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histoire

  • Ça chauffe rue Rochechouart !

    Entre la photo en N&B prise en 1919, le 12 avril, et la saisie d’écran de Google Streetview de juillet 2020, il y a un point commun.

    Capture d’écran 2021-02-17 à 19.04.55.jpg

    L’horloger est toujours un horloger ! Mais que faisait tout ce monde devant la vitrine de l’horlogerie Femina ? 

    La foule devant l'immeuble pendant une perquisition de la police au domicile de Landru 76 rue Rochechouart.jpg

    En effet, il y avait un monde fou dans la rue ce jour-là, ce matin-là, devrait-on dire, car selon toutes vraisemblances, la foule a eu vent de l’arrestation du tueur en série Henri Désiré Landru à son dernier domicile, au 76 de la rue de Rochechouart dans le 9e arrondissement. Les arrestations avaient lieu à six heures du matin. Rien n’a vraiment changé à vrai dire, quand la police a localisé le lieu de résidence, voire la planque, d’un malfaiteur à qui elle souhaite "passer les bracelets" ! 

    C’est un des premiers tueurs en série de l’histoire de la criminalité en France, connu notamment pour avoir fait disparaitre les corps de ses victimes à l'aide d'une cuisinière à bois (ce n'était pas rue de Rochechouart). Onze victimes à son actif, des centaines d’articles dans la presse pour suivre l'affaire, deux films, Landru (1963) de CLaude Chabrol avec Charles Denner, et Désiré Landru (2005) de Pierre Boutron avec Patrick Tilmsit.

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    Par ailleurs, les écrits sont fournis et nombreux sur la vie et les crimes de cet homme, qui a fini guillotiné en février 1922 à l’entrée de la prison de Versailles, au terme d’une instruction qui avait duré deux ans et demi. Il n’est qu’à taper Landru sur un moteur de recherche pour s’en convaincre et connaître tous les détails si la curiosité vous titille… Et si vous voulez passer voir l'immeuble de la rue Rochechouart, il faudra patienter un peu car il est actuellement caché par un échafaudage pour cause de ravalement.

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    Une autre vue d’époque (1920) grâce à l’agence Meurisse, spécialisée dans le reportage photographique de 1909 à 1937.

  • Jeu : devinette confinée

    Privés de sorties, privés de terrasses et d’apéro entre amis, nous sommes un peu sombres. Peu à peu, une lassitude nous gagne. Pour notre blog aussi, c’est la disette. Pas de réunions où se retrouver entre adhérents, ou entre citoyens autour d’un thème qui nous anime, qui nous fait débattre…et nous chamailler. Seules quelques consultations en ligne viennent réveiller notre conscience citoyenne, et nous ne manquons pas de vous en avertir quand votre participation est possible, et parfois même attendue. Telle cette sollicitation de la mairie du 18e sur le thème de la restauration scolaire du jeudi 4 février. 

    Et entre temps… ? Pour ne pas perdre le contact avec vous, nous avons créé la rubrique de la "culture confinée" : présentations en ligne d’expositions de peinture, captures de pièces de théâtre, concerts enregistrés en vidéo, etc…. Inspirés par un ami blogueur du 12e arrondissement, nous essayons maintenant une série de devinette : retrouver l’adresse d'une boutique disparue, comme aujourd’hui, ou localiser une curiosité architecturale. Nos archives photographiques sont très riches et y plonger fait ressortir des souvenirs associatifs, que les plus anciens de l’asso sauront peut-être apprécier. 

    Bien sûr, nous sommes toujours à l’écoute des remarques que vous pourrez faire, vos observations sont les bienvenues. Et dans la mesure de notre savoir et de nos connaissances, nous nous engageons à répondre à vos sollicitations. 

    Devinette n° 1 : Le monde des reptiles 

    Nous avons beaucoup d’archives dans l’association, et notamment de nombreuses vues du quartier, des quartiers quand on considère les trois arrondissements autour du carrefour Barbès.

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    Celle-ci date de 2004, et présente un singulier commerce…. la vente de serpents, de toutes sortes. C’était un grand magasin, assez profond pour comporter de grandes boites vitrées, chauffées pour certaines, avec des reptiles plus ou moins impressionnants, à l’allure endormie, souvent.

