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Où sont passés les policiers de la Goutte d'Or ?

De notre envoyée spéciale dans la Goutte d'Or en préparation du conseil de quartier Chapelle Marx-Dormoy du 2 octobre, où nous nous sommes rendus pour comparer l'ambiance d'un quartier à l'autre, sur le même thème, celui de la sécurité.

Quoi de plus simple et efficace que d'arpenter les rues du quartier pour se faire une idée des lieux, des personnes qui les animent, des commerces qu'on y trouve. En réalité, cette fois-ci, il ne s'agit ni de tourisme, ni de sociologie, mais d'un regard sur le dispositif sécuritaire mis en place par le ministère de l'Intérieur dans le cadre de la Zone de sécurité prioritaire (ZSP) Barbès-Château rouge, à l'automne 2012.

Voici le parcours dans son entier : les rues d'Oran, Doudeauville, Léon, Ernestine, des Poissonniers, Dejean, Laghouat, Myrha, Affre, Cavé, des Gardes, Saint-Luc, Saint-Bruno, Saint-Mathieu, Stéphenson, Richomme, Tombouctou, de Chartres, de la Charbonnière, Caplat, Square Léon et rue Léon, Islettes et bien évidemment les boulevards Barbès (jusqu'à Château-Rouge) et de la Chapelle. Comme dans les bons guides, nous vous indiquons non pas la distance mais le temps de parcours : en tout environ quarante-cinq minutes.

Notre correspondante ajoute : « Me croirez-vous si je vous dis que je n'ai rencontré aucun fourgon ou voiture de police ou de CRS. Pas plus d'ailleurs de policiers.
Une seule : au repos et vide, les rétroviseurs repliés : rue Doudeauville, devant le 39 en face de l'UMJ Paris-Nord (Unité médico-judiciaire). J'exclus évidemment les voitures garées et en attente devant le commissariat rue de la Goutte d'Or. Cela voudrait-il dire que tout va bien dans le meilleur des mondes ? Qui pourrait le croire ! »

41uBMlN%2BP-L._SY445_.jpgDaniel Mermet, mardi 24, a consacré son émission de l'après midi sur France Inter à Raphaël Liogier, qui vient de publier chez Textuel : "Ce populisme qui vient", conversation menée par Régis Meyran (112 pages, 15 euros). Dans cette analyse déstabilisante et recommandée, nous pouvons lire à la page 80 : "C'est tout de même préoccupant, par exemple, que la police soit obligée de se contenter d'observer les trafics sur la place de la Charbonnière (Paris 18e), qui, en début de soirée, se métamorphose en véritable marché aux voleurs, comme disent les habitants du quartier !"

Pour écouter l'émission si vous avez le temps et le désir... 

Depuis maintenant plusieurs jours, il semblerait que la police ne s'est plus contentée d'observer et sans doute d'en tirer des conclusions, puisqu'elle a complètement disparu de ce champ d'observation. Serait-elle victime d'une "trêve des confiseurs" avant l'heure. Ou préparerait-elle une action ciblée ?

Pour le promeneur lambda, il est quasiment impossible de passer place de la Charbonnière en début de soirée (plus d'une centaine de personnes occupent l'espace et l'entrée des rues adjacentes). Et lorsque l'on arrive au niveau du métro Barbès, le nombre "gonflé" de vendeurs de cigarettes, de Subutex...  et de pickpockets, interpellant le passant en toute liberté, nous déconcerte et nous accable.

Les travaux Vano et autres n'ont pas repris pour le moment. L'endroit est toujours aussi encombré par les cartons et les réserves de cigarettes bien au chaud. 

paris,18e,barbès,goutte-d-or,prévention,sécurité,zsp,police,commissaire-bouard,chapelle-marx-dormoyRetour en force lors de l'agression qui a eu lieu devant le Louxor le jeudi 26 septembre en soirée.

Nous étions au conseil de quartier La Chapelle Marx-Dormoy le 2 octobre à 19h, 2 rue de la Guadeloupe, car nous y avions noté la présence du commissaire divisionnaire Nelson Bouard, qui venait répondre aux questions des habitants du quartier. Nous avons donc écouté silencieusement — nous n'étions pas dans nos rues ! — ses réponses à une foule, venue en grand nombre, beaucoup plus nombreuse que d'habitude, nous a-t-on dit, et soucieuse de manifester sa colère et ses difficultés de vie dans un environnement dégradé, encombré, tendant vers l'insécurité.

