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Histoire

  • Ça chauffe rue Rochechouart !

    Entre la photo en N&B prise en 1919, le 12 avril, et la saisie d’écran de Google Streetview de juillet 2020, il y a un point commun.

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    L’horloger est toujours un horloger ! Mais que faisait tout ce monde devant la vitrine de l’horlogerie Femina ? 

    La foule devant l'immeuble pendant une perquisition de la police au domicile de Landru 76 rue Rochechouart.jpg

    En effet, il y avait un monde fou dans la rue ce jour-là, ce matin-là, devrait-on dire, car selon toutes vraisemblances, la foule a eu vent de l’arrestation du tueur en série Henri Désiré Landru à son dernier domicile, au 76 de la rue de Rochechouart dans le 9e arrondissement. Les arrestations avaient lieu à six heures du matin. Rien n’a vraiment changé à vrai dire, quand la police a localisé le lieu de résidence, voire la planque, d’un malfaiteur à qui elle souhaite "passer les bracelets" ! 

    C’est un des premiers tueurs en série de l’histoire de la criminalité en France, connu notamment pour avoir fait disparaitre les corps de ses victimes à l'aide d'une cuisinière à bois (ce n'était pas rue de Rochechouart). Onze victimes à son actif, des centaines d’articles dans la presse pour suivre l'affaire, deux films, Landru (1963) de CLaude Chabrol avec Charles Denner, et Désiré Landru (2005) de Pierre Boutron avec Patrick Tilmsit.

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    Par ailleurs, les écrits sont fournis et nombreux sur la vie et les crimes de cet homme, qui a fini guillotiné en février 1922 à l’entrée de la prison de Versailles, au terme d’une instruction qui avait duré deux ans et demi. Il n’est qu’à taper Landru sur un moteur de recherche pour s’en convaincre et connaître tous les détails si la curiosité vous titille… Et si vous voulez passer voir l'immeuble de la rue Rochechouart, il faudra patienter un peu car il est actuellement caché par un échafaudage pour cause de ravalement.

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    Une autre vue d’époque (1920) grâce à l’agence Meurisse, spécialisée dans le reportage photographique de 1909 à 1937.

  • Travaux en suspens pour la flèche de l'église Saint-Bernard

    La flèche de l'église Saint-Bernard de La Chapelle connait d'inquiétants problèmes de stabilité depuis quelques temps, et elle s'est vue recouvrir d'un échafaudage durant l'été 2019. Cette même année, un projet du budget participatif a obtenu le suffrage des habitant, permettant de financer les travaux de la flèche et ensuite l'éclairage du monument à hauteur de 1 300 000 euros. Action Barbès est un des porteurs de ce projet, nous sommes donc très attentifs à sa mise en œuvre, c'est pourquoi nous avons sollicité Karen Taïeb, adjointe à la Maire de Paris chargée des questions de patrimoine, pour connaitre les avancées du projet.

    Nous faisons ici le point sur ce dossier.

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    Détail de la flèche

    La flèche de l'église néo-gothique nécessite donc une opération de restauration. La Ville de Paris avait mis un en place un échafaudage pour sécuriser la zone en premier lieu, puis en vue de réaliser les études et les travaux lorsque cette restauration avait été lauréate du budget participatif.

    Dans un premier temps, l’opération de restauration de cette flèche avait été évaluée pour un montant de 1 000 000 euros, financé donc par le budget participatif (300 000 euros sont consacrés à l'éclairage).

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    Automne 2020, la flèche est perdue dans une montagne d'acier

    Mais, lorsque des études plus poussées ont  été menées il s’est avéré que l’état sanitaire de la flèche nécessitait davantage de travaux par rapport à ceux évalués à l’occasion du budget participatif. L’architecte estime le montant de cette restauration à 2 200 000 €. Il faut donc programmer un nouveau calendrier d'intervention, les services de la Ville y travaillent actuellement.

    Dans l'attente, des travaux de mise en sécurité de la flèche ont été réalisés, comme la dépose de la croix sommitale et d’éléments de charpente, et la protection de plaques de plomb abîmées pour assurer l'étanchéité. La flèche ne tombera pas en attendant sa rénovation.

