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Actualité - Page 55

  • Dispositif anti-SDF : la Ville aurait-elle changé de politique?

    Une étude de l'Insee, consacrée à l'hébergement des sans-domicile en 2012 et publiée en juillet dernier, révélait que le nombre des personnes sans domicile (*) avait progressé de plus de 50 % depuis 2001. Les sans-domicile représentaient 141 500 personnes, dont plus de 30 000 enfants.

    (*): personnes ayant passé la nuit précédant l'enquête de l'Insee, dans un lieu non prévu pour l'habitation - cas des sans-abri - ou dans un service d'hébergement.

    9 % des sans-domicile étaient des sans-abri, passant la nuit dans un lieu extérieur, plus ou moins abrité, parfois dans un lieu public ou une habitation de fortune, et non pas dans un centre d'hébergement (par choix pour la moitié d'entre eux pour diverses raisons, généralement manque d'hygiène, insécurité, ou indépendamment de leur volonté : faute de place, arrivée tardive, interdiction des animaux domestiques, etc.).

    Le mois dernier, Le Parisien nous apprenait que 453 sans-abri étaient décédés en 2013 en France.

    Face à cette réalité de milliers d'hommes et de femmes vivant et dormant dans les rues et les recoins de l'espace public parisien, les sentiments éprouvés par les Parisiens peuvent aller de la solidarité au rejet en passant par la lassitude. Parfois même, la présence de ces sans-abri peut apparaître comme une nuisance dans l'espace public, alors que les politiques publiques d'assistance et d'aide à la réinsertion ne parviennent pas à enrayer la progression du nombre des personnes en grande précarité. Nous avions déjà abordé cette problématique complexe de la cohabitation entre les personnes sans-abri et les riverains dans nos articles évoquant les déposes, de plus en plus fréquentes, des auvents sur les façades des immeubles.   

    Dans ce contexte, beaucoup a déjà été dit, depuis une dizaine années, sur l'apparition de mobiliers urbains atypiques, visant à rendre l'espace public inconfortable, voire invivable à certaines personnes qualifiées d'"indésirables". Ce mobilier a parfois pour seul objectif de rendre difficile la réalisation de certaines incivilités : on pense, par exemple, à l'affichage sauvage ou les tags (grâce à un mobilier urbain comportant une surface bosselée ou dans une matière ne permettant pas à l'encre ou la colle d'agir); cela peut être aussi l'action du "skater" utilisant l'espace public comme terrain de glisse, l'abîmant et accélérant son usure  (avec, dans ce cas, des arêtes métalliques empêchant ses performances). Mais certains dispositifs ont des objectifs moins "nobles" et ne visent pas seulement les incivilités. Ainsi, depuis une quinzaine d'années, différents types d'équipements urbains sont apparus, tous plus imaginatifs les uns que les autres, et cherchant à dissuader les personnes sans-abri de s'asseoir ou de s'allonger; ces dispositifs peuvent aussi cibler d'autres catégories de personnes (e.g. groupes de jeunes etc.) qui auraient tendance à trop "squatter" un espace public. Pour découvrir l'ingéniosité de ces mobiliers ou l'imagination créatrice mise en oeuvre pour ces dispositifs, nous vous invitons à parcourir les photos d'un collectif d'artistes "The Survival Group" sur leur site internet.

    Fin 2009, interrogée par Le Parisien dans le cadre d'un article ("Paris se hérisse de mobilier anti-SDF"), Olga Trostiansky, alors Adjointe chargée de la lutte contre l'exclusion auprès du Maire Bertrand Delanoë (et élue dans le 10e), indiquait :

    "Il faut prendre en considération la situation des riverains ou des commerces. Ces installations peuvent avoir notamment un intérêt quand la sécurité des exclus est en jeu. Mais, selon moi, c'est une mauvaise solution de vouloir ainsi chasser les sans-abri." 

    Il était donc implicite que la Ville ne pouvait pas s'opposer à la mise en place de tels dispositifs lorsqu'ils émanaient d'initiatives privées, mais ne semblait pas les cautionner, sans pour autant les condamner. 

    Pourtant, tout récemment, nous avons découvert de tels dispositifs destinés à éloigner les personnes sans-abri, au pied d'un nouvel immeuble de logements sociaux, géré par une société d'Economie Mixte pour le compte de la Ville de Paris...

    La semaine dernière, Le Parisien annonçait la réhabilitation et la transformation d'un superbe immeuble haussmannien ayant permis la création de 46 logements sociaux - dans un immeuble à l'architecture particulièrement remarquable, ce qui a conduit le quotidien à choisir un titre un peu provocateur : "Ceci est un immeuble HLM!". Les nouveaux logements sociaux de cet immeuble, situé au 42 rue du Louvre dans le 1er arrondissement et offrant une vue sur le nouveau jardin Nelson Mandela des Halles, avaient déjà été mis en exergue par Anne Hidalgo et son candidat, Loïg Raoul, dans le 1er arrondissement, sur son site de campagne pour les élections municipales (cliquez ici pour cette publication).