Les questions récurrentes : pas de policiers dans la rue, trop peu d'écho quand on appelle la police, des attroupements permanents dans certaines rues, de la prostitution, des toxicomanes inquiétants, des SDF installés de façon quasi-permanente en certains lieux devenus très sales et impossibles à nettoyer par la DPE, des bandes de jeunes voyous qui font la loi dans certaines rues,  des taxis clandestins qui occupent l'espace porte de La Chapelle, les marchés à la sauvette qui laissent rues et trottoirs dans un état de saleté repoussant, des agressions sur les personnes âgées et les femmes, surtout aux abords des DAB, etc. Un lot impressionnant de griefs, décrits et argumentés, qui n'avait rien à envier à la Goutte d'Or...

Les réponses du commissaire : les policiers patrouillent en voiture mais s'arrêtent chaque fois qu'il le faut, pour preuve l'augmentation du nombre des interpellations et des déferrements. "On n'arrête pas un délinquant sans sortir du véhicule !" Les policiers sont intervenus de façon ciblée sur les sauvettes près de la place de la Chapelle à la fin du printemps, début de l'été, obtenant des résultats, mais dès que l'action de la police se porte sur un autre site, ils reviennent... Le commissaire explique les saisies nombreuses de camions qui servent de stockage et que les habitants ont dénoncés : pour ouvrir le véhicule, il faut la présence d'un occupant, et quand il est saisi, il est vite remplacé par un autre. Mais ce travail s'exerce de façon continue, avec le soutien des Douanes aussi. Celles-ci "frappent au portefeuille" et les amendes se veulent dissuasives. Bien sûr il y a saisie des denrées et souvent du véhicule. Pour les SDF, le personnel de la propreté n'a pas pour mission de les déloger et par conséquent nettoie "autour" (Ce furent aussi les propos de Félix Beppo, l'élu du 18e chargé de la propreté, également présent). La police en revanche démantèle régulièrement des cabanes ou abris de fortune. De même qu'elle démantèle les camps d'étrangers venus de l'Europe de l'Est qui se reconstituent régulièrement aux abords de la porte de La Chapelle, et dont les jeunes indisposent les automobilistes coincés dans les embouteillages, quand ce n'est pas carrément pour ouvrir une porte et dérober ce qui est à portée. 

Vous connaissez toutes les plaintes des habitants quand ils sont réunis dans des conseils de quartier dont le thème est la sécurité. Nous vous avons plusieurs fois relaté les propos entendus. La situation n'évolue guère. Chacun, cependant, pense qu'il est plus mal loti que son voisin, et vit l'enfer plus que d'autres. Or notre présence dans des quartiers différents, différents mais proches et situés dans nos trois arrondissements de prédilection, nous permet de témoigner que les problèmes cités ci-dessus sont présents un peu partout et surtout qu'ils se déplacent au fur et à mesure des interventions policières. Ce fut le cas pour la toxicomanie, quand les squats de la Porte de la Chapelle ont été fermés, ou pour la prostitution lorsque le racolage passif a été plus sévèrement sanctionné il y a quelques années. Le phénomène évolue ou se déplace. On a assisté, dans certains quartiers, à l'explosion du nombre des salons de massage qui ne trompent personne, et à la prostitution en appartement ailleurs. Là elle est encore dans la rue. Pour combien de temps ?

Les SDF sont nombreux, les migrants aussi, les sans papiers idem... et les trafics de tous ordres prospèrent sur ce terreau. Ne perdons pas notre humanité dans cette époque difficile. 

Commentaires

  • Je ne conteste pas les faits mais tant que la police sera vue comme l'alpha et l'oméga des solutions, rien ne changera. Au cours du CQ Marx Dormoy Chapelle, je n'ai entendu qu'une seule femme (une associative) proposer quelque chose de concret et qui n'était pas de mettre des flics partout.
    Enfin, pour en faire grogner quelques uns je dirais : qu'est ce qui gêne plus les gens place de la Charbonnière, que les flics n'interviennent pas ou que ce soit un marché de voleurs ?

