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Logements sociaux : des droits et aussi des devoirs

En avril, alors qu’on parlait dans la presse de la détaxe de 30 % du TFPB, de son utilisation dans les quartiers populaires, nous avions concocté un courrier destiné à Ian Brossat, l’adjoint à la maire de Paris chargé du logement, courrier qui suggérait une plus grande implication des gardiens, et surtout leur maintien ou leur retour dans tous les immeubles du parc social de la ville. Pourquoi ? Justement pour les raisons qu’avance notre élu dans un tweet croisé sur le réseau social il y a quelques jours : 

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Le courrier n’est pas parti mais il se fait si bien l'écho des actuels propos de Ian Brossat dans l’interview qu’il a livré à 20Minutes, que nous avons décidé de vous le livrer ici. Nous ne doutons pas que Ian Brossat le lira en direct sur le blog pour peu qu’on lui envoie le lien. 

Auparavant, expliquons un peu de ce qu’est la TFPB. C’est la taxe foncière sur les propriétés bâties.

Les organismes de logement social bénéficient pour leurs logements sociaux situés en quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) d’un abattement de 30 % de leur taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB), impôt local dû par les propriétaires sur leur patrimoine. En contrepartie de cet abattement, d’une part les bailleurs doivent justifier qu’ils entretiennent leurs résidences de manière au moins équivalente à celles situées dans des quartiers non prioritaires et, d’autre part, s’engagent à mettre en œuvre des programmes d’actions supplémentaires ou renforcées pour améliorer la qualité du service rendu aux locataires et la qualité de vie dans les quartiers politique de la ville couverts par le dispositif.

Afin de répartir la charge financière, l’Etat accompagne les collectivités impliquées dans la politique de la ville, en compensant partiellement cet abattement à hauteur de 40 %.

Le courrier préparé et non expédié : 
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Objet : Restaurer la présence de gardiens habitant sur place dans l'habitat social.

Bonjour,

Nous suivons les tentatives concertées de la Ville et de la Préfecture pour redonner une image agréable au quartier Château Rouge et de la Goutte d'Or et de façon plus générale aux quartiers populaires. Nous faisons allusion à la ZSP élargie mais aussi aux « Tous mobilisés » ici et là.

Une caractéristique commune aux quartiers populaires est la présence de l'habitat social, souvent en grand nombre. Nous pensons que loin d’être, de façon irréversible, synonyme de causes potentielles de dysfonctionnements dans la vie sociale du quartier, comme souvent les habitants — ceux qui résident dans le parc privé ­— le pensent, on pourrait s'appuyer sur les immeubles sociaux pour regagner des zones de paix et de respect des règles de vie en commun, d'amélioration de l'environnement, pourquoi pas.

A condition que les bailleurs sociaux s'en mêlent. Et qui mieux que la ville de Paris, qui entretient une relation privilégiée avec eux, pourrait insuffler un air nouveau. Les organismes de logement social bénéficient pour leurs logements sociaux situés en quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) d’un abattement de 30 % de leur taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB), impôt local dû par les propriétaires sur leur patrimoine. En contrepartie,  ils s'engagent à un certain nombre de tâches et de missions. Une réunion en mairie du 18e a eu lieu en février dernier pour puiser des idées nouvelles auprès des habitants et définir les besoins qui pourraient entrer dans ce cadre.

Il nous semble que les immeubles sociaux ne sont plus systématiquement dotés de la présence d'un gardien. Impression à vérifier sans doute. Peut-être un souci économique d'externaliser les charges de nettoyage, de sortie des poubelles, de distribution du courrier, et de gardiennage, et peut-être encore un souhait d'exploiter au maximum la surface habitable en supprimant la loge ou l'appartement destiné à la famille du gardien. Des raisons économiques qui ne tiennent pas compte d'autres coûts, comme la dégradation des lieux ou de l’image.

Si cela se vérifie, on peut penser que c'est une décision à courte vue, car l'absence de gardien a pour conséquence de diminuer l'entretien régulier de l'immeuble, de ne pas veiller au respect strict des horaires du passage de la benne, de laisser parfois s'instaurer des relations difficiles entre les locataires, etc. Un cadre un peu plus rigoureux du respect des règles collectives, déjà au sein de l'immeuble, pourraient influencer les habitants et les engager à continuer à respecter ces mêmes règles à l'extérieur. Notamment les plus jeunes. Par ailleurs, l'image même de ces immeubles, souvent malmenés en façade, n'en serait que meilleure. Qui mieux que le gardien peut veiller à l'image de son immeuble ? 

Nous ne montrons pas du doigt les habitants de l'habitat social plus que ceux du parc privé. Pourtant si la Ville souhaite intervenir en sensibilisant les habitants des quartiers populaires au respect de leur environnement, c'est sur l'habitat social par l'intermédiaire des bailleurs sociaux qu'elle peut réellement agir. Il nous semble que réintégrer une famille de gardien dans chaque immeuble, avec son appartement, ses fonctions bien définies, sa formation préalable de qualité, serait un signe de reconquête de ces quartiers et d'amélioration de l'environnement. Surtout ne pas recourir à un homme seul avec des horaires de bureau, mais plutôt à une famille intégrée qui vit dans l'immeuble, dont les enfants fréquentent les écoles du quartier, en un mot, un concierge à l'ancienne. L'humain fait défaut dans ces immeubles. La concierge acariâtre telle qu’on la voit dans les films en noir et blanc avait les attributs requis pour faire respecter l’ordre et la bienséance ! (Essuyez vos pieds avant de monter !!)

Propreté des trottoirs, gestion de l'espace public plus citoyen, commerces alimentaires mieux contrôlés par les services de l'hygiène, horaires nocturnes des établissements délivrant de l'alcool plus surveillés... tout cela est en marche. Un effort du côté de l'habitat pourrait s'inscrire dans cet ensemble de mesures qui vont dans le bon sens, pour peu que la volonté politique ne faiblisse pas... mais qui demandent à être acceptées par tous, et même développées au niveau des familles de résidents de nos quartiers.
Pour finir, plus qu'un jardin partagé, qui peut aussi avoir son charme, une présence humaine permanente, bienveillante et rigoureuse nous semble être une priorité dans un immeuble.

Bien cordialement,
AB...
 

Paris 18e QPV.jpg 

Nous avons lu dans un relevé de réunion du Conseil citoyen de Paris 18 que 9 453 logements sociaux ont bénéficié de cette manne en 2017 pour un montant de 674 864 euros pour de petits travaux d’investissement, pour des actions de soutien au dynamisme local (??), de développement de projet collectif… Le dynamisme local et les projets collectifs sont des concepts un peu flous pour nous et nous ne saurons être beaucoup plus précis. Il serait intéressant, au demeurant, qu'il y ait un retour public sur les actions menées, transparence oblige. Notre position se rapproche davantage de celle de Ian Brossat qui a proposé l’assermentation d'une centaine d’inspecteurs pour qu’ils soutiennent l’action des gardiens quand ils sont présents dans un immeuble ou qu’ils exercent toute leur nouvelle autorité pour rappeler les règles du vivre ensemble, du respect de la propriété collective, et a fortiori de la propriété d’autrui, en fait celle du voisin ! de façon ferme et efficace… si cela peut se faire. 

Capture d’écran 2018-05-29 à 21.32.57.jpg

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