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caméras

  • La vidéosurveill.... oh, pardon, la vidéoprotection parisienne

    Vous voulez des chiffres ? En voici fournis par la Préfecture de police qui gère les 1052 caméras installées dans Paris, du moins celles que la Ville a financées, car il y en a beaucoup plus, qui ne sont pas répertoriées dans ce chiffre. 

    1 052

    C’est le nombre de caméras de voie publique parisiennes exploitées, à ce jour, en temps réel par les opérateurs des services locaux de transmission (SLT), dans le cadre du plan de vidéo protection pour Paris (PVPP), permettant ainsi la surveillance des secteurs sensibles de leurs arrondissements. (ndl : même la PP a du mal à faire la différence !)

    Depuis le 21 décembre 2011, date de la mise en service du PVPP, les services de la direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP) ont eu recours à la vidéoprotection à 11 137 reprises.
    Ainsi, les policiers ont pu procéder à : 4 889 interpellations, parmi lesquelles 967 pour vol à la tire, 725 pour escroquerie à la charité publique, 383 pour vol avec violence sans arme, 154 pour violences aggravées, 224 pour vente à la sauvette, 60 pour infraction à la législation sur les étrangers, 181 pour vol simple.

    En outre ce dispositif permet également de résoudre plus d’affaires judiciaires, et plus vite, dans l’intérêt des victimes ; 407 réquisitions judiciaires ont été faites par les services de police parisiens durant les cinq premiers mois 2013.


    C'est bien cela ! Comme le mentionne le rédacteur de la Préfecture de police "ce dispositif permet de résoudre plus d'affaires judiciaires". Il vient en aide aux services de police. C'est là que le bât blesse, car tous les commis voyageurs de ces caméras de rue ont toujours cherché à convaincre les élus et les donneurs d'ordre en général qu'il s'agissait de la tranquillité publique, de la sécurité dans nos rues, que les vieilles dames n'auraient plus à trembler la nuit venue.... Or, elles continuent à trembler — pas toutes, n'exagérons rien ! — y compris à proximité des caméras de vidéoprotection. Simplement parce que les délinquants savent aussi les repérer et faire leur mauvais coup hors champs. D'autres délinquants, ceux qui se font prendre, ont moins réfléchi à la question... pour combien de temps encore ? 

    Nous avons été très critiques à plusieurs reprises dans notre blog sur la mise en place de ce dispositif. Nous ne dévions pas vraiment de notre position passée, qui n'accordait pas aux caméras les vertus que les autorités voulaient bien leur prêter. 

  • Gare aux caméras dans les voies de bus !

    On en parlait depuis longtemps, mais en coulisse seulement, et de la part des responsables de la préfecture que nous avions questionnés, il nous était toujours répondu que le dispositif n'était pas encore opérationnel. Bien.

    En mars, nous remarquions une brève information dans un flash de la Préfecture de police (PP), qui disait :

    « A partir du 2 avril, après Aix-en-Provence (13), Marseille (13), Nice (06), Chartres (28) et plus proches de nous Saint-Mandé et l’aéroport d’Orly (94), Asnières-sur-Seine ou Puteaux (92), la préfecture de police va à son tour expérimenter une utilisation dynamique et intelligente de la vidéoprotection à des fins de lutte contre l’insécurité routière et de fluidité du trafic. Certaines infractions au code de la route pourront désormais être constatées par des opérateurs en mission de surveillance vidéo. Le contrevenant sera verbalisé à distance, sans être intercepté. »

    Voyons de près quelles sont les infractions visées par le dispositif (en application des articles L121-2 et L121-3)

    - franchissement de feu rouge,
    - stationnement irrégulier dans les voies réservées,
    - circulation dans une voie non affectée à sa catégorie et
    - stationnement en double file.