    Le magasin en question était installé dans notre quartier au 43... Mais de quelle rue ? Vous souvenez-vous ?

     

  • Culture confinée : "Femmes en révolution", une conférence en ligne

    La Mairie du 18e continue son cycle de conférences historiques, Les mercredis des révolutions, avec une prochaine séance (mercredi 2 décembre à 18 h 30) ayant pour sujet les "Femmes en révolution". 

    Cette séance, en ligne pour d'évidentes raisons sanitaires, permettra d'écouter les interventions de Ludivine Bantigny, historienne, et Leslie Kaplan, écrivaine. La séance sera animée par Caroline Fayolle, historienne.

    "Intitulée « Femmes en révolution, autour de mai 1968 », cette séance sera l’occasion d’aborder la place des femmes dans le mouvement de Mai 68. Cette crise politique a-t-elle transformé les rapports entre les sexes ? La libération de la parole en 68 a-t-elle permis l’expression de la parole des femmes ? Le mouvement de Mai 68 a-t-il vraiment été une « révolution sexuelle » ? Quels sont les liens entre Mai 68 et le mouvement féministe des années 70 ?"

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  • Culture confinée : Avec l'INA, redécouvrez le Paris d'hier

    Aujourd'hui, l'idée pour se cultiver confiné se trouve sur la page YouTube de l'INA. En effet, l'Institut national de l'audiovisuel (INA) propose de revoir des reportages sur des sujets parisiens datant des années, 1950 aux années 1980. Une multitude de reportages sont disponibles sur des sujets très divers, pour une durée allant de quelques minutes à plusieurs dizaines : c'est la section "INA Paris Vintage".

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    Ainsi on pourra retrouver plusieurs vidéos concernant la Butte Montmartre par exemple, comme celle-ci de 1966 sur les enfants de la Butte.

    On peut aussi y découvrir des images beaucoup plus rares, comme ce reportage sur les enfants de la Goutte d'Or, diffusé originellement en 1967, où l'on y découvre une jeune institutrice très attachante.

    On pourrait facilement tomber dans la nostalgie nous direz-vous ? N'y aurait-il pas la tentation de fantasmer l'idée que Paris c'était forcément mieux avant ? Pas si sûr, car certains reportages nous montrent des images qu'on est heureux de savoir être du passé, comme celles du reportage sur les travailleuses de nuit à Paris (1967).

    Alors n'hésitez pas à aller vous perdre dans le choix qu'offre l'INA. Nostalgique ou pas, c'est toujours bon de prendre un peu de recul et de mettre en perspective nos propres vécus parisiens.

  • 3e édition des "Mercredis des Révolutions"

    Pour la troisième année, la Mairie du 18e arrondissement organise "Les Mercredis des Révolutions". Ce cycle de conférences d'université populaire propose depuis sa création une programmation toujours intéressante, et le cru 2019-2020 n'y déroge pas. Rendez-vous tous les premiers mercredis du mois de 18 h 30 à 20 h 30 à la mairie du 18e arrondissement pour écouter des historiens et des universitaires sur le thème pour le moins riche des révolutions. La première séance se tiendra mercredi 6 novembre prochain, l'entrée est libre et gratuite.

    "Comment se saisir aujourd’hui, dans un monde désenchanté, des expériences révolutionnaires du passé ? Comment ce passé révolutionnaire peut-il nous aider à penser un présent de plus en plus incertain ? 

    C’est à ces questions que, pour la troisième année consécutive, la Société d’histoire du 19e siècle et la mairie du 18e arrondissement, vous proposent de venir réfléchir dans le cadre d’une université populaire, ouverte à tous, gratuite et qui se réunit le premier mercredi de chaque mois dans la salle des mariages de la mairie.