    Voici la photo qui apparaissait sur ce site de campagne; nous avons alors remarqué les étranges objets qui entouraient l'immeuble, et que nous avons indiqués par des flèches verticales:

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    Nous sommes allés voir de plus près: en effet, il s'agit bien de dispositifs destinés à empêcher l'installation de personnes sans-abri, comme ceux décrits plus haut. Nous avons comparé avec les photos de l'immeuble avant sa réhabilitation; lors des travaux de transformation, des pans inclinés métalliques ont donc été installés tout autour de l'immeuble.

     

               Avant la rénovation                        Après la rénovation

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    Cet immeuble, géré par le bailleur social parisien Élogie, s'est donc hérissé de mobilier anti-SDF, déployé tout le long de son pied, à l'image d'une palissade pour un château fort...

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    Une vingtaine de plans inclinés en métal ceinturent ainsi désormais l'immeuble

     

    Notons que ce bailleur social (anciennement SGIM, renommé Élogie en 2013) est une Société d'Economie Mixte de la Ville de Paris, et arbore, comme telle, sur son site, le logo de la Mairie de Paris. Son Président est généralement l'élu adjoint au maire de Paris: anciennement Jean-Yves Mano, et donc théoriquement désormais Ian Brossat (que nous avions interviewé en juin 2013 sur ce blog), nouvel Adjoint chargé du logement et de l'hébergement d'urgence, auprès de la nouvelle Maire de Paris, Anne Hidalgo.

    Cette "herse anti-SDF" est donc une découverte insolite, inattendue voire incongrue. Nous pouvons donc nous interroger : la Ville de Paris aurait-elle donc changé de politique et de pratiques en matière de dispositifs anti-SDF qu'elle semblait réprouver jusque là ?

    Il ne s'agit pas de stigmatiser la Ville, car il est également important de considérer les efforts entrepris pour soutenir les organisations d'aide aux personnes en errance et accompagner les personnes sans-abri vers des structures d'hébergement et des abris de nuit. Cependant, cette question est ouverte ; nous attendons les éventuels commentaires des élus de la Ville. 

  • Attention pollution stationnement résidentiel gratuit

     

    Pollution annoncée pour jeudi : stationnement résidentiel gratuit

    Selon les données d'Airparif et de Météo-France, un nouvel épisode de pollution atmosphérique aux particules (PM10) est susceptible d’être atteint jeudi 10 avril. En conséquence, la Ville de Paris a décidé de rendre le stationnement résidentiel gratuit le jeudi 10 avril. 

  • Le nouveau Conseil de Paris est arrivé !


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    Point final pour les municipales 2014 en ce samedi 5 avril avec la première réunion du Conseil de Paris et l’élection du maire, ou plutôt de la maire, Anne Hidalgo. A cet égard, réjouissons-nous qu’une ville de l’importance de Paris ait comme maire une femme. La parité homme/femme progresse, sans doute pas assez vite, mais elle progresse. Il faut d'ailleurs relever que dans sa nouvelle composition, le Conseil de Paris comporte plus de femmes que d'hommes.


    Cette première réunion du Conseil de Paris pour la mandature 2014-2020 nous permet de revenir une dernière fois sur le résultat des élections et aussi de connaitre les adjoints au maire - doit-on dire adjoints à la maire ? - qui seront d’une façon ou d’une autre les interlocuteurs d’Action Barbès dans le cadre des projets que nous voulons lancer ou que nous soutenons.

    Commençons par un bref rappel de la situation politique à Paris suite aux élections des 23 et 30 mars dernier.

    Le Conseil de Paris compte 163 membres :

    - 91 d’entre eux ont soutenu la candidature d’Anne Hidalgo dans une alliance regroupant le Parti Socialiste (PS) et le Parti Radical de Gauche (PRG)  - 62 élus, le Parti Communiste (PCF) - 13 élus, et les écologistes d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) - 16 élus;

    - 71 d’entre eux ont soutenu la candidature de Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) dans une alliance regroupant l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP) - 55 élus, l’Union des Démocrates Indépendants (UDI) et le Mouvement Démocrate (MoDem) - 16 élus.

    - 1 élue soutenue par le Front de Gauche (FG)

    Quelques remarques : ....

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  • Attention on a avancé nos montres d'une heure. Et vous ?

    pendule-murale-a-guirlande-et-bouquet-de-fleurs.jpg

    Pendule murale de cuisine à quartz. Les chiffres romains sont entourés d'une guirlande.
    Les minutes sont en chiffres arabes. Une élégante méthode pour enseigner les chiffres romains aux enfants... dès qu'ils ont compris que les "Romains" sont les heures, bien sûr. 

    Photo gentiment empruntée au catalogue de la Maison de la Comtoise.

  • Municipales 2014 : dans le 9e

    Suite aux résultats du premier tour, le jeu est extrêmement serré pour le second tour dans le 9e arrondissement de Paris. Nous avons voulu regarder l'évolution des rapports de force par quartiers en comparant des éléments qui certes ne sont pas tout à fait identiques mais qui peuvent donner quelques informations intéressantes.

