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Propreté de Paris: quelle politique? épisode 1

Début juillet 2017, une réunion était organisée (un peu dans l'urgence) par la ville tant le mécontentement des Parisiens se faisait entendre un peu partout. Nous étions conviés (voir notre article du 31 août) à cette rencontre en présence de la maire de Paris. Puis le 1er septembre, Action Barbès était auditionnée par la Mission d'information et d'évaluation de la Propreté du Conseil de Paris (MIE), présidée par Florence Berthout maire du 5e et dont le rapporteur est le maire du 18e, Eric Lejoindre. Cette Mission a auditionné 78 personnes: élus, responsables de services, institutionnels (RATP, SNCF, bailleurs sociaux, syndicats, CCI (Chambre de commerce et d'industrie), prestataires de marchés publics, régies de quartier... et associations. Le monde associatif était représenté, d’une part, par Action Barbès, et d’autre part par l’association des villes pour la propreté urbaine (AUVP), donc pas vraiment une association locale. On nous avait promis de recevoir le bilan de cette mission, chose faite.  Il s'agit d'un très long rapport (234 pages !) et donc pas question de le publier dans son ensemble mais nous pourrons le faire suivre aux plus courageux sur simple demande! Il fait état de données intéressantes et de préconisations pour 2018.

Dans ce premier article, nous évoquerons les ressources existantes.

Quelques données chiffrées sur le personnel

7 522 agents à la direction de la propreté et de l'eau (DPE), une direction très ouvrière avec 97% de personnels ouvriers et techniques dont les tâches sont multiples de l'éboueur (5 041 agents) au conducteur de benne en passant par le balayeur ou conducteur d'engin de nettoiement.

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La moitié des arrondissements voient leur collecte sélective confiée à un prestataire privé, un fait souvent ignoré par les habitants qui ne comprennent pas toujours lors de mouvements de grève que tous les arrondissements ne soient pas systématiquement concernés.

Pour l'ensemble du nettoiement de la voirie, le 18e a sa propre unité alors que 9e et 10e fonctionnent ensemble.

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D'autres directions de la ville concourent à la propreté. C'est le cas pour la Direction des espaces verts et de l'environnement (DEVE), la Direction de la voirie et des déplacements (DVD) ainsi que la Direction de la prévention, de la sécurité et de la protection (DPSP).

La ville a son propre centre de formation "Eugène Poubelle" situé dans le 18e. 296 agents y ont été formés en 2017.

Le taux de femmes reste très faible (5%) même s'il augmente régulièrement avec 247 dans le métier d'éboueur. Elles sont environ 25% dans la catégorie A (postes dans les directions) mais ce n'est pas exclusif à la DPE !

Quelques données chiffrées sur le matériel

Quelque 200 véhicules pour la collecte des encombrants

idem pour les laveuses et les aspiratrices

une centaine pour les opérations de dégraffitage/désaffichage

6 garages situés en périphérie

445 000 bacs de collecte

un peu moins de 1 000 colonnes à verre

presque 60 000 corbeilles (rues, parcs et jardins)

Quid des sanisettes?

Au nombre de 400 (dont 156 sont ouvertes 24h sur 24), elles sont entretenues par JCDecaux qui a passé un marché avec Paris jusqu'à décembre 2024 pour un coût de 16M € qui devrait arriver à 19M € avec 50 sanisettes supplémentaires prévues.

Quid des rongeurs?

A grand renfort de communication et surtout suite à la vidéo mise en ligne sur les réseaux sociaux par un éboueur de la ville il y a quelque temps, la maire de Paris annonçait le déblocage de 1,5M € pour le plan de lutte contre les rongeurs. On semble découvrir le problème depuis quelques mois, pourtant nous en parlions il y a bien longtemps à propos du square Jessaint (18e) ou plus récemment du square Alban Satragne (10e). Voir nos articles du 27 janvier 2012, du 31 mars 2012, du 9 décembre 2012, du 1er novembre 2015, et du 28 novembre 2015. Mais ce n'était pas dans le 7e...

Quid des sacs RATP retrouvés à l'extérieur des stations?