    Autour de thématiques précises et renouvelées à chaque séance, un historien, chercheur de profession, et un « grand témoin » - acteur d’un événement, romancier, metteur en scène, auteur de roman graphique, etc. – viendront dialoguer avec vous. Des ponts seront esquissés entre le passé et le présent, entre l’histoire et l’action. Sans prétendre apporter de réponses définitives, nous essaierons, en confrontant l’expérience et la recherche historique universitaire, d’apporter un éclairage original aux interrogations et aux débats que traverse notre société. Bien évidemment cet éclairage nous le confronterons à votre expérience dans le cadre d’un échange libre entre les invités et l’assistance."

    Cette année cette université populaire se fera en partenariat avec le journal Politis et le site Parole d’histoire, ce dernier retransmettra chaque séance en podcast .

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    Programme de la saison 2019-2020 

    Démocratie directe : de la Commune aux gilets jaunes

    6 novembre 2019

    • Quentin Deluermoz et Maurizio Gribaudi

    • Séance animée par Emmanuel Fureix

    Esclavage et révolution : les Antilles

    4 décembre 2019

    • Myriam Cottias et Ary Gordien

    • Séance animée par Romy Sanchez

    Décolonisation et révolution : l’Algérie

    8 janvier 2020

    • Benjamin Stora et Alexandra Badea

    • Séance animée par Philippe Darriulat

    Révolution et roman

    5 février 2020

    • Judith Lyon-Caen et Michèle Audin

    • Séance animée par Thomas Bouchet

    Dessiner la révolution, autour de la Commune de Paris

    4 mars 2020

    • Bertrand Tillier et Raphaël Meyssan

    • Séance animée par Jacqueline Lalouette

    Réprimer les révolutionnaires, de 1848 à aujourd’hui

    1er avril 2020

    • Louis Hincker et David Dufresne

    • Séance animée par Mathilde Larrère

    Les ouvriers en révolution

    6 mai 2020

    • François Jarrige et Omar Benlaala

    • Séance animée par Fabrice Bensimon

    Femmes en révolution, autour de mai 1968

    3 juin 2020

    • Ludivine Bantigny et Leslie Kaplan

    • Séance animée par Mathilde Larrère

  • Conférence : Les métiers de la musique dans le 9e arrondissement

    Ce mardi 8 octobre, vous pourrez assister à la mairie du 9e à une conférence d’Elisabeth Giuliani, ancienne directrice du département musique à la BNF : "Les métiers de la musique dans le 9e arrondissement".

    "Ce quartier de la rive droite, conquis ou considérablement rénové dès le XIXe siècle, a accueilli de nombreux artistes, notamment musiciens. Ils y appréciaient en effet la proximité de lieux ressources pour la pratique de leur art : salles de spectacle, bureaux de concert, établissements d’enseignement, associations professionnelles, éditeurs et marchands de musique, luthiers… Ces divers « métiers » de la musique ont en effet précédé ou suivi leurs usagers et se sont progressivement implantés dans le 9e arrondissement.

    Même si à la fin du siècle dernier, son centre de gravité s’est déplacé vers l’est de Paris, ce quartier conserve encore bien des acteurs de la vie musicale."

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    Manufacture Pleyel, 22 rue Rochechouart

     

    C'est où ?

    Mairie du 9e, salle du Conseil, 6 rue Drouot

    C'est quand ?

    Mardi 8 octobre 2019, à 18 h 30.

  • Pour le pont de l'Ascension, une histoire de pont

    Pour l'ascension, le blog d'Action Barbès fait aussi le pont, mais pour ne pas vous laisser sans lecture, nous vous proposons un article* sur l'histoire d'un pont, ce pont qui enjambe les voies de chemin de fer du Nord sur le boulevard de la Chapelle, celui qui est sans doute le plus connu dans le quartier mais dont en général on ignore le pourtant joli nom : le pont Saint-Ange.