    Mais, soyons sérieux, il n'y a pas des caméras partout et surtout, l'attention de la police est focalisée sur certains axes, qui sont remarquables pour leur dangerosité, pour leur tendance à l'embouteillage du à des comportements illicites, ou encore connus pour une vitesse commerciale des bus insatisfaisante. Qui de nous n'a pas pesté en remarquant des automobilistes qui, arrêtés au beau milieu d'un carrefour, stoppent net le flux d'une voie perpendiculaire ? Des exemples ? La place Franz Liszt ou le carrefour La Fayette Magenta.  

    La Préfecture donnait la liste des axes désormais surveillés par les caméras :

    - rue de Rivoli (1er et 4e) 

    - avenue de l’Opéra (1er)  

    - grands boulevards (2e, 3e, 9e et 10e)
    - boulevard de Sébastopol (3e, 4e)

    - boulevard Saint-Germain (6e et 7e)

    - avenue des Champs-Élysées (8e) 

    - place Saint-Augustin (8e) 

    - avenue du Général Leclerc (14e) 

    - rue de Vaugirard (15e)

    - avenue de Clichy (17e)

    - boulevard Barbès (18e) 

    - rue Max Dormoy (18e)
    - avenue Jean Jaurès (19e)

    Aucune trace du Magenta... rien sur La Fayette.... Nous nous étonnons. N'y aurait-il pas de caméra dans ce secteur ? En revanche, il y a bien des voies de bus et pour qui emprunte les bus vers 17h-18h,  il sait qu'ils se suivent à la queue leu-leu et que tout cela n'avance guère !

    Cherchons des explications : la PP dans son immense générosité fournit les clés, ou plutôt la carte des implantations de caméras sur son site.

    Bingo ! Nous avons des caméras en service juste là où il faut, à savoir la caméra 87526 située devant l'église Saint-Vincent de Paul, la 28234 au carrefour La Fayette Magenta. Sur le Magenta, en remontant vers Barbès, on trouve à nouveau 2 caméras : au carrefour avec la rue de Dunkerque (n°32626) et une autre (n°61135) devant la placette Paré-Patin. De quoi mieux organiser les flux peut-être.

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    Sauf que la présence des caméras et leur utilisation sont ambigües. Elles ont été présentées aux élus et aux municipalités comme un dispositif de protection des personnes (parallèlement à ordre public et protection des institutions, terrorisme et secours). Puis, devant le peu d'impact sur les statistiques de la délinquance en général, elles ont été gratifiées de la qualité d'aide à l'élucidation des affaires. Ce qu'elles sont en effet. On peut le voir régulièrement dans les bulletins que publient la préfecture : il se produit un délit avec ou sans violence, on a recours aux bandes enregistrées pour éventuellement reconnaître l'auteur et le confondre, dans le meilleur des cas. Depuis le 2 avril, certaines seront utilisées pour verbaliser les conducteurs qui ne respectent pas les voies de bus, les feux tricolores, les stationnements réservés, etc.

    Légitimement, une certaine catégorie d'utilisateurs de la voirie parisienne se sent en danger : les livreurs de toutes sortes, qui sont poussés par leurs employeurs à réaliser les tournées dans les meilleurs délais et qui faute de places de livraison en nombre suffisant et surtout laissées libres, se garent un peu n'importe où, brièvement, mais n'importe où, y compris dans les voies de bus et les entrées d'immeuble. Les achats sur les sites commerciaux en ligne ont beaucoup progressé, multipliant les livraisons de petits paquets, que l'on souhaitent recevoir au plus tôt... toujours plus vite... il va bien falloir que les livreurs trouvent à se garer sans y laisser leur paye en amendes ! C'est là qu'est leur crainte si les caméras sanctionnent sévèrement leurs entorses au règlement.

    Il s'agit d'une expérimentation de quatre mois, au terme de laquelle on tirera un bilan. A suivre donc.