La RATP en tant qu'acteur de l'espace public a été auditionnée. Le rapport donne un certain nombre d'informations comme le tonnage des déchets (10 000 t/an), la fréquence de nettoyage des stations et des rames, la mise en place du tri sélectif ou encore le problème des odeurs. Mais absolument rien sur les sacs de déchets sortis des stations qui s'empilent un peu partout et restent parfois deux jours sur le trottoir. Pourtant, nous avons signalé là aussi à de nombreuses reprises ce problème dans nos articles mais aussi directement aux élus. Notre dernière intervention a eu lieu début juillet 2017 lors de la réunion en présence d'Anne Hidalgo. Allez, on vous fera grâce de tous les articles écrits sur le sujet en ne vous proposant que celui du 25 avril 2015.

Les recettes et le budget

Les recettes proviennent principalement de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, dans une moindre mesure d'une redevance spéciale pour la collecte des déchets non ménagers (environ 18M €) et de la taxe de balayage (104M €) pour un budget de 560M € (incluant la masse salariale)

Le budget d'investissement prévu pour la mandature est de 192M € dont plus de 80 pour les véhicules (notamment suite au choix de sortir de la motorisation diesel). 

Et le budget participatif doté de 3M en 2017 (composteurs, toilettes propres...)

 

Le prochain épisode sera consacré aux leviers d'actions et aux préconisations.

 

Commentaires

  • Merci pour ce que vous faites pour notre quartier, je suis chaque jour un peu plus effarée par la saleté de cette ville, en tout cas de notre arrondissement.Il y a beaucoup de travail mais je pense surtout au niveau des consciences des gens et c'est ce qui me fait assez peur. Comment apprendre à certaines personnes à être propres?C'est toute une éducation....Malheureusement dans ce pays, la seule chose qui marche , c'est la peur du gendarme.
    Je suis, je l'avoue, de plus en plus pour des sanctions pour certains commerçants, pour toutes sortes de gens irrespectueux.
    Personnellement, avec mon compagnon, nous faisons le tri , nous jetons nos poubelles bien ficelées et qd ns voyons ce qui se passe ds certaines rues, j avoue être totalement découragée
    En tt cas, bon courage à vous, je salue avec admiration votre détermination et vous soutiendrai toujours du mieux que je le peux.
    Bien à vous
    MN Viviani

  • Bonjour et merci pour ce premier article très intéressant. Quel rapport entre ce rapport cité de 234 pages et le rapport de 14 pages à 224.580 euros évoqué dans la presse ce matin (d'après un article paru dans le Canard enchaîné) ?

  • Aucun rapport si ce n'est le thème propreté. Le rapport que nous évoquons sur le blog n'a en principe rien coûté puisque fait à l'hdv .

  • Merci.

  • Merci pour cet article très bien documenté.
    Quels que soient les efforts des Parisiens, notamment pour trier leurs déchets, les poubelles d'immeubles, en attente du passage des camions, sont régulièrement "visitées "par des personnes qui n'hésitent pas à en déverser le contenu sur le trottoir ... et ne prennent pas toujours la peine de tout remettre en place. Ces déchets attirent évidemment toutes sortes de bestioles et rendent les trottoirs mal praticables. Quelle solution ? Peut-être donner des créneaux horaires plus précis pour le passage des camions et raccourcir ainsi le temps pendant lequel les poubelles sont accessibles ?

  • Comme vous l’avez indiqué dans votre article du 31 août 2017, la maire de Paris, Anne Hidalgo, et son adjoint chargé de la propreté, Mao Peninou, nous avaient assuré vouloir mieux associer les citoyens à la définition des objectifs en matière de propreté – ce que vous avez fait dans les cinq lignes suivantes de votre excellent article, « sans perdre de temps en concertation » !

    Tout a été dit. C’est une évidence aveuglante. L’annonce par la Mairie de sa volonté de mieux associer les citoyens à une vaste campagne de nettoyage de la capitale n’était qu’une parodie de volonté de concertation, que de la propagande.

    C’était une façon à peine déguisée d’éviter toute intrusion des habitants des quartiers dans les décisions – jugées délicates et sensibles – de la gestion de la propreté par la Mairie. Elle voulait priver les Parisiens de toute participation significative, tout en leur donnant l’impression contraire.

    Le nerf de la guerre, ce n’est pas de définir les objectifs – tout le monde les connaît – c’est de décider comment s’y prendre pour les atteindre – avec le plus d’efficacité possible et au moindre coût – et ceci, de façon pérenne. Et c’est à cela qu’aucun maire ni aucune administration, de gauche ou de droite, ne veut associer les habitants de la ville.

    Selon les informations publiées par la Mairie, le budget actuel de la propreté est de €560M et il est prévu d’augmenter celui-ci de façon importante dans le cadre de la présente campagne visant à rendre la capitale propre pour les Jeux Olympiques de 2024.