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    Dépose de la croix, décembre 2020

    Par ailleurs, l’échafaudage qui avait été loué par la Ville en 2019 a été déposé, afin de ne pas engendrer de surcoût pour la Ville entre ces deux interventions. La flèche se retrouve donc à nue, attendant patiemment de retrouver de sa superbe.

    Les travaux d’éclairage seront, logiquement, réalisés à l’issue des travaux de restauration. Reste à connaitre le calendrier de tous ces travaux, nous ne manquerons pas de vous en faire part quand nous en aurons connaissance.

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    Le pied de la flèche amputée d'un contrefort, janvier 2021

    Petit bonus historique

    L'état actuel de la flèche n'est pas dû à un défaut d'entretien mais plutôt de conception. En effet, ce n'est pas la première fois que cette église rencontre des soucis avec sa flèche. Dès sa construction (de 1858 à 1863), on découvrit rapidement que la cloche accrochée au pied de la flèche était trop lourde et faisait vaciller la flèche en sonnant. On déposa alors la cloche en urgence et on y installa un plus petit carillon. la cloche d'origine existe toujours, elle a trouvé sa place à l'église Saint-Augustin (8e).

    En 1877, on s'aperçoit que la flèche penche dangereusement. Sur le rapport de Viollet-Le-Duc, la Ville finance alors sa restauration pour une somme de 7 715 francs, soit l'équivalent d'un peu plus de 15 000 euros actuels.

    Au tout début du XXe siècle, la flèche s'est mise à pencher à nouveau. On provisionna cette fois la somme de 10 630 francs (25500 euros) pour le redressement. On établit là aussi un échafaudage géant, alors en bois, pour les travaux. Quelques photos gardent souvenir de cette impressionnante construction éphémère, comme cette carte postale de la rue Jean-François Lépine (ci-dessous). Le chantier se déroula en 1902 et 1903 et fût assombri par la mort d'un architecte-vérificateur qui a chuté de l'échafaudage. Gageons que les normes de sécurité actuelles garantissent de meilleures conditions de travail pour les ouvriers d'aujourd'hui.

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  • Réaménager la place Pigalle, une gageure

    La place Pigalle dans le 9e arrondissement de Paris est un lieu que tout le monde ou presque connait. De la chanson "Un p'tit jet d'eau, une station de métro entourée de bistrots" chantée par Georges Ulmer en passant par la Belle époque et ses cabarets, la mafia corse au milieu du XXe siècle et ses sex-shops, la place a une renommée mondiale. Il suffit de s'y promener un soir d'été en direction du Moulin rouge et de voir tous les touristes la photographier pour s'en convaincre.

    La mairie de l'arrondissement vient de mettre en ligne une consultation pour son réaménagement. C'est une bonne idée surtout si l'on considère ce que beaucoup considèrent comme des désastres de l'urbanisme à Paris, que sont les aménagements des places de la République, de la Bastille ou encore Gambetta dans le 20e par exemple. Notons quand même qu'une consultation ne garantit pas que ce projet sera couronné de succès.

    Essayons de prendre un peu de recul et de regarder rapidement la place Pigalle dans son passé. Cela ne peut qu'instruire un dossier compliqué et permettre à chacun de se faire une opinion des projets soumis aux votes.

    Sa création date du 16 janvier 1789 nous dit Wikipédia et porte ce nom depuis le 30 décembre 1864. Elle le doit au sculpteur Jean-Baptiste Pigalle. Elle a donné son nom à tout un quartier au pied de la Butte Montmartre. Avant la Première Guerre Mondiale, elle y a vu s'installer beaucoup de cabarets, salles de spectacles et de concerts mais aussi pas mal d'hôtels "de passage" car quartier de plaisir, donc de prostitution.

    Au coeur du quartier des artistes, peintres, musiciens, chanteurs ... dans les années 1870 – La Nouvelle Athènes - il est devenu un quartier "très chaud" géré par la mafia corse au milieu du XXe siècle jusque dans les années 1980 avec les trafics en tout genre et les sex shops tape à l'oeil (sur cette époque, voir le documentaire de David Dufresne, "Le Pigalle. une histoire populaire de Paris", diffusé en 2019 sur Arte). Il s'est progressivement transformé au tournant des années 2000.