  • La Police elle-même convient que son action est parfois dérisoire par rapport à l'ampleur des problèmes et que souvent ses interventions ne font que les déplacer. Le commissaire Bouard l'a encore dit lors de ce conseil de quartier.
    Le thème de la sécurité attire beaucoup d'habitants, quelque soit le quartier, car c'est l'occasion de dire son désarroi dans une société anxiogène, qui manque de perspective et d'horizon. On a entendu de la colère mais aussi un certain désespoir, une perte de repères.
    Je suis d'accord avec Didier, les temps sont difficiles. Nous avons entendu beaucoup de critiques acerbes de la police et des responsables politiques mais pas beaucoup de propositions et cette femme dont il parle (responsable de l'Ecole Normale Sociale, une association implantée dans le quartier) a eu la bonne idée de rappeler que le problème essentiel est le respect de la loi, celle qui permet de vivre ensemble. Elle a rappelé que place de Torcy il y a eu jusqu'à 250 toxicomanes, à une époque, que les habitants s'étaient alors mobilisés et organisés, et avaient trouvé des solutions pour sortir de ce climat devenu invivable.
    Il m'a semblé qu'elle prônait des initiatives sociales plutôt que le recours systématique aux forces de l'ordre. Sera-t-elle entendue dans le contexte actuel où l'individualisme prime sur l'intérêt collectif ? Il est pourtant plus difficile de se sauver tout seul..

  • Habitant de la Goutte d'Or et sillonnant très régulièrement les rues du quartier, je vous livre mon point de vue sur la présence policière dans les rues de la Goutte d'or. Ce point de vue ne vaut que ce qu'il est, un avis subjectif parmi d'autres. Mais peut-être que certains s'y retrouveront.
    Je me promène donc très régulièrement dans les rues de ce quartier depuis quelques années et j'ai vu apparaître la ZSP et sa cohorte de camionnettes de CRS et autres policiers peu avenants. Tout ce dispositif est là pour régler les problèmes d'insécurité dans notre quartier. Mais de quel insécurité parle t-on?
    Personnellement, je n'ai jamais été victime d'agression physique ou verbale et ne me suis jamais senti "en danger" dans les rues de la Goutte d'Or, quelle que soit l'heure. On me propose des cigarettes de contrebande "Marlboro Blend!" ou du cannabis "shiiiiiiit!" du coté de Barbès ou de Chateau Rouge, on me demande (gentiment) si "je cherche quelque chose" vers le square Léon (juste sous deux caméras de surveillance). J'ai quelquefois du mal à me frayer un chemin sous les arcades du métro boulevard de la Chapelle quand le marché laisse la place au marché de la misère ou sur le marché Dejean, là où les vendeurs à la sauvette de sacs de contrefaçon, de stylos, de ceintures et autres foulards se déplacent, paniqués, au gré des mouvements de foule provoqués par une apparition policière. Je slalome souvent entre les vendeuses de poisson fumé ou de cacahuètes installées sur les trottoirs de la rue des poissonniers. J'ai comme tout le monde du mal à marché sur les étroits trottoirs de la rue Myrha encombrés de véhicules en stationnement. Il m’arrive de prendre peur face à une voiture qui prend une petite rue en sens interdit. Je croise aussi le soir des prostituées africaines épiées par des matrones/souteneuses dans les rues Doudeauville, de Panama ou des Poissonniers. Il m'arrive de me boucher le nez, tellement l'odeur d'urine est forte dans les rues de Suez et de Panama. En définitive, ce que d’autres appellent « insécurité » m’apparaît beaucoup plus comme le reflet de la précarité, de la pauvreté et du dénuement.
    Et est arrivée la Zone de Sécurité Prioritaire (ZSP). À présent, je rencontre également sur mon chemin des CRS qui somnolent dans leur camionnette, des contrôles au faciès, des contractuelles qui ne verbalisent les stationnements illicites que dans un tout petit périmètre autours du commissariat de la rue de la Goutte d’or, et aussi des groupes de cinq ou six policiers qui contrôlent nerveusement des vendeurs de maïs avec leur caddie fumant, tout en hurlant à leur radio l’identité de la personne contrôlée. J’ai même assisté à une terrifiante opération de contrôle massif des non-blancs, une rafle.
    Qu’est-ce que cette présence a changé dans mes promenades ? La rue Myrha est toujours impraticable, tant les véhicules encombrent toujours les trottoirs, auxquels il faut ajouter maintenant les camionnettes de CRS garées sur les passages piétons. On risque toujours de croiser un véhicule circulant en sens interdit, la délinquance routière n’est visiblement pas une priorité de la ZSP. Les mouvements de foule des vendeurs à la sauvette sont un peu plu nombreux. Quelques commerces à l’hygiène douteuse ont été fermés temporairement par décision préfectorale. Les propositions de « Marlboro Blend ! » se font moins vers le métro Barbès-Rochechouart, mais à peine plus loin. Les prostituées sont toujours en proie aux proxénètes. L’odeur d’urine s’et concentré au croisement des rues de Panama et de Suez, autours d’une nouvelles sanisette provisoire inesthétique. Mais ce qui a changé c’est une présence policière qui personnellement m’angoisse plus qu’elle me rassure. Enfin, une présence policière diurne, car la ZSP de la Goutte d'or ça s’arrête à 21h. Les forces de l’ordre ne gouttent guère à la vie nocturne. Mais surtout, cette présence policière ne change en rien la misère qui s’étale dans les rues de Goutte d’Or. Cette misère humaine que d’aucuns nomme insécurité.

