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En réponse à l'article du 13 novembre sur la promenade urbaine...

Nous souhaitons donner une suite à l'article du 13 novembre sur la promenade urbaine de Barbès à Stalingrad, au bas duquel les commentaires postés par des lecteurs nous semblent justes, légitimes.  Et pourtant...

Le projet de Promenade urbaine, quels que soient les responsables des idées, les concepteurs, l'équipe d'urbanistes ou de gestionnaires de la voirie, puis la qualité de leur mise en œuvre, il faut comprendre que le projet définitif et validé ne pourra satisfaire tout le monde. Nature en ville, respect du patrimoine, attrait pour les habitants ou les promeneurs, entretien de l'espace public. Autant d'aspirations qui ont un but commun, celui de sortir ce parcours sous viaduc de l'abandon où il se trouve.

Nous l'avons déjà dit ici, ce n'est pas un hasard si les migrants en quête d'un espace où se poser ont élu domicile au long de ce viaduc (à l'origine sur l'espace Eurovia sur le pont Saint-Ange); et pas, par exemple, dans les 14e ou 15e arrondissements à la frontière des 6e et 7e, sur la ligne 6 (Nation – Etoile) qui dispose du même viaduc, long de plus de 6 km et entrecoupé de nombreuses stations aériennes (plus d'une douzaine). La ligne 6 a d'ailleurs été appelée Ligne 2 Sud dans un premier temps. Mais elle n'a pas la même histoire, pas les mêmes peuplements.

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Crédits photos www.stephanecompoint.com

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La rue Caillé (18e) en septembre 2010 après destruction des immeubles insalubres.

Le territoire de notre ligne 2 Nord a son propre caractère. Situé à la marge de quartiers très populaires, parfois insalubres et en voie de ghéttoïsation comme l'était l'ilot Caillé  ou le pâté de maisons remplacé aujourd'hui par le Centre d'animation du 18e (rue Ph. de Girard, photo ci-dessous en août 2008), il ne peut soutenir la comparaison. Il a son histoire, son passé, et ses quartiers au nord du mur des Fermiers généraux, ont accueilli bien des misères, des migrations, des petites gens et des petits métiers, avant le début du 20e siècle et les transformations de la société apparues après la Grande Guerre.

rue Philippe de Girard

L'histoire de la Goutte d'or est peut-être la plus illustrée par des textes et des anecdotes (entre Emile Zola et 28rueAffre, vous avez le choix!), mais les autres quartiers le long du boulevard de La Chapelle avaient des caractéristiques assez similaires.

Toutefois, les immeubles les plus vétustes ont été détruits, laissant la place à des constructions modernes, pas toujours du goût du plus grand nombre. La Goutte d'or dans sa partie sud a été copieusement défigurée dans les années 1980 et 90. Mais, plus récemment, la Ville a tenté de conserver des petits immeubles anciens, des "dents creuses", et bien sûr a laissé en paix un certain nombre d'immeubles du 19e qui, eux, n'ont rien à envier à d'autres quartiers plus huppés.

En conséquence, n'oublions pas que si le patrimoine doit faire l'objet de tous les soins, si le viaduc doit être mis en valeur par des éclairages choisis, comme le suggère Didier, si la nature doit reprendre ses droits dans cet univers-là, il faut surtout que ce site retrouve une vie normale avec des commerces, des hommes et des femmes, qui font leurs courses, ou se promènent avec leurs enfants, vont au square ou travailler sans devoir jouer des coudes pour passer dans une foule compacte.... Il y a encore du pain sur la planche !

Quelle que soit votre opinion, essayez de nous la transmettre. Notre blog est lu par de nombreuses personnes, y compris certaines en charge du projet, ou qui y oeuvrent à différents titres, et vos idées ne tomberont pas dans un puits sans fond. Elles viendront grossir le panier commun.

Commentaires

  • Habitante de la place de la chapelle et lectrice assidue de votre blog je me permet de dire a quel point la place laissée a des commerçants sous ce viaduc sera capitale a mes yeux. Sans commerçants présents quotidiennement et qui auront a coeur de veiller a leurs commerces il y aura des degradations tres rapides au vu de notre contexte. Le reste a mes yeux est optionnel et affaire de goût. Si on veut changer les usages de ce viaduc et y faire venir femmes et enfants il faut des commercants de qualité et diversifiés.

  • @Camille : merci de ce commentaire court et oh combien raisonnable et juste ! Il faut réaliser que nous sommes dans une société très consommatrice de biens monnayables, on achète, on vend.. et dès que les boutiques, chics ou pas, ferment, tout le monde rentre chez soi.

  • Quelle vie sans imagination, triste et peu désirable dont vous faites la projection, peuplée de gens qui font leurs courses, vont au travail et se promènent ; "la vie normale avec des commerces". Il faudra ajouter beaucoup de pharmacies qui délivrent des antidépresseurs et beaucoup de publicités pour amoindrir l'horizon des désirs si on veut vivre dans le tableau moribond dépeint à la fin de l'article.

  • J'imagine qu'Olivier, doit avoir une vie trépidante, compte tenu de son commentaire plein de mépris pour les gens qu'au contraire de lui, travaille, fond de courses, etcétéra.

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