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    Voilà ce que nous écrivions sur ce blog en décembre 2013 : "Un coup fatal a été porté à Pigalle au moment de la restructuration de la place au milieu des années 2000 (Voir notre article du 29 octobre 2007 à ce propos).  Dans la logique de la restructuration des boulevards de Clichy et de Rochechouart, la place Pigalle a subi un réaménagement qui l’a transformée en gare routière pour autobus de la RATP. Le fameux petit jet d’eau s’est vu amputer de son petit jardin et de sa grille historique pour devenir, la plus grande partie du temps, le réceptacle aux canettes de bière et autres sodas sans parler des papiers gras. La destruction du café historique La nouvelle Athènes  au n°9 remplacé par un immeuble au style blockhaus a parachevé le désastre."

    Au milieu des années 2010, Pigalle s'est "gentrifié" comme il est courant de qualifier le processus de transformation d'un quartier dans lequel les dénommés « "bobos" viennent s'installer. Les anciens "bars à hôtesses" se sont vite transformés en bars à cocktails pour hipsters (jeunes, branchés et au pouvoir d'achat certain). Voyez l'article du New York Times de novembre 2013 sur le sujet "Comment les hipsters ont ruiné Paris "

    Quelle est la situation aujourd'hui alors que se profile un projet de réaménagement ?

    Avec six malheureux arbres, cinq voies de circulation qui la traversent, un bassin qui, malgré les réels efforts de la mairie du 9e pour le remettre en eau, reste désespérément vide, une salle, Les Folies Pigalle, fermée depuis le décès de sa propriétaire Hélène Martini, la place Pigalle est triste et, répétons le, n'est qu'une vulgaire gare routière où se rencontrent les lignes de bus n° 30, 40 et 54.

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    On avait espéré en 2019 que la disparition de la ligne 67 qui y avait son terminus allégerait un peu les choses mais la RATP a eu la mauvaise idée d'y fixer le terminus de la ligne 30 en remplacement. Il est clair pour nous que quel que soit le projet retenu par la mairie du 9e, la disparition de ce terminus est un pré-requis, ce que les plans proposés ne semblent pas indiquer.

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    Place Pigalle, décembre 2020

    En regardant les projets, il ne faut pas oublier que cette place Pigalle est la limite entre le 9e arrondissement côté Sud et le 18e côté Nord, ce qui ne facilite pas la tâche pour un réaménagement. D'ailleurs, les esquisses présentées ne traitent que de la partie Sud.

    En consultant les trois projets, chacun aura son avis. Le projet n°2 qui agrandit significativement l'espace végétal autour du bassin est intéressant. Un projet à suivre...


    Bibliographie :

    •    La Vie secrète de Montmartre – Philippe Mello -  Ed. Omnibus
    •    Vie et histoire IXe arrondissement - Jocelyne Van Deputte – Ed Hervas
    •    Montmartre du plaisir et du crime – Louis Chevalier – Ed. La Fabrique
    •   Paris, une histoire érotique d'Offenbach aux sixties – Dominique Kalifa – Ed. Payot

  • Culture confinée : "Femmes en révolution", une conférence en ligne

    La Mairie du 18e continue son cycle de conférences historiques, Les mercredis des révolutions, avec une prochaine séance (mercredi 2 décembre à 18 h 30) ayant pour sujet les "Femmes en révolution". 

    Cette séance, en ligne pour d'évidentes raisons sanitaires, permettra d'écouter les interventions de Ludivine Bantigny, historienne, et Leslie Kaplan, écrivaine. La séance sera animée par Caroline Fayolle, historienne.

    "Intitulée « Femmes en révolution, autour de mai 1968 », cette séance sera l’occasion d’aborder la place des femmes dans le mouvement de Mai 68. Cette crise politique a-t-elle transformé les rapports entre les sexes ? La libération de la parole en 68 a-t-elle permis l’expression de la parole des femmes ? Le mouvement de Mai 68 a-t-il vraiment été une « révolution sexuelle » ? Quels sont les liens entre Mai 68 et le mouvement féministe des années 70 ?"