    La comparaison porte sur les résultats de ce premier tour des élections municipales avec le second tour de l'élection présidentielle de 2012 afin de regarder le rapport gauche/droite. Précisons que nous appelons droite le total des voix de l'UMP-MoDem-UDI, dissidents ou pas et hors FN, et gauche le total des voix du PS-EELV-FG-LO.

    Quelques éléments pour alimenter l'analyse tirés du tableau ci-dessous :

    - quelque soit la taux de participation, la gauche perd des voix et ce de façon homogène (moins 3 points en moyenne dans tous les quartiers). Elle reste largement majoritaire dans la quartier Rochechouart traditionnellement à gauche et dans le quartier Faubourg Montmartre qui représentent à eux seuls 56% des inscrits de l'arrondissement. C'est donc probablement dans ces deux quartiers que la gauche a des réserves.

    - quelque soit le taux de participation, la droite, contrairement à ce que pourrait laisser penser le résultat global dans l'arrondissement, perd elle aussi des points (entre 2 et 3 avec une perte de 5 points dans le quartier de la Chaussée d'Antin). Elle reste largement majoritaire dans le quartier de la Chaussée d'Antin traditionnellement à droite et talonne la gauche dans le quartier Saint Georges mais ces deux quartiers ne représentent que 44% des inscrits.

    - le grand gagnant du scrutin, même si son score reste modeste est le FN. Avec 4-5% et même un pic à 8% à la Chaussée d'Antin, ses électeurs vont probablement être les arbitres de la consultation. Rappelons que la candidate FN n'avait fait que 2,7% des voix au premier tour aux municipales de 2001 et en 2008 mais que Marine Le Pen avait fait 4,9% des voix au premier tour de la présidentielle 2012.

     

     

    2012

     

    2014

     

    St Georges

     

     

     

     

    Inscrits

    13380

     

    13509

     

    Exprimés

    10971

    82 %

    7974

    59 %

    Gauche

    5676

    52 %

    3874

    49 %

    Droite

    5295

    48 %

    3742

    47 %

    Autres

     

     

    358

    4 %

     

     

     

     

     

    Chaussée d’Antin

     

     

     

     

    Inscrits

    2240

     

    2236

     

    Exprimés

    1826

    82 %

    1209

    54 %

    Gauche

    736

    40 %

    448

    37 %

    Droite

    1090

    60 %

    661

    55 %

    Autres

     

     

    100

    8 %

     

     

     

     

     

    Rochechouart

     

     

     

     

    Inscrits

    13730

     

    13558

     

    Exprimés

    11094

    81 %

    7866

    58 %

    Gauche

    6472

    58 %

    4364

    55 %

    Droite

    4622

    42 %

    3098

    39 %

    Autres

     

     

    404

    5 %

     

     

     

     

     

    Fbg Montmartre

     

     

     

     

    Inscrits

    6489

     

    6551

     

    Exprimés

    5235

    81 %

    3702

    57 %

    Gauche

    2898

    55 %

    1994

    54 %

    Droite

    2337

    45 %

    1560

    42 %

    Autres

     

     

    148

    4 %

     

     

     

     

     

    Total

     

     

     

     

    Inscrits

    35839

     

    35854

     

    Exprimés

    29126

    81 %

    20751

    58 %

    Gauche

    15782

    54 %

    10680

    51 %

    Droite

    13344

    46 %

    9061

    44 %

    Autres

     

     

    1010

    5 %

  • Municipales 2014 : et le 2e tour ?

    paris,municipales2014Nous verrons mercredi matin quelle est la composition des listes de deuxième tour, c’est-à-dire les alliances qui seront passées entre les candidats dans les 9e, 10e et 18e arrondissements.

    La situation est assez claire dans les 10e et 18e où l’alliance annoncée depuis longtemps entre socialistes et écologistes devrait permettre une élection confortable pour Rémi Féraud (10e) et Eric Lejoindre (18e). Bien qu’améliorant nettement leurs scores de 2008, les écologistes ne sont néanmoins pas en situation, dans ces deux arrondissements, d’être faiseurs de rois. Auront-ils néanmoins des places dans la liste commune PS/EELV pour siéger au conseil de Paris ? Très probable dans le 18e et assez envisageable dans le 10e.

    Toujours dans les 10e et 18e, même si les listes dissidentes, qui malgré leur faible score ont fait du tort à la droite, rejoignent les candidats UMP Déborah Pawlik (10e) et Pierre Yves Bournazel (18e), ce qui n’est pas assuré, la victoire n’est plus à portée de mains de ces deux candidats. Remarquons une certaine ingratitude des électeurs puisque les deux candidats UMP dissidents, dans le 10e Serge Federbusch, et dans le 18e Roxane Decorte, pourtant extrêmement présents sur le terrain entre 2008 et 2014, ont été lourdement sanctionnés. Avec 26,3% des voix, la droite républicaine se tasse légèrement (28,5% en 2008) dans le 10e et améliore son score de 5 points dans le 18e (30,5% en 2014 contre 24,9 en 2008).

    Le cas du 9e mérite un traitement spécial. ...

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