     A voir sur le site de la Préfecture : des explications en vidéo  

  • Souriez - ou ne souriez pas - vous êtes filmés

    En ce début d'année, la Préfecture de police revenait sur une année de fonctionnement de ses caméras de vidéosurveillance, pardon, de vidéoprotection. (Le Pprama n°250 du 9 janvier 2013)

    En ces termes : "Le recours à la vidéoprotection par la préfecture de police est ancien puisqu’au cours des années 1980/90, 320 caméras analogiques avaient été déployées sur la voie publique parisienne. 
C’est en 2007 que le plan de vidéoprotection pour Paris (PVPP) a été mis en œuvre dans le cadre d’un contrat de partenariat public/privé qui aboutira au déploiement de plus de 1 000 caméras de voie publique réparties dans les vingt arrondissements parisiens selon un maillage répondant à cinq finalités opérationnelles : ordre public et protection des institutions, circulation, délinquance, terrorisme et secours."

    Nous remarquons qu'en matière de circulation, là où à notre avis, la caméra serait la plus efficace, la plus dissuasive, la plus rentable, elle n'est pas ou peu utilisée. Pourquoi ? Pourtant, les utilisateurs habituels - mais pas autorisés - des voies réservées au bus comprendraient rapidement ce que voie réservée signifie après réception de quelques PV tombés du ciel. 

    L'article détaille les bons côtés de la caméra : "Le PVPP a permis de prévenir la commission de certains actes de délinquance, mieux orienter le travail des policiers sur la voie publique, apporter une aide dans la prise de décision aux salles d’information et de commandement. Il ne se substitue pas à l’action des policiers. 
Incontournable à l’enquête judiciaire, la vidéo permet également de résoudre davantage d’affaires et plus rapidement dans l’intérêt des victimes."

    Et maintenant les chiffres sur un an environ : "Du 21 décembre 2011, date de la mise en service du plan de vidéoprotection pour Paris (PVPP), au 26 décembre 2012, les services de la direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP) ont eu recours à la vidéoprotection à 7 879 reprises, ce qui a permis de procéder à 3 492 interpellations, parmi lesquelles 1 475 pour vols, dont 611 avec violences et 505 dits « à la tire », 636 pour vente à la sauvette, 153 pour escroquerie à la charité publique, 146 pour violences aggravées, 107 pour destructions et dégradations de bien sur la voie publique, 97 pour infraction à la législation sur les stupéfiants, 82 pour agression sexuelle, … 
La mission pour le développement de la vidéoprotection pour l'agglomération parisienne conduira en 2013 le déploiement du PVPP au profit des départements de la première couronne."

    Comptons  à notre tour : il y a plus de 1000 caméras dans Paris - nous ne compterons pas les 320 analogiques, sans doute devenues obsolètes - et 365 jours dans une année. En moyenne, chaque caméra a été sollicitée entre 7 et 8 fois par an, et donc environ une fois toutes les 6 semaines. A ce régime, elles ne seront pas amorties tout de suite. 

    Quoiqu'il en soit, grâce aux caméras ou sans elles, les comparaisons des bilans vont être difficiles à réaliser dans les années qui viennent, car les règles ont été modifiées, et les statistiques ont subi un choc,  "il y a rupture de continuité statistique" selon le rapport de l'ONDRP* Criminalité et délinquance enregistrées en 2012.

    Aussi faut-il croire, par exemple, que les vols à la tire ont augmenté ? (Ces chiffres sont nationaux).

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    Enfin, la préfecture nous indique les emplacements de ses caméras afin que nous puissions les éviter le jour où il nous prendra l'envie d'assommer un quidam... Transparence oblige. 

    "La PP a choisi de s’associer à la démarche globale d’ouverture des données publiques (« Open Data »), initiée par l’Etat français avec la mission Etalab en rendant accessibles et utilisables par tous certaines de ses données."

    Ainsi l'emplacement des caméras du PVPP est disponible sur data.gouv.fr et également visible sur le site de la Préfecture de police."

    1 - les caméras côté 9e

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    2 - Les caméras côté 10e

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    3 - Les caméras côté 18e

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    * ONDRP Observatoire nationale de la délinquance et des réponses pénales.

