qui refuse les postures de stigmatisation. Dans le même temps, nous sommes aux côtés des riverains et commerçants qui vivent le quartier au quotidien : notre ligne est celle du réalisme de terrain, du dialogue et de la recherche de solutions.

Nous tenons également notre rôle dans les instances municipales dédiées au suivi de la HSA (et plus largement de la réduction des risques) : présence régulière, remontées argumentées, vigilance sur les impacts concrets dans l’espace public, et force de propositions sur les ajustements nécessaires. Ce travail, mené en lien avec les équipes de Gaïa – Médecins du Monde, des associations partenaires et des habitants, a contribué à objectiver les effets du dispositif et à alimenter les décisions publiques, notamment la prolongation de l’expérimentation. 

Propositions

Nous considérons aujourd’hui que la question n’est plus de savoir s’il faut maintenir une HSA, mais comment la pérenniser et l’adapter aux évolutions des usages et des situations.

Nous interpellons donc les candidates et candidats aux municipales sur plusieurs points clairs :

  • Pérenniser la HSA existante, en sortant d’une logique d’expérimentation reconduite a minima, pour assurer la continuité de services essentiels à la sécurité sanitaire et sociale des usagers et du quartier, pour préserver la santé publique, la sécurité des usagers et la qualité de vie des riverains ;
  • Reconnaître et soutenir le rôle des collectifs d’habitants et associations locales qui ont contribué, par le dialogue et la co-construction, à l’amélioration du fonctionnement du dispositif et à son acceptabilité sociale. Il est indispensable que les comités de voisinage soient poursuivis et organisés régulièrement, avec la participation de tous les acteurs concernés : riverains, associations, élus locaux, forces de l’ordre, et professionnels de santé, avec la mise en place d’une communication entre institutions et riverains, afin que chacun puisse comprendre l’évolution des dispositifs et les actions menées dans le quartier. Il est tout aussi nécessaire que les GPO (groupements de proximité opérationnels), mis en place par le commissariat du 10e avec tous les acteurs concernés, soient organisés régulièrement ;
  • Engager une réflexion à l’échelle parisienne sur la multiplication, la diversification et la répartition des dispositifs de réduction des risques : l’existence d’une seule HSA en Ile-de-France n’est ni adaptée à la réalité des situations de consommation observées à Paris, ni soutenable pour le quartier gare du Nord-Barbès. Il faut donc une extension des dispositifs de réduction des risques, et de lieux d’accueil et d’accompagnement, là où se trouvent les usagers de drogues, dans d’autres quartiers de Paris et d’Île-de-France, afin de mieux répartir la prise en charge des usagers de drogues et d’éviter une concentration trop forte dans certaines zones  ;
  • Adapter les implantations et les modalités d’intervention aux évolutions des problématiques d’addiction, en tenant compte des réalités territoriales, des publics concernés et des effets sur l’espace public, pour répondre à la diversité des besoins des consommateurs là où ils se trouvent. Ils existent, font partie de la société, faisons avec eux là où ils sont.

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