  • @JRB : merci d'avoir pris le temps d'exprimer longuement ici votre opinion. Ce blog est ouvert à toutes les expressions.
    Que ce soit dans la Goutte d'Or ou dans le quartier de la Chapelle (autour des rues Riquet, Pajol, etc), les uns voient la misère et tous ses aléas, là où les autres s'inquiètent pour leur propre existence, leur environnement, celui de leurs enfants. On aimerait bien qu'une sortie de crise, du chômage, vienne remettre un peu de baume sur toutes ces plaies. Il ne faudrait pas trop tarder.

  • Un scoop ! L'emprise du chantier à l'emplacement des anciens magasins VANO a été nettoyée aujourd'hui. Tout est nickel. Les cartons de paquets de cigarettes et les canettes ont disparu. Chouette ! On peut en déduire peut-être que le chantier va repartir.
    A suivre de près.
    Vos photos sont les bienvenues...

  • J'ai également harpenté ses rues citées ci-dessus par Lise lors des mes déplacements professionnels (ancien chef de projet de cohésion sociale en Lorraine) et mon œil bien différent du votre me donne une version un peu plus nuancé quant aux solutions à apporter aux différents problèmes soulevés. L'emploi n'est pas et ne sera pas LA solution miracle et vous le savez toutes et tous. Aucune de ces personnes ne souhaitent "s'incerer à la mode de chez nous" comme ont dit. La culture est et restera un frein à toutes tentatives. Le système D sera tjrs le plus fort...misère, pauvreté, précarité....certes, mais ici le public ne rentre pas dans une logique d'insertion...nous nous trompons de cible. Alors que faire ci ce n'est de faire respecter la Loi ? Mais visiblement ce n'est pas le sujet sensible et prioritaire des forces de l'ordre qui on très certainement d'autres consignes. Nous sommes donc dans une impasse????

  • Erratum. j'ai cité Lise par erreur, c'était JRB, désolé mes yeux ont fauté.

  • @Stéphan P : On peut effectivement évacuer la question comme vous le faites en rejetant la faute sur ceux qui ne souhaitent pas s'insérer mais, sans vouloir être désagréable, cela ne fait pas beaucoup avancer les choses. Certains pensent que LA solution, ce sont des flics partout. Je ne nie pas l'utilité de la police mais reconnaissez que c'est un peu court et surtout dangereux à terme. Quand la République fait agir ses citoyens en priorité comme des consommateurs individualistes et qu'elle "ghettoïse" certains de ses enfants, qu'elle laisse aller son éducation nationale dans le piteux état où elle se trouve aujourd'hui, il est clair que l'insertion ne peut pas se faire. Moi je crois que la faute est largement partagée et c'est à la recherche de solutions que nous devrions tous nous atteler, sans a priori.

  • Bonjour à tous, je sais que vous êtes attentifs à nos prises de position.
    il se trouve que nous serons reçus par le commissaire Bouard dans les prochains jours et nous aimerions relayer le "vécu" des habitants du secteur en ZSP et plus largement des habitants du 18e. Nous y défendrons bien entendu une organisation de police de proximité et nous restons très vigilants sur toutes les opérations basées sur le contrôle au faciès.
    Nous sommes à votre écoute et restons disposés à tout échange, en particulier dans la perspective d'un observatoire citoyen de la ZSP.