     

    Les ponts de la Goutte d'Or : 2. le pont Saint-Ange
    Le pont Saint-Ange vu des quais de la Gare du Nord, le 7 octobre 2014
      

    Les ponts de la Goutte d'Or

     

    Dernier pont avant la gare du Nord

    Le pont Saint-Ange est un pont qui permet au boulevard de la Chapelle d'enjamber les voies de chemin de fer du Nord à l'arrière de la Gare du Nord. Ainsi, le coté impair du pont Saint-Ange offre une vue panoramique privilégiée sur les quais de la gare du Nord. Situé à d'extrémité sud de la Goutte d'Or, à la frontière du dixième et du dix-huitième arrondissements de Paris, ce pont a énormément évolué depuis sa construction. À son édification vers la fin de la première moitié du XIXe siècle, le pont Saint-Ange est un simple ouvrage d'art en pierre laissant passer les deux seules voies du chemin de fer du Nord. Aujourd'hui, c'est un pont métallique qui supporte le viaduc de la Ligne 2 du métro et qui enjambe pas moins de vingt-sept voies de chemin de fer de surface ainsi que quatre voies souterraines.

     le pont Saint-Ange 1905Locomotive-tender de la Compagnie du Nord et ses mécaniciens, posant sur les voies de la gare du Nord devant le pont Saint-Ange

    Le pont de Saint-Ange a été construit concomitamment avec le percement des voies de chemin de fer du Nord en 1843-1846. On dût alors surélever le sol du boulevard de plusieurs mètres afin que le pont soit suffisamment haut pour permettre le passage des trains de la Compagnie des chemins de fer du Nord, d'autres surélévations seront nécessaires par la suite. 

    Les ponts de la Goutte d'Or : 2. le pont Saint-Ange    pilier du pont Saint-Ange 
    Entre la photo de 1903 à gauche et celle de 2014 à droite, le pilier du viaduc semble s'être enfoncé dans la chaussée, mais c'est bien cette dernière qui s'est élevée au gré des transformations du pont Saint-Ange

    Tout comme les autres ponts voisins jetés sur cette tranchée de chemin de fer, il a subi de nombreuses modifications (reconstruction, élargissement, surélévation) pour s'adapter à la croissance du trafic ferroviaire de la Gare du Nord et aux élargissements successifs des voies de chemin de fer du Nord. La première reconstruction date de 1860, la construction alors en pierre est remplacée par une construction métallique (de même pour le pont de Jessaint). Les dernières modifications d'envergure datent de 1977. 

     le pont Saint-Ange 1895Le pont Saint-Ange en pleine reconstruction, Le Monde illustré du 20 juillet 1895.

     

    Viaduc

    Si le pont Saint-Ange a été remanié à de nombreuses reprises, la transformation la plus remarquable est sans conteste celle opérée par le passage du métro sur un viaduc métallique  sur le parcours du boulevard de la Chapelle. En effet, la ligne circulaire Nord du métropolitain parisien, aujourd'hui Ligne 2 de la RATP, qui relie la Porte Dauphine à la place de la Nation, est en partie souterraine et en partie émergée entre les stations Barbès-Rochechouart (anciennement "station Boulevard Barbès") et Jaurès (anciennement "station Allemagne") où elle surplombe les boulevards de la Chapelle et de la Villette sur un viaduc porté par des colonnes de fonte et des piliers en pierre.

    Les ponts de la Goutte d'Or : 2. le pont Saint-AngeVue rare sur le pont Saint-Ange avant la construction du viaduc du métro, prise du boulevard de la Chapelle le 19 août 1901. On aperçoit en fond l'hôpital Lariboisière et sa cheminée fumante.

    Ce tronçon aérien de près de deux kilomètres permet au métro de traverser les lignes de chemins de fer du Nord et de l'Est ainsi que le canal Saint-Martin qu'il croise successivement. Et c'est bien ce viaduc qui donne sa physionomie multimodale si caractéristique au pont Saint-Ange, où piétons, vélos, voitures, trains et métro se croisent incessamment.

    Pour cette ligne de métro, c'est le projet de Fulgence Bienvenüe qui est retenu, alors que les ateliers de Gustave Eiffel voient le leur rejeté.

    projet Eiffel
    Projet non-retenu de viaduc par Gustave Eiffel

    Les études préparatoires ont lieu en 1900 et le chantier commence en 1901. Certaines parties souterraines sont d'abord réalisées et ouvertes en 1902, le viaduc est construit entre 1902 et 1903. Remarquons que le passage sur le pont Saint-Ange nécessite des travées beaucoup plus longues (75,25 mètres) que celles du reste du parcours aérien (de 19,48 à 27,06 mètres35,89 mètres pour le franchissement du boulevard Barbès et 43,47 mètres pour celui de la rue d'Aubervilliers). La ligne est ouverte aux usagers dans sa totalité le  2 avril 1903.