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  • Culture confinée : Avec l'INA, redécouvrez le Paris d'hier

    Aujourd'hui, l'idée pour se cultiver confiné se trouve sur la page YouTube de l'INA. En effet, l'Institut national de l'audiovisuel (INA) propose de revoir des reportages sur des sujets parisiens datant des années, 1950 aux années 1980. Une multitude de reportages sont disponibles sur des sujets très divers, pour une durée allant de quelques minutes à plusieurs dizaines : c'est la section "INA Paris Vintage".

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    Ainsi on pourra retrouver plusieurs vidéos concernant la Butte Montmartre par exemple, comme celle-ci de 1966 sur les enfants de la Butte.

    On peut aussi y découvrir des images beaucoup plus rares, comme ce reportage sur les enfants de la Goutte d'Or, diffusé originellement en 1967, où l'on y découvre une jeune institutrice très attachante.

    On pourrait facilement tomber dans la nostalgie nous direz-vous ? N'y aurait-il pas la tentation de fantasmer l'idée que Paris c'était forcément mieux avant ? Pas si sûr, car certains reportages nous montrent des images qu'on est heureux de savoir être du passé, comme celles du reportage sur les travailleuses de nuit à Paris (1967).

    Alors n'hésitez pas à aller vous perdre dans le choix qu'offre l'INA. Nostalgique ou pas, c'est toujours bon de prendre un peu de recul et de mettre en perspective nos propres vécus parisiens.

  • Culture confinée : "Modèles noirs, regards blancs", documentaire en ligne

    Dans nos quartiers très "métissés", un autre regard ne peut pas nuire pour mieux nous comprendre. En regardant ces documentaires accessibles à tous via un ordi, on peut s’approcher peut-être d’un progrès dans le fameux vivre ensemble... 

    Le premier déclencheur est l’exposition du Musée d’Orsay intitulée Corps noir, regard blanc, dont nous vous proposons ici la brève présentation sur Arte.tv en trois minutes.

    Puis vient un documentaire beaucoup plus complet avec nombre de personnalités que vous reconnaîtrez, ainsi que des universitaires et des écrivains, qui analysent, expriment leurs sentiments, racontent leur histoire. Le film Modèles noirs, regards blancs est inscrit dans la série du "Doc stupéfiant" réalisé par Aurélia Perreau et Elise Le Bivic. Ici nous sommes sur France 5 (documentaire visible en ligne jusqu'au 14 novembre 2020).

    "Alors que le mouvement américain "Black Lives Matter" résonne dans le monde entier, ce documentaire s'intéresse à la représentation des noirs dans la culture populaire française. Entre caricatures tristes et racisme, le regard sur l'homme noir est rempli de mythes, de stéréotypes et d'allégories. Des artistes pourtant font avancer les mentalités. Léa Salamé et son équipe sont allés à la rencontre de personnalités qui aident à penser ces représentations, ces clichés et ces nouveaux modèles."

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  • Ils ont détruit l'Auberge du Clou

    Entre 1875 et 1914 environ, la vie artistique et intellectuelle à Paris se déroulait essentiellement à Montmartre. Dans un périmètre assez réduit allant de la place de Clichy à Barbès et des Grands Boulevards au haut de la Butte, se côtoyaient nombre de grands artistes et intellectuels : Renoir et les Impressionnistes, Van Gogh, Toulouse Lautrec, Picasso mais aussi Verlaine, Rimbaud, Zola, Satie, Debussy, ... pour ne citer qu'eux, et bien d'autres.

    Des lieux ont marqué leur présence. Certains ont définitivement disparu comme le Bateau Lavoir sur la Butte, le bal Tabarin et le Chat Noir rue Victor Massé dans le 9e, les cafés l'Abbaye de Thélèm et La Nouvelle Athènes place Pigalle, le Paradis et l'Enfer boulevard de Clichy. D'autres ont survécu tant bien que mal jusqu'à aujourd'hui comme La Cigale boulevard de Rochechouart, le Divan rue des Martyrs, l'emblématique Moulin Rouge place Blanche, l'Auberge de la Grande Pinte, devenu en 1889 le célèbre Ane Rouge (aujourd'hui le restaurant Paprika), mitoyen de l'Auberge du Clou, etc.