    On attribue à Goethe l’aphorisme selon lequel « tout le monde laisse balayer devant sa propre porte, et le monde entier sera propre ». Je dirais, plus modestement, que si chacun balayait devant sa porte, Paris serait propre.

    Comme on le sait, à Paris comme ailleurs en France, les Conseils de quartier connaissent un véritable essoufflement en termes de fréquentation, de notoriété et de portée politique. Mis en avant lors de la première mandature de Bertrand Delanoë, les Conseils de quartier sont depuis lors, peu à peu, relégués au second plan au profit de processus de concertation ad hoc – concertation sur le renouvellement des PLU, sur le réaménagement des places parisiennes, pétitions en ligne, etc. – et du Budget participatif. Mais rien n’y fait. Pourquoi ?

    Le Conseil de quartier, créé par la loi du 27 février 2002 relative à la « démocratie de proximité », n’était qu’un leurre. Il ne peut y avoir de démocratie sans pouvoir de décision et le Conseil de quartier n’en a aucun. Il ne pourrait être une instance de démocratie que s’il était doté de réels pouvoirs.

    Si l’on voulait qu’il le devienne, il faudrait modifier la loi et installer le Conseil de quartier comme premier échelon, le plus proche des citoyens et le plus modeste, dans la hiérarchie des institutions démocratiques, en l’associant, de plein droit, aux décisions concernant la gestion du quartier, notamment, en matière de propreté.

    Il y a une armée de bénévoles dans les 122 Conseils de quartier de Paris que la Mairie pourrait utilement associer aux décisions concernant la propreté – ce qui serait bien plus efficace que de continuer de jeter l’argent des contribuables locaux dans un puits sans fonds, avec les résultats que l’on connaît.

    Rodney Crisp

  • Bonjour @Rodney ! Comme vous avez bien décrit la situation. Je corrigerai le dernier § : il y avait une armée de bénévoles..... car ils sont nombreux à avoir baisser les bras, fatigués, déçus.
    Je partage votre vision sur les grandes campagnes médiatiques de la Mairie de Paris, une plateforme pour "je veux du vert", une plateforme pour "j'ai une idée madame la maire", d'autres pour les budgets participatifs... etc. et, au bout du bout, des services de la ville, comme la DVD, qui croulent sous des évaluations de projets parfois farfelus et qui ont du mal à faire face à leurs missions de toujours, entretenir l'espace public, la voirie, tenir compte des enjeux actuels pour la ville.
    Et maintenant, les JO vont passer devant toutes choses...essentielles ou pas. Priorité absolue !

  • Chère Lise,

    Vous avez commenté mon commentaire de la façon suivante :

    « Comme vous avez bien décrit la situation. Je corrigerai le dernier § : il y avait une armée de bénévoles..... car ils sont nombreux à avoir baisser les bras, fatigués, déçus. »
    .

    Ils se sont surtout rendu compte que les Conseils de quartier sont une vaste fumisterie ! J’ai, moi-même, mis deux ans avant de m’en rendre compte et de démissionner. En mars 2011, constatant un grave manque de coopération et de coordination entre les différents intervenants, j’avais proposé à Daniel Vaillant, père de la loi de 2002 créant les Conseils de quartier et, à l’époque, maire du XVIIIe arrondissement de Paris, la création d’un "comité de pilotage" de l’ensemble des actions concernant la propreté, quartier par quartier, réunissant :

    • L’adjoint au maire de l’arrdt., responsable de la propreté,
    • Des représentants des Commissions propreté des Conseils de quartier,
    • Les services techniques de propreté de la Ville de Paris.

    Daniel Vaillant m’a répondu :

    « Il ne saurait y avoir de cogestion de la propreté ou d’autre domaine, entre des élus et des représentants de conseils de quartiers (…) qui ne disposent d’aucune légitimité issue du suffrage universel (les candidats sont tirés au sort). Je suis opposé à tout dispositif de co-pilotage, qui plus est, quartier par quartier, pour prendre des mesures en matière de propreté ».

    De toute évidence, l’application que fait Daniel Vaillant de sa loi de 2002 ne correspond à aucune forme de démocratie, qu’on la dise « de proximité », « locale » ou « participative ». Parlons plutôt d’un bénévolat pur et simple.

    En fin de compte, les Conseils de quartier se trouvent contraints à ne jouer qu’un rôle de chambre de plaintes et de revendications auprès de qui veut bien les entendre.

    .

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