  • De nouvelles missions pour les caméras de vidéosurveillance

    Suite de notre rencontre avec le Commissaire Clouzeau mercredi 4 avril.

    Une note positive toutefois, et inattendue, dans une longue liste de difficultés : la caméra vue sous un autre angle. Nous nous sommes toujours déclarés très réservés à l’égard de la vidéosurveillance. Nous n’en faisons pas mystère. Là, vu par le commissaire, entre écran et joystick, nous voulons bien admettre qu’une caméra peut apporter une aide significative à une brigade en lui indiquant a posteriori ce qu’elle n’aurait pas pu constater de visu. En effet, l’uniforme, s’il ne fait plus vraiment peur, disperse encore la petite délinquance quand il arrive sur le terrain. Or une capture d’image sur une bande vidéo fait office de preuve à charge ou… à décharge, pensons-y, car un témoin, voire un policier, peut aussi confondre et commettre une erreur. Nous résistons malgré tout encore à l’enthousiasme total car la caméra ne remplace pas la patrouille à pied ou à vélo… Le commissaire a bien défendu son  sujet : les budgets ne sont plus disponibles pour financer des policiers en grand nombre. Aucun gouvernement ne s’y résoudra, même sous la pression, a-t-il regretté. Pilotées par les vidéo-patrouilleurs au commissariat, les caméras – dont la technologie n’a rien à envier à celles des réalisateurs de cinéma – révèlent des faits délictueux et permettent une intervention plus rapide et une utilisation optimisée des fonctionnaires à disposition. On avait bien compris le principe. Compenser les réductions de fonctionnaires présents dans la rue en les aidant par des yeux à distance. Pourtant, on n’aura jamais une caméra dédiée à chaque rue, chaque sortie de métro, chaque porche ou sortie de magasin… Les délinquants et les voleurs seront-ils assez bêtes pour agresser leur victime devant l’œil morne de la caméra ?

    En revanche,  et c’est une coupure de presse qui est venue à l’appui de notre interrogation, la caméra ne serait-elle pas une puissante aide à la répression des actes de mauvaise conduite en ville, conduite automobile cette fois? Une voiture qui brûle un feu ? Un camion en double file plus que le temps d’une livraison ? car la caméra donne des indications de temps en plus des images, bien sûr. Il est facile de faire une capture de l’image avec tous les renseignements utiles à l’élaboration du PV. C’est alors une contravention à la volée, l’automobiliste n’a rien vu venir. Le commissaire Clouzeau nous a confirmé que tel était l’objectif de la Préfecture et que sept infractions se prêtent à cette méthode. Les voici :

    • Non respect des distances de sécurité, d’un stop ou d’un feu rouge
    • Stationnement interdit
    • Excès de vitesse
    • Circulation dans une voie de bus
    • Non acquittement de péage

    Reste à savoir si, à l'instar des PV infligés aux propriétaires de chien indélicats (Déjection canine sur l'espace public) sanctionnés dans un premier temps à 183 euros, puis par respect du code pénal réduits à une amende de 35 euros, l'efficacité des caméras ne sera pas remise en cause.

     

  • Plan 1000 caméras

    Quand le sujet revient dans la presse sur un ton dubitatif... on s'interroge.video_surveillance_wifi.jpg