    Un de ces lieux, certes moins prestigieux que ceux mentionnés, vient de disparaitre à jamais. Il s'agit de l'Auberge du Clou située 30 avenue Trudaine. C'est, à certains égards, aussi un lieu emblématique. S'y rencontrèrent dès 1883, les opposants au “Chat noir” comme Alfred Jarry mais aussi Stéphane Mallarmé, Paul Verlaine, les peintres et caricaturistes Henri Riviere, Willette, Caran d'Ache, Suzanne Valadon, les musiciens Erik Satie et Claude Debussy y seront pianistes, le dramaturge Georges Courteline, et Alphonse Allais dont c'était leur café préféré , puis Mistinguett et Maurice Chevalier... et bien d'autres venant en voisins du quartier. L'Auberge du Clou devient rapidement un sanctuaire littéraire et artistique renommé. Le "Clou" permettait aux artistes fauchés d'y accrocher leur œuvre en attendant de pouvoir régler leur addition.

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    L'Auberge du Clou et sa voisine l'auberge de La Grande Pinte
    qui deviendra l'Ane Rouge avenue Trudaine
    à la fin du XIXe siècle Source : gallica .fr

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    l'Auberge du Clou vers 1905, Source : cparama.com

     

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    l'Auberge du Clou en 2010. Si l'intérieur avait été assez profondément remanié, du moins la façade restait-elle inchangée

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    L'ancienne Auberge du Clou octobre 2020 en travaux

    Nous assistons impuissants à un réel effacement de la mémoire du lieu avec aujourd'hui cette nouvelle devanture moderne, banale et sans âme pour abriter une activité de restauration rapide parait-il. Tout cela se fait en parfaite connaissance de cause puisque des contacts avec la gérante pour l'informer de la qualité de l'endroit ont eu lieu au préalable. C'est donc une destruction délibérée.

    Il ne fait pas de doute que la responsabilité de ce saccage incombe directement au propriétaire, à la copropriété qui a nécessairement donné son accord pour modifier la façade du 30 avenue Trudaine comme la Loi lui impose, la Direction de l'Urbanisme de la Ville de Paris qui ne se soucie guère de la mémoire de ces lieux historiques de notre ville en ne mentionnant même pas ceux-ci sur le Plan Local d'Urbanisme et enfin, et surtout, l'Architecte des Bâtiments de France chargé du 9e arrondissement qui n'a pas jugé, au mieux, l'endroit suffisamment important pour le laisser détruire, soit au pire, ignorant totalement la qualité de celui-ci.

    On peut trouver des informations à propos de l'Auberge du clou dans :
    La vie secrète de Montmartre de Philippe Mellet (Ed. Omnibus) ;
    Vie & Histoire du IXe arrondissement de Jocelyne Deputte (ed. Hervas) ;
    • Guide Trudaine Rochechouart dans tous ses éclats (ed. Mairie de Paris) ;

    et sur Internet :
    Montmartre secret : avenue Trudaine côté pair ;
    CPArama cartes postales anciennes 9e arrondissement ;
    9e Histoire : Autour de la place Pigalle au temps de la Bohême montmartroise ;
    Blog Autour du Père Tanguy : l'Auberge du Clou, Zola, Mousseau, 30 avenue Trudaine ;
    et bien sûr le site de la BNF Gallica.

  • La rue du Delta à travers les âges et avant transformation

    La rue du Delta est dans l'actualité. Nous attendons tous avec impatience l'arrivée des pelleteuses qui creuseront les jardinières, voire les fosses pour planter quelques arbres (voir notre article du 3 septembre 2020). Bientôt, nous a promis la Mairie du 9e.

    La rue du Delta ne comporte pas beaucoup de commerces, du moins des commerces en boutique qui accueillent du public. Ce ne fut pas toujours le cas. Bien au contraire. Les immeubles anciens, à la fin du 19e siècle présentaient quasiment tous un portail d'entrée flanqué de boutiques de chaque côté. Dans les archives de la Ville de Paris, on relève qu'à l'angle du faubourg Poissonnière (actuel atelier floral) existait un café restaurant. Au numéro 2, une blanchisserie et un atelier de reliure. Au 4, dans un immeuble en moellons de quatre étages construit en 1862, déjà des boutiques étaient fermées. Au 6, une autre blanchisserie et un restaurant, également débit de vins. Encore une blanchisserie, ou plutôt un teinturier à gauche du portail du numéro 18, dont le propriétaire, monsieur Dufrenoy, en 1894 se plaignait que la réfection du trottoir ayant réhaussé le sol, les eaux d'écoulement entraient désormais dans sa boutique.... Il semble que l'hiver 1894-1895 ait été très pluvieux, et les gouttières, défectueuses ou inexistantes. A droite du portail il y avait aussi un plombier.

