Alexandre est un jeune juriste ambitieux qui n’a pas connu son père. Il est prisonnier d’un paradoxe : à la fois introverti et assoiffé de reconnaissance. Le jeune homme, qui vit avec une femme comédienne sensuelle et extravertie, sollicite et obtient le poste de Chef de cabinet d’un Maire de grande ville dont l’ego n’a d’égal que le besoin, lui aussi, de reconnaissance. Dans ces deux personnalités différentes mais en fait plus proches qu’on ne l’imagine et dans leurs relations tumultueuses tient le ressort de la pièce Entre père et Maire. Témoignage, la pièce est une sorte de documentaire sur la vie ordinaire d’un "chef" et de son plus proche collaborateur, avec son lot de médiocrités quotidiennes, de bouffonneries mais surtout de cynisme dans le jeu de rôles assumé par les protagonistes. Elle sonne juste dans le tableau de nos vies même si quelques clichés, voire caricatures, s’y glissent de temps à autre. Témoignage qui peut être interprété comme une espèce de dénonciation de cette comédie humaine à laquelle chacun est plus ou moins soumis.
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Théâtre : Entre père et Maire
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Cinéma : « Paris » de Cédric Klapsich
L’auberge espagnole et sa suite Les poupées russes diffusé lundi soir par France 2 sont des films touchants et de leur temps. Romain Duris, l’acteur fétiche de Klapisch, a un certain talent. Klapisch a déclaré à toute la presse lors du lancement de son dernier bébé la semaine dernière qu’il avait voulu faire un film montrant qu’il se passait encore des choses à Paris, quoiqu’en disent les grincheux ! Tout concoure donc pour aller voir Paris.N’y allons pas par quatre chemins : Paris est un documentaire longuet rempli de clichés. La critique va paraître sévère tant il est vrai que Klapisch filme bien Paris, mais après tout, réalisateur de films, c’est son métier non ? On nous montre Paris vu du haut de la tour Eiffel, du haut de Ménilmontant, puis Notre Dame, les jardins du Palais Royal, sans oublier le Moulin Rouge, le Sacré Cœur, la Sorbonne, …..Ca se passe dans des appartements où les parisiens ne vivent pas : Duris, alias Pierre, habite dans un immeuble tout en haut de Belleville avec vue imprenable sur Paris et Cluzet, alias Philippe, habite un somptueux logis avec grande terrasse donnant sur les jardins de Bercy et la Seine juste à côté de la bibliothèque Mitterrand. D’histoire, point. Des
destinsvies qui se croisent sans vraiment se rencontrer. Des personnages tout en poncifs : la boulangère acariâtre, le professeur d’histoire un peu fou, les jeunes femmes branchées qui vont à Rungis chercher l’aventure, des bonimenteurs de marché façon titi parisien, ……, arrêtons le massacre. Une pléiade d’acteurs connus ne fait pas un bon film non plus. Lucchini fait du Lucchini, Duris joue un malade pas crédible, Cluzet un architecte fade, Dupontel un beauf sans intérêt. Seule Juliette Binoche un peu à contre courant de ce qu’elle a fait ces derniers temps sort du lot et rend émouvante Elise, femme de 40 ans, qu’elle incarne sans fard, au sens propre comme au sens figuré.Klapisch a dit dans une interview au Monde qu’il n’avait pas pris le métro de Paris pendant sept ans. Ca se voit et ça se sent.
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Centre musical Barbara à la Goutte d'Or
L’inauguration du nouveau centre musical BARBARA, situé boulevard de la Chapelle, côté 18e, a eu lieu vendredi dernier. Action Barbès est allé visiter les lieux et faire quelques photos. Vous reconnaîtrez ainsi le centre, visible depuis les rames du métro aérien.
Les activités n’ont pas attendu l’ouverture officielle pour commencer. Les salles sont nombreuses, bien équipées, dans la limite de ce que nous avons pu estimer, n’étant pas experts en la matière. Un auditorium en sous-sol peut accueillir quelque trois cents personnes, c’est là que le maire a rendu hommage à la chanteuse disparue et dévoilé une plaque à sa mémoire. Comme l'a rappelé Bertrand Delanoë, Barbara, au cours de sa carrière, a toujours aidé les jeunes artistes et c'est une excellente idée de baptiser cette belle réalisation de son nom.