    Où est le bel enthousiasme qui avait porté l'équipe municipale à voter comme un seul homme en conseil de Paris le plan des 1000 caméras, en 2008, sur les instances de la Préfecture de police et du ministère de l'Intérieur qui ne tarit pas d'éloges sur ses vidéopatrouilleurs dans les bulletins d'informations de la Préfecture de Police qui circulent sur la toile. Comme un seul homme... bon, c'est vite dit, car le groupe des Verts et Europe Ecologie n'a jamais cessé de dénoncer l'enfumage que cachaient les rapports mis en avant par l'Intérieur. D'autres rapports étaient publiés depuis un temps, consultable par tous, qui déjà soulignaient que les caméras à elles seules ne rendaient pas les rues plus sûres. Certes elles pouvaient apporter une aide à l'élucidation des affaires et donc aider les forces de police dans leurs missions. Or les caméras ont été vendues aux maires de France et de Navarre comme un moyen de surveillance, puis de protection. Nous avions déjà remarqué le glissement sémantique de surveillance à protection. Les contribuables locaux ont accepté de participer à ces investissements technologiques avec l'espoir de circuler plus librement dans leur ville, sans peur et sans crainte, en y laissant toutefois au passage un peu de leur anonymat...

    Nous avons une autre lecture, et celle de Jean-Marc Manach (dans son blog hébergé par Le Monde)  conforte nos doutes et fournit de nombreux liens, des arguments, un autre éclairage. En revanche, la Préfecture de police communique. Le ministère de l'Intérieur communique. Ce sont de grands images?q=tbn:ANd9GcRQM7_YSPScmFuTZmupb8WQHmDxtKYdqtLeSs-ZQIQDGGC8gRTongcommunicants à l'approche des élections. Et comme chacun sait, les chiffres restent des chiffres. On leur fait dire tout et son contraire, d'autant plus facilement que personne ne va vérifier au pied levé les statistiques de l'Intérieur. Pourtant, en juin 2011, sortait le rapport de la Cour des comptes sur la question. Intéressant. Et que disait-il ? Que l'extension de la vidéosurveillance se fait sans le moindre contrôle, que son développement dans les collectivités "se caractérise par la quasi absence d'enquête scientifique sur le sujet". Des enquêtes du Ministère de l'économie pourraient fort bien nous dire en revanche que les officines qui installent les réseaux de caméras dans les territoires, elles, se portent bien. Elles prospèrent dans le sillage de pseudo experts en sécurité publique qui se chargent de convaincre les conseils municipaux un peu tièdes ou récalcitrants.

    La Cour des comptes évoque dans son rapport les doutes qui se sont emparés des autorités britanniques, qui feraient depuis deux ans machine arrière, après avoir installé massivement des caméras à tous les coins de rues. Les budgets investis sont colossaux. Ils ont siphonné une grande partie des fonds réservés à la sécurité, sans apporter la preuve de leur bon emploi.

    On a pu lire encore récemment un article paru dans 20 Minutes (pas une presse franchement gauchiste) sous le titre "Une caméra n'empêche pas d'être un voleur". On ne pouvait dire mieux nous-mêmes...

  • La vidéosurveillance et les émeutes londonniennes

    Il n’est pas courant ici de prendre comme référence des articles de 20 MINUTES, que nous trouvons souvent trop brefs et peu appronfondis. Pourtant, celui-ci résume assez bien la situation et le dernier paragraphe (ci-dessous) reprenant les paroles d’un électricien interrogé par l’agence Reuters fournit une bonne chute.

    Le mouvement peut-il durer?
    Pour Nick Clegg, ce mouvement est «une vague de violence gratuite», qui n’a «absolument rien à voir avec la mort de Mark Duggan». Mais certains commentateurs mettent en relief le manque d’intégration et le peu de perspectives économiques pour les jeunes dans les quartiers touchés. «C'est triste de voir tout ça. Mais ces gamins n'ont pas de boulot, pas d'avenir et les coupes budgétaires n'ont fait qu'empirer la situation (...) Ce n'est que le début», explique Adrian Anthony Burns, un électricien de 39 ans cité par Reuters. «Ce qui ressort de tout cela est le même mécontentement des jeunes, qui sont les seuls à avoir l'énergie de descendre dans la rue et de participer à des émeutes. Et pas seulement en Grande-Bretagne», note Louise Taggard, spécialiste de l'Europe chez AKE, une entreprise de consultants de Londres. «Si les autorités ne règlent pas les problèmes à l'origine du mécontentement, elles courent le risque de voir le mouvement prendre de l'ampleur», prévient-elle.