    croquis viaducSchémas techniques du viaduc 

     le pont Saint-Ange le 6 juin 1902Vue sur le viaduc en construction sur le pont Saint-Ange, prise depuis le boulevard de la Chapelle au débouché de la rue du Faubourg Saint-Denis le 6 juin 1902 (on aperçoit au second plan à droite, la flèche de l'église Saint-Bernard de la Chapelle, alors en pleine rénovation) 

     le pont Saint-Ange 6 août 1902Vue du pont Saint-Ange et le viaduc en construction, prise depuis les voies de la gare du Nord le 6 août 1902

    le pont Saint-Ange le 6 mars 1903Vue sur le pont Saint-Ange et le viaduc du métro fraichement achevé, prise du boulevard de la Chapelle sur le pont le 6 mars 1903. On distingue encore en fond l'hôpital Lariboisière. 

     le pont Saint-Ange 1903 Vue sur le pont Saint-Ange et le viaduc du métro,  publié dans la revue Le Génie Civil du 28 mars 1903.

     le pont Saint-Ange le 4 juin 1903

    Vue sur le pont Saint-Ange et le viaduc du métro fraichement achevé, prise du boulevard de la Chapelle (vers le théâtre des Bouffes du Nord) le 4 juin 1903

     

    Dernier souvenir du hameau Saint-Ange

    Hormis ceux qui enjambent la Seine, les ponts parisiens portent généralement le nom de la voie qu'ils supportent, comme le pont de Jessaint ou le pont Jean-François Lépine et c'est également le cas du pont Saint-Ange. Il faut revenir sur l'histoire du boulevard de la Chapelle, qui n'a pas toujours porté ce nom, pour comprendre ce baptême.

    Ce boulevard parisien, qui s'étire depuis les rues de Château Landon et d'Aubervilliers jusqu'au carrefour Magenta/Rochechouart/Barbès, est percé en 1789 sur le parcours extérieur du mur des Fermiers généraux (mur détruit juste après l'annexion des communes suburbaines en 1860). Le chemin de ronde intérieur est annexé au boulevard avec la destruction du mur d'enceinte en 1860, lui conférant sa largeur actuelle. Auparavant, il était dénommé comme suit : à l'extérieur de l'ancien mur d'octroi : boulevard des Vertus, entre les rues d'Aubervilliers et Marx Dormoy ; boulevard de la Chapelle, pour le surplus. À l'intérieur de l'ancien mur d'octroi : chemin de ronde Saint-Denis, entre la rue du Faubourg Saint-Denis et la place de la Barrière Poissonnière (aujourd'hui le carrefour Barbès), qui était située au débouché de la rue du Faubourg Poissonnière ; place de la Barrière Poissonnière ; l'ancien boulevard de la Chapelle était appelé boulevard Saint-Ange entre les rues de la Chapelle (aujourd'hui rue Marx Dormoy) et de la Charbonnière. Le pont Saint-Ange se nomme donc ainsi car il supportait à son origine le boulevard Saint-Ange, qui lui-même tenait son nom du hameau Saint-Ange.

    Le hameau Saint-Ange s'est  développé dans les années 1815-1830 depuis les rues de Chartres et de la Charbonnière jusqu'à l'actuelle rue Marx-Dormoy (alors Grande-Rue de la Chapelle)? D'ailleurs, l'intersection en croix de Saint-André des rues de Chartres et de la Charbonnière a porté le nom de place Saint-Ange jusqu'en 1877. Ce foyer d'habitations, aujourd'hui inclus dans la Goutte d'Or, n'en faisait alors pas partie. Le hameau de la Goutte d'Or, qui s'est développé autour d'une nitrière artificielle et d'une auberge "A l'enseigne de goutte d'or" à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, était cantonné autour de ce qui est aujourd'hui l'intersection de la rue de Goutte d'or et du boulevard Barbès, ne dépassant guère la rue des Islettes (alors rue Neuve de la Goutte d'Or). Le hameau Saint-Ange (puis "quartier Saint-Ange") de la commune de la Chapelle, porte le nom du couple de propriétaires-spéculateurs du terrain à l'origine de son urbanisation : Monsieur et Madame Trutat de Saint-Ange. Ces derniers ont acquis les terrains pour une somme de 14 000 francs pour les revendre, une fois viabilisés, pour la somme de 214 000 francs. 