De tout jeunes gens ont fait une démonstration de hip-hop dans une vaste salle, au 1er étage, sous l’œil averti des animateurs de Paris Macadam, une association du quartier qui donne aussi des cours de théâtre.
Salle de spectacle, ateliers de pratiques collectives, mais aussi studios de répétition et studios d’enregistrement avec régie, qui pourront être loués à des tarifs attractifs.
Deux journées portes ouvertes auront lieu les 22 et 23 février, à partir de 11h. En soirée, le centre mettra à l’honneur de jeunes artistes déjà primés dans le cadre de « Paris jeunes talents ».
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Un artiste un peu oublié à la Pinacothèque
Dimanche matin, le ciel était clair et l’air franchement frais. « Ça te dirait une petite promenade ? »
Nous nous sommes retrouvés place de la Madeleine, étonnés qu’une foule de gens s’entassent chez Fauchon… mais agréablement surpris de partager notre goût pour la peinture avec quelques amateurs seulement. En effet, quel plaisir de prendre son temps pour s’asseoir devant une toile, de revenir, de repartir dans le sens inverse de la visite, toute attitude impossible quand les expositions parisiennes en vue déplacent des autocars de visiteurs.
Chaïm Soutine
Personnellement je l’ai vu pour la première fois au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme, dans le Marais, à son ouverture, dans une salle consacrée à la renaissance culturelle juive dans l’art des premières années du XXe siècle.
Pas sûr que Soutine lui-même ait aimé se voir catalogué comme témoin de l’art juif. Les textes proposés dans la Pinacothèque expriment plutôt le contraire : un souci de se distancer des milieux juifs orthodoxes et une prudence face à l’antisémitisme rampant de la société française de son époque. Beaucoup de tiraillements donc pour un artiste à la personnalité très complexe et qui le restera, car il soignera le flou qui l’entoure.
Je l’ai croisé ensuite au Musée de l’Orangerie dans la collection de Paul Guillaume qui en possédait à lui seul un grand nombre et contribua à le sortir de l’ombre.
Pour revenir à l’exposition, elle rassemble une centaine des toiles de Chaïm Soutine, une œuvre expressionniste dans un pays qui n’a pas cette école de peinture comme en Allemagne, une œuvre qui n’appartient d’ailleurs à aucune école, à aucun groupe, un travail de solitaire en somme. Les œuvres exposées sont prêtées par des collections privées et ont donc la fraîcheur des toiles peu connues, peu photographiées. Une performance de la Pinacothèque qui a fait le choix de présenter l’œuvre chronologiquement, sur des fonds qui absorbent la lumière (un bleu nuit profond notamment) et qui ouvrent des fenêtres sur les toiles éclatantes de couleurs et de matières.
Exposition Chaïm Soutine jusqu’au 27 janvier 2008, Pinacothèque de Paris, 28 place de la Madeleine, 75008 Paris. Renseignements : 01 42 68 02 01.
A lire dans Connaissance des arts :
Chaïm Soutine à l’assaut de la Pinacothèque
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Au théâtre

Le petit garçon sourd va en vacances chez ses grands-parents. Communiquer avec son « pépé » est bien difficile, pour le pépé surtout ! Les copains de son âge ne sont pas tendres avec lui qui ne parle pas : il n’a pas de langue ! Comment va-t-il manger une glace ? Et avec les filles ? Oh la la !!
Jean Yves Augros nous proposait jeudi et propose encore ce vendredi soir à 20h30 sa pièce Ma parole dans la salle d’International Visual Théâtre (IVT), rue Chaptal.
Mise en scène par Chantal Liennel et jouée par Jean Yves Augros et Yoann Robert, la pièce est à la fois l’expression de cette souffrance dans la difficulté à communiquer et l’incompréhension de la part des entendants qu’ont les sourds. Elle est pour les entendants eux-mêmes une prise de conscience pour certains, un rappel pour les autres, de la nécessaire ouverture d’esprit dont nous devons faire preuve en face de la différence. Admirablement interprétée par ces deux copains dont la complicité à la ville se sent sur scène, la pièce se veut pédagogique et est jouée principalement dans les écoles. Elle est la parfaite illustration de l’esprit qui a animé dès son origine l’installation d’IVT et de sa compagnie rue Chaptal.