  • Je précise que je suis le président de la section de Paris18 de la Ligue des droits de l'Homme et que nous apprécions que vous ayez rappeler que la ZSP devait comporter initialement un volet social. Nous sommes impliqués dans l'expérience d'insertion du Carré des biffins et nous sommes très engagés pour la reconnaissance des droits des roms et des immigrés âgés dans le nord de l'arrondissement.

    Pascal NICOLLE
    Ligue des Droits de l’Homme
    Membre du comité central et président de la section de Paris 18ème
    Maison des Associations -Boite 21
    15 Passage Ramey
    75018 Paris
    06 61 91 68 50
    www.ldh-france.org/section/paris18/
    Mail : ldhparis18@gmail.com

  • Didier, je le conçois que c'est un peu "court" mais mes 20 ans d'expérience prof au cœur des quartiers "Politique de la Ville" m'autorise cette "courte" synthèse. Combien de jours, d'heures de réunion à penser, à travailler en long en large toutes les questions de Réussite Éducative - Économique - Santé - Logement - Citoyenneté.... pour tirer le même constat amer que l'ONZUS. (Observatoire National des Zones Urbaines Sensibles)
    Alors pensons encore et encore....à condition que tous les acteurs jouent leurs rôles.

  • Habitante du boulevard de la chapelle, côté 18eme, C'est une tristesse de voir les rues abandonnées aux marchés mafieux des cigarettes et de la drogue malgré la SZP, qui avait donné un peu d'espoir aux riverains.
    On peut très bien vivre sans se faire agresser, mais si l'on fait l'expérience de demander aux dealers d'aller voir ailleurs (comme de ne pas casser les parties communes de mon immeuble pour cacher subutex, shit et cigarette), le ton monte très vite et les menaces fusent. On n'a pas toujours l'énergie de se faire insulter. Alors petit à petit on laisse tomber, et on désinvestit les lieux, on ferme les yeux, on appelle plus la police. Sur le boulevard côté 18eme, c'est le retour des marchés illicites. Difficile et dangereux de pratiquer le trottoir avec des enfants. On ne peut pas traverser Vano est en travaux. etc, etc. et bien sûr tout est sale très vite. Déprimant!

  • Bonjour,
    comme Sandra, et d'autres, mon quartier au quotidien me déprime, pour moi et mes enfants....Côté 18e boulevard de la Chapelle, on doit prévoir des détours parce qu'on ne peut pas passer avec la poussette et les enfants;tout ce qu'a dit JRB plus haut, je l'ai écrit quinze fois, au maire, au préfet, au commissariat....sans aucune réponse, aucune solution. C'est vrai qu'il s'agit de misère, c'est vrai qu'il est important de rester humain, mais je crois que là tous ces problèmes sont trop lourds à porter pour les habitants d'un quartier. Le fait de dire que nous subissons l'insupportable n'implique pas que nous manquions d'humanité. Nous sommes tous contents d'aider l'autre, l'entraide et l'entente entre voisins, etc...mais là, c'est trop. Cette situation m'obsède de plus en plus, déprime, angoisse, stress, inquiétude, colère, agressivité...Je me demande si l'on ne pourrait pas construire des magasins sous le pont du métro aérien...Je ne supporte plus cette occupation abusive et permanente des trottoirs dans tout le quartier. C'est glauque, désagréable, et anormal. Je n'arrive pas à croire que ceci soit Paris. J'ai l'impression d'avoir signé pour habiter entre un souk et une décharge publique....

  • Je suis bien surpris de cet article concernant un quartier que je connais bien, ainsi que de certaines réactions de personnes qui voudraient que le monde soit tel qu'ils le désireraient. Je trouve cette attitude immature, enfantine et évidemment irréaliste.
    Vous n'aimez pas les places pleines de gens assemblés? Vous désirez des rues désertes? Vous voulez circuler rapidement, sans avoir à dévier votre chemin, de là où vous étiez à là où vous devez aller, avec urgence, pour ajuster votre vie à votre emploi du temps surchargé? Mais est-ce cela la vie? Voulez-vous avancer sur des rails, avec des oeillères? Quelle triste vision!

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