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    Extrait du plan de Paris par Simonneau, 1837

    L'urbanisation galopante du quartier à partir des années 1840 fit son oeuvre et le quartier Saint-Ange se confondit avec celui de la Goutte d'Or, dont l'administration retint le nom pour désigner un des quatre quartiers administratifs à la création du 18e en 1860, et hormis le pont Saint-Ange, il ne reste aucune trace de ce passé. Signalons tout de même l'hôtel Saint-Ange qui subsista à l'angle de la place de la Chapelle et de la rue de Jessaint jusqu'à ce que l'îlot auquel il appartenait fut détruit et annexé pour partie au square de Jessaint, le reste servant à l'élargissement de la tranchée des voies de chemins de fer du Nord (voir photo ci-dessous). Un autre hôtel Saint-Ange exista antérieurement au 22 rue de la Charbonnière.

     

    Place de la Chapelle 1937Hôtel Saint-Ange, place de la Chapelle, 1937 (on voit le square de Jessaint au premier plan)

     

    Quelques vues et évènements autour du pont Saint-Ange

     

    Les ponts de la Goutte d'Or : 2. le pont Saint-Ange
    Carte postale du pont Saint-Ange et du viaduc du métro, prise d'un immeuble du boulevard de la Chapelle aujourd'hui disparu suite à l'élargissement des voies de chemin de fer (vers 1910)

     le pont Saint-Ange / grève
    Carte postale de la grève générale des chemins de fer de 1910, représentant le train express de Lille passant sous le pont Saint-Ange (et non le pont Marcadet comme il est faussement légendé), vue depuis les voies de la Gare du Nord

    le pont Saint-Ange grève 1910
    Carte postale de la grève générale des chemins de fer de 1910, représentant des soldats gardant les voies au pied du pont Saint-Ange du coté de la gare du Nord (et non "entre le pont Marcadet et le viaduc du métro" comme il est faussement légendé)

    Les ponts de la Goutte d'Or : 2. le pont Saint-Ange   Les ponts de la Goutte d'Or : 2. le pont Saint-Ange
    Le 14 juillet 1922 à 18h10, un train venant d'Écouan déraille sous le pont Saint-Ange , deux wagons s'écrasent sur les piliers du pont, causant deux morts et une trentaine de blessés (Le Petit Journal / Le Journal du 15 juillet 1922)

    P. Goute 1925
    "Sur un pont boulevard de la Chapelle [sic] où on pouvait voir passer les trains de permissionnaires retournant au front", dessin de Paul Goute, 1925

    Tchao Pantin
    Coluche remontant la rue de Chartres dans le film "Tchao Pantin" de Claude Berri (1983). Le pont Saint-Ange apparait en arrière plan

    Les ponts de la Goutte d'Or : 2. le pont Saint-Ange
    Le pont Saint-Ange dans le film "L'union sacré" d'Alexandre Arcady (1988)
      

    Les ponts de la Goutte d'Or : 2. le pont Saint-Ange
    Portrait de Pigalle et François Hadji-Lazaro avec pour fond de décor le viaduc du métro sur le pont Saint-Ange, depuis le pont de Jessaint. Pochette d'Album illustrée par Tardi en 1990.

    Les ponts de la Goutte d'Or : 2. le pont Saint-Ange 
    Le train Eurostar transportant la reine Elisabeth II pour sa visité d'État en France passe sous le pont Saint-Ange avant d'arriver en gare du Nord le 5 juin 2014

     

    * Cet article a été initialement publié sous une première version en 2014 sur le blog sur l'histoire de la Goutte d'Or de Jean-Raphaël Bourge - qui accessoirement est aussi président d'Action Barbès - qui nous autorise à le reproduire ici.

