De la vie difficile de deux copains bobos, voisins, résidant avenue Trudaine, qui se sont croisés dimanche à 11h rue des Martyrs, à mi-pente.
- Tiens, salut Phil, comment va ?
- Salut, bof moyen ! Couché à 2h du mat mais réveillé à 6 par les engins de nettoyage de la Ville de Paris. Une grosse balayeuse super bruyante et rebelote à 7h avec le nettoyage des trottoirs en face et à 8h en bas de chez moi. L'enfer. Y a un truc spécial aujourd'hui ?
- Ah, t'en sais plus sur ce qui se passe en Syrie que dans ton propre quartier. Mais voyons, c'est l'inauguration de la zone "Paris respire" de l'avenue Trudaine ! T'as pas vu ça sur le blog d'Action Barbès ?
- Euh ... non. Encore une opération de com ?
- Mauvaise langue. Depuis un mois, l'avenue Trudaine est fermée aux voitures le dimanche aprem. C'est pour limiter la pollution et permettre aux enfants de jouer tranquillou.
- Hein, quoi, mais y avait déjà quasi pas de voitures dans l'avenue le dimanche, ça change quoi ? Et puis franchement, tu crois pas que je vais laisser ma môme jouer alors que des voitures y en a quand même. On est rentré de vacances dimanche dernier et il en passe des voitures. C'est zéro bagnolle ou rien. Tiens, ça me fait marrer parce que cette nouvelle zone, elle est juste de l'autre côté d'une zone similaire dans le 18ème, non ? Et entre les deux, y a quoi ? Le boulevard de Rochechouart, systématiquement embouteillé le dimanche, c'est ça qu'on respire non ? En juin, pendant des semaines on a respiré des micro-particules et des oxydes d'azote plein le nez, personne n'a moufté. Va voir sur le site de Airparif, tu verras. Ca m'énerve ces demi-mesures. Je lisais hier dans Le Parisien que les voies sur berges ont été réaménagées entre l'Hôtel de Ville et le pont Sully. T'imagines qu'ils ont eu l'idée de transformer cette quasi-autoroute urbaine en zone de promenade pour les piétons. Personne ne va être content : les bagnolles ne vont plus rouler, les automobilistes vont encore gueuler, les piétons n'iront sûrement pas se balader dans les gaz d'échappement. 3500 véhicules heure dit Le Parisien.
Bon, j'arrête de râler. Cette semaine c'est la rentrée scolaire, mais le week-end prochain, on se fait un apéro à la maison, OK ? Salut, embrasse Marie.
Avenue Trudaine au début du XXème siècle
Photo tirée de l'excellent livre Mémoires des rues Paris 9e (1990-1940)
de Philippe Roy aux éditions Parismagine

La rentrée a son lot de problèmes récurrents. Dans notre quartier, les porte-huit, des camions spécialement équipés pour transporter les voitures particulières, sont toujours présents, toujours plus nombreux et donc toujours plus nuisibles à la santé des riverains qu'ils soient habitants ou encore plus grave, patients. Lesdits porte-huit stationnent désormais sans complexe (
La mairie du 9e arrondissement vous invite à participer à l'inauguration de la nouvelle zone protégée de la circulation qui répond au doux nom de Paris Respire. 
S'il semble à Charles Aznavour "que la misère serait moins pénible au soleil", on ne peut pas dire que la propreté y soit plus grande, ni les "cochonneries" laissées un peu partout mieux tolérées parce qu'elles sont au soleil.
Pour les deux compères du site, les citoyens salisseurs et les pouvoirs publics sont responsables. C'est une 




Pendant des mois, les forces de police du 18e ont mené des rondes, à pied ou à vélo, autour de la station Barbès, pour empêcher l'installation des marchés parallèles, qu'on ne peut pas vraiment appeler "marché aux puces" ou "marché des biffins". En effet, on y trouve toutes sortes de denrées, et toutes sortes de personnes, majoritairement précaires. Les rondes ne sont pas effectuées tout au long de la journée. Les marchands l'ont bien compris, et comme à Belleville, ils attendent le départ de la police pour s'installer. A la moindre alerte, ils s'éloignent pour revenir un peu plus tard. Ce ne sont pas les perspectives d'augmentation continue du chômage qui vont changer la donne rapidement et épuiser les réserves de vendeurs occasionnels qui viennent ici rencontrer un acheteur tout aussi occasionnel que les premiers.