Un débat avec les acteurs a suivi la représentation. La salle, pleine, était essentiellement constituée de sourds et on est frappé par leur appétit à communiquer et la facilité avec laquelle le langage des signes leur permet de le faire. Signe intéressant, une classe d’enfants entendants assistait au spectacle et les questions fusaient de toutes parts.
Chantal Liennel et Jean Yves Augros font partie de la compagnie théâtrale installée rue Chaptal. Ils y sont formateurs, comédiens, auteurs, etc. … La saison 2007 s’achève et la programmation 2008 est difficile. En effet, IVT rencontre beaucoup de difficultés financières : des travaux d’installation qui ont couté beaucoup plus cher que prévu – la salle rouge et noir de 200 places environ est bien réussie – des subventions qui n’arrivent pas à l’heure et d’un montant pas tout à fait au niveau de ce qu’on souhaitait, nul besoin d’aller chercher des responsables, mais il faut aider financièrement IVT à continuer son travail !
Jean Yves Augros finit son spectacle par la réponse à la question d’ouverture : quelle est ta langue maternelle ? Ma langue est fraternelle. -
Intégrale Georges Brassens : le retour

Après le succès de l'édition 2006, l'intégrale de l'oeuvre de Georges Brassens revient en 2007. Cela commence dimanche 21 octobre à 20h et pour 7 jours. Toutes les informations sur le site Le Grand Pan.
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Lire Maupassant
Un baiser légal ne vaut jamais un baiser volé.
Guy de Maupassant

Lire Maupassant est un plaisir pour tout le monde mais les habitants ou les amoureux du 9ème arrondissement y trouveront une saveur toute particulière tant celui-ci est présent dans son œuvre.
Rien de surprenant à cela. Guy de Maupassant a vécu plusieurs années rue Clauzel, au 17 ou au 19, des recherches sont en cours pour savoir exactement où. Le quartier imprègne donc ses écrits. Bel-Ami bien sûr dont l’essentiel de l’action se déroule sur ces boulevards qui ont vu à la fin du 19ème siècle tant de journaux s’y installer.
Mais ce sont les Contes et Nouvelles publiés entre 1875 et 1891 qui recèlent le plus de surprises pour les amoureux du quartier. Au détour d’une phrase, d’un court paragraphe, on est avec un jeune couple qui s’installe dans le haut de la rue de Rochechouart et Maupassant nous dépeint le Paris de cette époque vu des toits, ou encore un couple de quincaillers installés ayant commerce rue des Martyrs se rendant via la rue Saint Lazare à Courbevoie pour une promenade en canot et un déjeuner sur l’herbe, une soirée de Messieurs qui dinent « en garçons » dans un grand restaurant des boulevards, une femme « légère » qui reçoit dans le quartier Breda (actuelle rue Henri Monnier), un fiacre qui passe rue du Faubourg Montmartre, un homme perdu rue Drouot, etc. …. Laissons à chacun le plaisir de faire ces découvertes au hasard de la lecture.
Le quartier n’a guère changé depuis Maupassant et la façon qu’il a d’en parler par touches successives nous en donne une idée « impressionniste » qui ne laissera personne indifférent.
La meilleure publication des Contes et Nouvelles est sans aucun doute celle de La Pléiade (Gallimard) par Louis Forestier (2 volumes). Bien sûr, cette publication a le gros inconvénient d’être assez chère mais les annotations de Louis Forestier sont d’une importance capitale. Il s’agit clairement de deux volumes de référence.
Vous trouverez sur Internet beaucoup d’informations concernant Maupassant. Il faut noter dans cet ensemble le site « Maupassantiana », site érudit et néanmoins accessible. Vous pourrez vous abonner gratuitement à la newsletter mensuelle, entièrement consacrée à l’auteur et à l’actualité de son œuvre.
Enfin, n’oubliez pas que vous trouverez sur le site Autour du Père Tanguy tenu par l’historien Bernard Vassor beaucoup d’articles traitant de l’histoire de notre arrondissement, Maupassant inclus.