    On a vu depuis ces événements que le mouvement n'a pas duré.

    Certes, on constate que les émeutes, à Londres comme à Paris, trouvent souvent leur déclencheur dans une mort suspecte ou même une personne blessée par la police lors d’une poursuite, par exemple. Quand l’événement embrase tout un quartier, puis plusieurs quartiers, voire des quartiers dans plusieurs villes, comme cette fois en Grande Bretagne, il faudrait sans doute se poser des questions autres que policières. Et incriminer d’autres facteurs de propagation que les réseaux sociaux. D'autant qu'il semble que les jeunes dans ce pays soient plutôt "accro" aux BlackBerry qui proposent la gratuité des messages instantanés, contrairement aux opérateurs locaux.

    On retrouve la même analyse dans l’article du Monde du 9 août 2011 et on constate une distorsion entre les explications du gouvernement Cameron et celles des habitants des zones concernées par les troubles.

    Il n’est pas raisonnable de ne pas voir que les conditions de vie, chômage, petits boulots, stages non rémunérés, loyers toujours plus chers, injustices voyantes et stigmatisantes, indépendance financière inaccessible… de toute une jeunesse fournit une terre fertile à des grands troubles sociaux. Lire aussi les comentaires de rue89 repenant une chronique du Daily Telegraph.

    Revenons toutefois au titre : et la « vidéoprotection » dans tout cela ? Il semblerait que les milliers de caméras installées dans les rues anglaises n’aient pas vraiment diminué l’usage de la violence. On parle de millions d’images et d’un renfort de 450 détectives pour les visionner et peut-être tenter d’y reconnaître les émeutiers…. Une certaine presse s'y attèle également.

    Au risque de nous répéter, nous ne croyons pas aux bienfaits de la vidéosurveillance, pas plus là-bas qu’ici. Elle permettra peut-être une légère augmentation du taux d'élucidation des affaires criminelles – les services de communication de la Préfecture de police abreuvent les médias de communiqués en ce sens – mais ne dissuadera pas les casseurs de vitrines, surtout quand ils sont en nombre et dans l’effervescence d’une émeute urbaine. Les promesses politiques sur "plus de sécurité individuelle" grâce à ces vigies électroniques n’étaient là que pour convaincre des édiles hésitantes ou des assemblées réticentes à voter les budgets. Qui profite de ces dépenses publiques ? Le citoyen de base ? Nous en doutons.

  • Vidéosurveillance : ce que nous dit la Préfecture de police

    paris, préfecture-de-police, camérasIl ne se passe pas une journée sans que le site d’information de la préfecture de police ne nous transmette à nous, blogueurs, comme aux agences de presse et aux journaux, des brèves relatant les arrestations et les élucidations de vols, de délits, voire de crimes. Très souvent, les caméras de vidéosurveillance sont mises en avant car les bandes, visionnées a posteriori, ont permis d’y identifier les auteurs des méfaits.

    Vous voulez des exemples ? En voici.

    Premier exemple : "Le 26 septembre 2010, il est environ 6h40 quand deux individus cagoulés et gantés font irruption dans un commerce de proximité du 11e arrondissement. Ils frappent la gérante, l’aspergent de gaz lacrymogène, la jettent au sol afin de la forcer à ouvrir le coffre fort de son bureau. Ils y dérobent 6 000 euros ainsi que des cartouches de cigarettes et prennent la fuite à pied. Dans sa course, l’un des malfrats perd un trousseau de clés muni d’un cordon de couleur bleue… sous l’œil vigilant d’une caméra de vidéoprotection.
    images?q=tbn:ANd9GcRQh7uvqKaK2MgJoVfQPBJ_sLLQwM0tXs_N8w4AR0aoSlJkf9ibFQ&t=1Le prélèvement génétique effectué sur ce cordon mène les policiers du service d’investigation transversale (SIT), en charge de l’enquête, jusqu’à un jeune âgé de 20 ans, incarcéré à Fleury-Mérogis pour d’autres faits. La perquisition de sa cellule permet la découverte d’une paire de chaussures similaires à celle visible sur les bandes vidéo. A son domicile, les enquêteurs constatent que les clés découvertes déverrouillent la boîte aux lettres et la porte d’entrée. Malgré ces éléments, le jeune homme nie les faits.
    L’enquête met également en lumière la complicité d’un ancien salarié du commerce dévalisé. Le 20 avril, ce dernier se présente de lui-même aux enquêteurs, reconnaît les faits, mais tait l’identité de son complice.
    Tous deux ont été déférés en vue de l‘ouverture d’une information judiciaire."

