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Salle de consommation: 1ère année d'expérimentation

Le comité de voisinage de la Salle de consommation à moindre risque (SCMR) s'est réuni le mardi 3 octobre après une pause estivale. La réunion précédente avait eu lieu le  5 juillet (voir à ce sujet notre article du 14 juillet). Nous avions alors déploré les 3 heures d'échanges, une durée trop longue.

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Cette fois-ci, rien n'a changé et même si nous comprenons l'importance que chaque participant puisse s'exprimer, avec un peu de concision et un peu plus de rigueur, on doit pouvoir faire mieux! Nous étions trois représentants d'Action Barbès à participer et d'un commun accord, nous avons quitté la salle à 21h10.

L'occupation des Autolib

Ce point avait déjà été abordé mais la situation s'est aggravée durant l'été. En effet, les autolib de la rue Saint-Vincent de Paul sont utilisées par des personnes en errance et des toxicomanes qui s'y injectent. Un phénomène qui semble prendre de l'ampleur dans d'autres secteurs. On peut aussi citer la rue Guy Patin dont les véhicules servent d'abri à des mineurs étrangers isolés. Sans oublier les multiples dégradations. Nous avons appris que la station Saint-Vincent de Paul est "gelée" depuis le 26 septembre, décision de la société de gestion qui n'était malheureusement pas représentée. De ce fait, impossible de savoir pour combien de temps. Le maire du 10e, favorable à cette fermeture provisoire, a précisé que la réinstallation devait se faire dans de bonnes conditions, cette station étant nécessaire devant l'entrée de l'hôpital.

Quelques données de Gaïa

Commençons avec le nombre impressionnant de passages depuis l'ouverture: 54697 fin septembre. 799 usagers différents sont inscrits. Ils peuvent obtenir une consultation médicale (321 depuis l'ouverture) et s'inscrire dans le but d'intégrer un programme de substitution. Là, les chiffres sont encore très modestes (7). La salle accueille un assistant social à temps plein. Reste le problème des maraudes qui ne se feront 7 jours sur 7 qu'à partir du 15 octobre. Il a fallu procéder à des recrutements et il n'est pas toujours aisé de trouver les bonnes personnes. C'est un travail qui ne s'improvise pas. (Deux maraudes ont lieu en matinée mais ne sont pas envisageables en soirée, après la fermeture de la salle.)

Par ailleurs, les usagers sont sollicités pour faire du ramassage de seringues et de déchets autres. Ils ont un tableau à disposition sur lequel ils peuvent s'inscrire pour participer. Interpelée au sujet du respect du voisinage, Céline Debaulieu a affirmé que les règles à l'intérieur de la salle, mais aussi aux abords de la salle, sont rappelées régulièrement. Elle espère pouvoir inviter quelques usagers au prochain comité de voisinage.

Le mot du commissaire

Une fois de plus, le commissaire du 10e Damien Vallot a du tenter de convaincre le collectif des habitants opposés à la Scmr que ses agents intervenaient et faisaient leur travail. En réponse à une question sur les maraudes possibles Gaïa et policiers, il a précisé que ce n'était pas le rôle de la police. "Le temps de la pédagogie est terminée" a t-il martelé. Gaïa ajoutera que ce serait une erreur de mener des opérations conjointes, de se présenter aux usagers de drogue en compagnie de la police, eux qui ont souvent eu des parcours en dents de scie, parfois des passages derrières les barreaux… notre travail se base sur la confiance, sans elle aucune action n’est possible. Le commissaire a ensuite déroulé une longue liste d'interventions avec les dates, interpellations puis gardes à vue puis déferrements pour trafics avérés mais aussi pour détentions et usages de stupéfiants (4 701 personnes contrôlées et 1 160 personnes dirigées vers la salle). L'été a vu le nombre de recels d'objets volés en forte augmentation lié en partie aux reports du secteur Barbès.

Une situation encore dégradée aux abords de la salle

Les représentants du collectif ont manifesté leur "ras le bol" face à une situation qui empire au fil des semaines et ne veulent plus attendre la fin de l'expérimentation d'ici à 5 ans. On sait qu'ils souhaitent tout simplement la fermeture de la salle. Certains admettent qu’il est légitime de soigner les usagers de drogue, mais pas en implantant une salle de consommation en zone résidentielle. Notre association ne conteste pas les problèmes vécus par les habitants, certains d'entre nous les vivent également un peu plus au nord sur Barbès ou encore à la Goutte d'or. Nous sommes dans un quartier qui "accueille" de multiples problématiques et en ce sens , on peut parfois dire trop c'est trop. Pour autant, il n'est pas raisonnable de répéter que c'était mieux avant en ce qui concerne la présence des  toxicomanes. Ils étaient là bien avant l'ouverture de la salle. Reconnaissons que le sujet est complexe et pas toujours facile à vivre. Les institutionnels présents que ce soit la Mildeca ou encore la direction de l'action sociale de Paris ont conscience  des problèmes et se disent à l'écoute mais considèrent qu'un bilan est encore prématuré.

Action Barbès a demandé au maire d'interpeler la ministre de la santé afin de connaitre sa position sur d'autres ouvertures de salles qui nous semblent indispensables en Ile de France. La prochaine réunion du comité de voisinage n'a pas été décidée. Nul doute qu'elle sera présidée par Alexandra Cordebard jusque là première adjointe de Rémi Féraud qui commencera très bientôt son mandat de sénateur.


 

 

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