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Studio 360° va s’installer à la Goutte d’Or

Sudio 360.JPGAu coin des rues Léon et Myrha se trouve aujourd’hui un petit espace que les habitants se sont appropriés pour en faire un jeu de boules. Il y avait là, dans le temps, un café restaurant et même une mercerie. Il nous reste en mémoire la photo du petit immeuble avant sa démolition avec Monsieur Chat de Thomas Vuile, qui dominait alors la situation. (voir ici sur notre blog en 2011).

L’endroit, à un pâté de maisons du square Léon et à quelques courtes encablures de l’église Saint Bernard, est au cœur de la Goutte d’Or. La parcelle ne fait l’objet d’aucune recommandation particulière dans le Plan Local d’Urbanisme (PLU) de la ville de Paris, si ce n’est une "incitation a la mixité habitat-emploi".

Chargée de l'aménagement de tout ce quartier et particulièrement de l'éradication de l'habitat insalubre, depuis presque 20 ans, la Semavip s'est vu confiée le sort de la parcelle début 2011 et la mise en place d'un appel d'offre afin de désigner  un "groupement  d'opérateurs gestionnaires chargé de concevoir, réaliser et gérer un centre culturel privé". N’ayant reçu qu’une proposition solide — deux autres mal abouties ne sont pas vraiment entrées en compétition —, c’est celle-ci-qui a été adoptée par la SEMAVIP et qui a fait l’objet d’une présentation mardi 19 novembre au centre Barbara. Action Barbès y assistait.

Sudio 360 2.JPGLe projet retenu se nomme Studio 360° et il est porté par Accords Croisés. Détaillons-le en fonction des informations qui nous ont été fournies mardi soir.

Le projet consiste en l’installation au coin des rues Léon et Myrha d’un bâtiment qui accueillera des musiciens du monde entier. Ils pourront y travailler, répéter, enregistrer, présenter un spectacle et aussi y loger pour certains, en résidence. Nul doute que l’appellation Studio 360° fait référence à la grande ouverture internationale pour l’accueil des artistes.

Accords Croisés est une société de production privée, membre du réseau des musiques du monde. Cette structure produit des artistes, des spectacles et des disques. L’équipe en charge de ce projet est diverse et se présente comme expérimentée. On y trouve notamment le directeur d’Accords Croisés, Said Assadi, qui anime le Festival Au fil des voix dont il présentera la 7e édition en janvier prochain. (Cliquez ici pour découvrir et même écouter une playlist de musiques du monde de plus de 5 heures...). Présente également Anna Alexandre, la directrice de Quai des Voix, association culturelle fondée il y a plus de 10 ans à Ivry sur Seine, à l'origine dans les friches industrielles en voie de réhabilitation. Le projet qui est présenté comme un pôle d’entreprises et d’associations culturelles comprendra aussi un café restaurant géré par une association dans le cadre de l’économie sociale et solidaire.

Le cabinet d’architectes qu'ils ont choisi pour concevoir et réaliser le bâtiment est l’agence Engasser et Associés. Le projet est présenté sur leur site web. Pour l'anecdote, les architectes ont prévu un potager sur le toit, juste de quoi fournir les légumes au restaurant, ont-ils assuré.

Pour être tout à fait complet, le projet a un coût total proche des 4 millions d’Euros, financé pour 25% par un apport privé et 75% par un emprunt auprès d'un pool bancaire emmené par la Caisse des Dépôts et Consignations. La participation de la Ville de Paris est marginale, consistant en deux subventions d’investissement de 50 000 € chacune au titre de l’aide au développement économique. Aucune subvention de fonctionnement ne sera attribuée par la suite. La Ville a vendu la parcelle au promoteur du projet.

Enfin, notons que le projet devrait ouvrir ses portes en octobre 2015 et, qu’en attendant, Accords Croisés va s’installer au 28 rue Stephenson.

Le projet tel qu’il nous été présenté a, comme tout projet, des avantages et des inconvénients.

Au titre des avantages, il faut se réjouir de l’installation d’un projet culturel au cœur de la Goutte d’Or. Néanmoins il faut aussi noter que contrairement à ce qui avait été annoncé — la crise aura-t-elle fait fondre les budgets alloués à la culture plus que prévu ? —, il ne s’agit pas là d’un centre où les habitants du quartier pourraient venir pratiquer des activités culturelles mais bien d’un projet privé gérer par un producteur. On ne parle pas ici de délégation de service public. Il y aura certes une salle de spectacles dédiée aux musiques du monde, mais l’activité du lieu reste déconnectée de la vie du quartier même si des demandes pressantes d’associations locales pour développer des projets communs à l’instar de ce que fait le centre Barbara ont été exprimées au cours de la réunion de présentation. Ces demandes ont laissé un temps les intervenants sans voix. On peut penser néanmoins que la programmation saura trouver son public dans ce coin de Paris connu pour sa mixité. Par ailleurs, les critiques anticipant une concurrence au Centre Barbara restent non fondées : il s'agit d'un projet bien différent. 

Au titre des inconvénients, le projet architectural ne semble pas tenir compte de la zone de protection patrimoniale liée au classement de l’église Saint Bernard. L’association Cavé Goutte d’Or se bat avec constance pour faire respecter cette zone auprès de l’Architecte des Bâtiments de France.

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