    Second exemple : "Samedi 16 avril, 22h40, un couple est agressé par deux individus dans une station de métro du 19e arrondissement. L’homme, un couteau sous la gorge, est dépouillé de son téléphone portable par un premier malfrat. Son amie est, quant à elle, tenue en respect par le complice muni d’un tesson de bouteille. Les deux comparses prennent la fuite.
    Sur les bandes de vidéoprotection, les deux voleurs apparaissent clairement en train de déambuler dans la station quelques temps avant les faits. Un signalement est largement diffusé aux services de police et de gendarmerie.
    images?q=tbn:ANd9GcR4l1ilLKDOcgEF9C1Wr07OZpFk0MxoB2zRrlYuebVg8apkIfXCLe 21 avril, une patrouille de la sous direction régionale de la police des transports (SDRPT) remarque, dans la même station, deux toxicomanes notoires correspondants en tous points aux agresseurs.
    Interpellés, le premier a reconnu le vol mais pas l’utilisation d’armes, il a été déféré le lendemain. Le second n’a pu être entendu car hospitalisé d’office."

    (Ci-contre : un passage de tourniquet très peu orthodoxe, non fixé sur les caméras de la PP à l'époque, mais sur celle d'un caméraman de la télé...

    Et de poursuivre dans son numéro de PPrama du 27 avril : "Le plan de vidéoprotection pour Paris (PVPP) est conçu pour offrir aux policiers de la Capitale un outil d’aide à la décision pour l’ensemble de leurs missions. La brigade de sapeurs-pompiers de Paris bénéficiera également d’un renvoi d’images dans le futur centre opérationnel de la caserne Champerret afin de faciliter ses interventions d’urgence et de secours.
    Le prestataire de la préfecture de police construit actuellement le réseau de télécommunication dédié dont la préfecture restera propriétaire.
    A ce jour, sur les 400 km de fibres optiques prévus en souterrain, 60 km sont déjà réalisés. Ce système vidéo basé sur l’infrastructure réseaux haut débit, sera conçu pour permettre le visionnage des images dans 55 sites, dont les travaux d’aménagement sont engagés pour 50% d’entre eux.
    Afin de protéger la vie privée, les futures caméras masqueront les zones privatives et des dispositifs stricts de sécurité permettront une gestion rigoureuse des droits d’accès.
    Plus de 2 500 opérateurs seront formés dès l’été 2011 sur une maquette à l’échelle humaine située sur un site dédié. Cette formation des personnels de la préfecture de police sera évolutive et assurée pendant les 15 ans d'exploitation."

    Bien. Les travaux continuent. La préfecture entre dans la modernité, croirait-on. 2 500 opérateurs formés en quelques mois sur une maquette à l’échelle humaine, lit-on. Formés à regarder des bandes vidéo ou des écrans. Nous nous demandons parfois, si les Parisiens ne préféreraient pas voir les personnels de la préfecture de police un peu plus sur le terrain et un peu moins derrière des écrans, aussi modernes soient-ils y compris avec un flux d’information transmis par hyper-ultra-haut débit.

    Car la lecture des brèves quotidiennes montrent bien que les caméras ne dissuadent pas les agresseurs d’agresser… On les retrouve parfois.