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    Affiche publicitaire de la maison F. Appel, imprimeur et lithographe, fondée en 1884 et installée au 12 rue du Delta (1887)

    Les archives nous révèlent également, dans les courriers de l'administration (Service technique de la voie publique) et des citoyens qui s'adressaient à elle, que les trottoirs étaient à la charge des propriétaires des immeubles riverains. Et bien sûr les problèmes afférents.

    Ainsi un courrier de la Société des lièges appliquées à l'industrie, située au 13, en date du 3 novembre 1894 :

    Lettre à M. le Préfet de la Seine à Paris
    Nous avons l'honneur, Monsieur le Préfet, de vous informer que par la présente, nous nous engageons à payer les frais de « déglaçage » occasionnés par l'écoulement des eaux de notre maison dont nous sommes les principaux locataires 13 rue du Delta, à Paris, durant l'hiver 1894 à 1895.
    Note au dos :
    La rue du Delta étant drainée, il n'existe plus de gargouilles.
    Il y a donc lieu d'annuler l'engagement ci-contre.
    Datée : 7 novembre
    Signée :L'Ingénieur de la 3e section

    Quelque dix années plus tôt, le maire du 9e arrondissement, Paul Strauss, se plaignait auprès de son administration d'une malpropreté récurrente à l'angle de la rue du Delta et du faubourg Poissonnière.... (note du 21 Septembre 1884). Tiens, tiens, les mauvaises habitudes perdurent.

     

    Qu'en est-il des commerces en 2020 ?

    En descendant de Rochechouart, on trouve une galerie d'art (n°26), qui régulièrement ouvre ses portes lors des 'événements « Portes d'or » ou « D'Anvers aux Abbesses ». Au 24, le très fréquenté laboratoire de biologie médicale. Le siège du Bonbon au 15 et son annexe au 10. Le Bonbon est une publication de proximité au format de poche, qui présente des articles publirédactionnels signalant les nouveautés, créations, nouveaux commerces, etc., il est disponible dans les boutiques, bars, restaurants, gratuitement, dans chacun des arrondissements parisiens. Au 11, un salon de coiffure a su se créer une clientèle fidèle, sans souffrir de l'ouverture d'un concurrent en haut de la rue, il y a quelques années. Depuis environ deux ans et après de longs travaux, notamment en sous sol, un studio de post production s'est établi au 12 : A la plage, avec salles de montage, d'étalonnage, mixage, auditorium... Au 8 se cachent un atelier d'art et un espace de coworking. Au 6 s'est installée une annexe de la Préfecture de police, chargée du renouvellement des permis de séjour des personnes étrangères. Au 4, une boutique de téléphonie, Idéal Phone, jouxte les deux tables en terrasse du second café de la rue, l'Idéal Bar — le premier étant à l'angle de la rue de Rochechouart en lieu et place de la pharmacie du Delta disparue. Viennent ensuite, au 2, deux minuscules locaux fermés qui ont abrité un salon de coiffure et un atelier de retouche, suivi d'un plombier assez éphémère. Mentionnons encore les immeubles du 9 et du 7 qui comprennent des sociétés de service et de nombreux employés.

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    A l'angle des rues Rochechouart et du Delta (septembre 2019)

    Finalement, en listant ces lieux et ces enseignes, on constate que cette rue est laborieuse, peu encline aux boutiques grand public ou aux commerces de bouche, mais elle est active et diversifiée. Souhaitons que la végétalisation dont elle va bénéficier cet automne apporte du bien être non seulement aux riverains domiciliés là mais aussi à ceux qui y travaillent. Nous vous en reparlerons à l'heure des plantations.