  • La guerre des crayons. Exposition

    À l'occasion du Centenaire de la Première guerre mondiale, et en complément de l'exposition que nous évoquions ici hier, nous vous signalons une exposition organisée à la mairie du 9e arrondissement : La guerre des crayons ; Dessins d'écoliers réalisés durant la Grande Guerre. Elle se déroulera du 5 au 15 novembre dans les salons Aguado à la mairie du 9e arrondissement.

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    Cette exposition de dessins d'enfants promet d'être pour le moins intéressante, nous offrant un point de vue rare sur la vie en temps de guerre. 

     

    C'est où ?

    Salons Aguado à la Mairie du 9e, 6 rue Drouot

    C'est quand ?

    Du 5 au 15 novembre 2018

  • La Guerre de 1914-1918 dans le 10e arrondissement. Exposition

    À l'approche du centième anniversaire de l'Armistice de 1918, l'association Histoire et vies du 10e arrondissement avec la mairie du 10e proposent une exposition sur La Guerre de 1914-1918 dans le 10e arrondissement.

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    "Le Départ des poilus, août 1914", Albert Herter (Gare de l'Est)

    Cette exposition sera visible du 2 au 10 novembre 2018 à la mairie du 10e, à la Rotonde (4e étage).

     

    C'est où ?

    La Rotonde, quatrième étage de la Mairie du 10e, 72 rue du Faubourg-Saint-Martin

    C'est quand ?

    Du 2 au 10 novembre 2018

  • Histoire de Lariboisière : 5. Évolutions, extensions, rénovations...

    L'hôpital Lariboisière est actuellement en train de connaître de grands changements avec le lancement du "Nouveau Lariboisière" qui bouleversera à terme la physionomie de cet établissement hospitalier parisien situé au Nord du dixième arrondissement à quelques mètres du carrefour Barbès ainsi que du quartier qui l'entoure. À cette occasion, nous consacrons une série estivale d'articles consacrés à l'histoire de l'hôpital Lariboisière en s'intéressant particulièrement aux bâtiments et à leur environnement urbain.

    1. Le Clos Saint-Lazare
    2. Le Versailles de la misère
    3. 1848 : La République chasse Louis-Philippe
    4. Une comtesse remplace la République
    5. Évolutions, extensions, rénovations...

     

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    Lire la suite

  • Histoire de Lariboisière : 1. Le clos Saint-Lazare

    L'hôpital Lariboisière est actuellement en train de connaître de grands changements avec le lancement du "Nouveau Lariboisière" qui va bouleverser à terme la physionomie de cet établissement hospitalier parisien situé au Nord du dixième arrondissement à quelques mètres du carrefour Barbès, ainsi que du quartier qui l'entoure. À cette occasion, nous consacrons une série estivale d'articles consacrés à l'histoire de l'hôpital Lariboisière en s'intéressant particulièrement aux bâtiments et à leur environnement urbain.

    1. Le clos Saint-Lazare
    2. Le Versailles de la misère
    3. 1848 : La République chasse Louis-Philippe
    4. Une comtesse remplace la République
    5. Évolutions, extensions, rénovations...

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  • Une conférence de 9e Histoire

    L'association 9e Histoire propose une conférence le Jeudi 16 mars à 18h30

     

    Pauline VIARDOT dans le 9e arrondissement

     

    Conférence d’Elizabeth Giuliani, ancienne directrice du département musique à la BNF.

    Lieu : Salle du Conseil de la mairie du 9e, 6 rue Drouot

    Pauline Viardot (1821-1910) est une figure éminemment cosmopolite qui, fit de l’appartement qu’elle occupa rue de Douai de 1850 à 1884 l’un des centres de gravité de la vie musicale et intellectuelle européenne. Fille du ténor et compositeur espagnol Manuel Garcia, sœur benjamine de la Malibran, devenue cantatrice et pianiste, elle s’illustra à son tour sur les scènes internationales de Bruxelles à Londres, et fut au cœur d’un réseau d’amitiés de toute l’Europe, de George Sand (qui en fit l’héroïne de Consuelo) à Ivan Tourgueniev ou Clara Schumann.

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