     

  • Visite de la mairie du 9e pour les Journées du patrimoine

    Les 18, 19 et 20 septembre 2020 se dérouleront les Journées du patrimoine. Ce rendez-vous traditionnel est une bonne occasion pour (re)découvrir des lieux ouverts ou non au public. 
    Dans ce cadre, la Mairie du 9e propose notamment une visite guidée de la mairie et des lieux patrimoniaux de l’ancien hôtel d’Augny, sous la conduite de Claude Mignot, président de l'association 9e Histoire.
    Le rendez-vous est fixé au vendredi 18 septembre à 18 h 30, et la visite est gratuite. Nous donnons l'information à l'avance car il est obligatoire de s'inscrire (cliquer ici pour s'inscrire), et les places étant convoitées, il ne faut pas tarder afin d'être sûr d'être dans les rangs des visiteurs !
     
    Addendum : la visite est complète

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    C'est où ?
    Mairie du 9e, 6 rue Drouot
    C'est quand ?
    Vendredi 18 septembre à 18 h 30
     
     
  • Dans la cour de la mairie du 9e...

    Aujourd’hui nous vous proposons deux brèves relatives à la mairie du 9e arrondissement. Des événements très différents que nous nous amusons à regrouper. Ils ont cependant un point commun, ils ont lieu dans la cour de la mairie du 9e !
     
    D’abord, l’Histoire avec un grand H et les militaires, parmi les plus grands (à prendre dans l’acception que vous souhaitez). En effet la commémoration rituelle de l’Appel du 18 juin, lancée par le Général de Gaulle sur les ondes de la BBC à 18 h 30 le 18 juin 1940, aura lieu dans la cour de la mairie du 9e à 12 h, en présence de Laurent de Gaulle
    Un petit rappel des circonstances ? C’est ici
     
    PS : difficile à repérer, ce Laurent est un petit neveu du Général…. petit fils du frère cadet, Jacques, du Général. 

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    C'est où ?
    Cour de la mairie du 9e, 6 rue Drouot
    C'est quand ?
    Jeudi18 juin, à 12 h
     
     
    Ensuite, la musique, avec un grand M, illustrée par un événement original qui rebondit sur la période de confinement que nous avons tous vécu. Stéphane Sénéchal, chanteur lyrique professionnel, a offert un concert gratuit à ses voisins depuis la fenêtre de son appartement situé dans le 9e, pour leur offrir un moment de liberté. Dimanche prochain, 21 juin, c’est encore dans la cour de la mairie du 9e qu’il se produira pour le plaisir des habitants, à 14 h 30. Entrée gratuite mais inscription obligatoire auprès de la mairie du 9e.

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    (pour illustrer les concerts du confinement cet article de BFMTV du 27 mars)
     
    C'est où ?
    Cour de la mairie du 9e, 6 rue Drouot
    C'est quand ?
    Dimanche 21 juin, à 14 h 30
     
  • Une visite pour aller à la rencontre des femmes connues et méconnues du 9e

    À l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes du 8 mars, la mairie du 9e vous propose une visite guidée à travers les rues de l'arrondissement pour aller à la rencontre des femmes connues et méconnues du 9e, le samedi 7 mars à 14 h30.

    Cette balade est gratuite et sera guidée par Michel Güet, guide du patrimoine du 9e. Une fois n'est pas coutume, il n'est pas utile de s'inscrire, rendez-vous directement sur place, au départ du 54 rue Jean-Baptiste Pigalle. La visite dure environ une heure trente.

    Téléchargez le livret-guide "Femmes connues et méconnues du 9e"

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    Degas, Les repasseuses, 1884, Musée d’Orsay

    C'est Où ?

    9e arrondissement

    C'est quand ?

    Samedi 7 mars 2020, à 14 h 30

  • "Le Temps du Ghetto", séance spéciale au Louxor

    Ce jeudi 6 février, le cinéma le Louxor vous propose une séance spéciale, avec la projection du film documentaire de Frédéric Rossif : "Le Temps du Ghetto". Ce documentaire relate l'histoire du ghetto juif de Varsovie, depuis sa création jusqu'à la sanglante répression de 1943, lorsque sa population se souleva contre la barbarie des nazis. La projection sera suivie d'une rencontre avec l'historienne Annette Wieviorka, spécialiste de la Shoah et de l'histoire des Juifs au XXe siècle.

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    C'est où ?
    Le Louxor, 170 boulevard de Magenta, Paris 10e
    C'est quand ?
    Jeudi 6 février 2020, à 20 h