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Les migrants du boulevard de La Chapelle

L'actualité internationale s'invite aussi à Barbès ou plus exactement à quelques pas de Barbès, à La Chapelle. Le drame des centaines de migrants morts en Méditerranée nous renvoie directement à ceux qui ont trouvé refuge sous le viaduc du métro. Suivant certains articles de presse publiés ces derniers jours, ils seraient environ 600 à Paris et concentrés en deux endroits : sur les quais de la Seine près de la bibliothèque François Mitterrand et boulevard de La Chapelle.

Ces hommes (et quelques femmes maintenant) installés sous le viaduc attendent pour beaucoup de pouvoir se rendre en Grande Bretagne. Situation similaire à Calais dans une plus importante proportion. Et situation qu'on ne peut sûrement pas leur envier !

Le sujet a été évoqué lors des trois réunions sur le projet de Promenade Urbaine avec le Secrétariat Général de l'Hôtel de Ville et l'Atelier Parisien d'Urbanisme (APUR). Il a été également traité lors du Comité de Pilotage Barbès le 10 avril dernier.  La préfecture recherche actuellement des places d'hébergement d'urgence et Emmaüs a été mandaté par la Ville de Paris pour aider ces migrants dans leurs démarches, notamment s'ils souhaitent être demandeurs d'asile. Des toilettes ont  été installées, le lieu est nettoyé une fois par semaine. Les migrants reçoivent des aides pour les repas. Voilà la situation telle que nous la connaissons à ce jour.

Nous souhaitons évidemment que des solutions décentes d'hébergement soient rapidement mises en œuvre.

Il nous faut aussi aborder un sujet qui va certainement en fâcher certains. Pas mal de gens se plaignent de cette situation. Non pas tant pour les migrants qui, certes, font généralement  l'objet d'une remarque teintée d'empathie, mais surtout pour eux-mêmes car il est certain que la présence des migrants dans les conditions que nous connaissons est une dégradation des conditions de vie du quartier. Certains préconisent de les chasser de cet endroit, ce qui en réalité ne fait que repousser le problème un peu plus loin et ne résout rien. D'autant qu'il ne faudrait pas non plus nous exonérer trop rapidement de nos responsabilités en la matière. Ces migrants sont à la recherche de conditions de vie décentes qu'ils croient pouvoir trouver en Europe. Nous savons hélas que c'est un leurre. Eviter ces phénomènes migratoires sera difficile tant que nous n'aurons pas pris la mesure de ce qu'il faut faire dans les pays d'origine de ces migrants pour qu'ils y restent, c'est à dire tant que nous ne nous lancerons pas dans des politiques d'aide au développement efficaces. C'est la seule solution si nous voulons résoudre le problème. Hélas, nous pouvons déjà constaté que nous n'en prenons pas le chemin. Pas de réelle politique européenne d'aide au développement mais une étrange idée de détruire les bateaux des passeurs, comme si cela allait résoudre les problèmes. Pas d'efforts de la France qui a réduit de 20% en trois ans le budget de l'aide au développement.

La misère du monde existe et est à nos portes. Nous ne pouvons pas la supprimer d'un coup de baguette magique ou en la repoussant chez les voisins. Un peu d'humanité et de responsabilité ne nuisent pas.

oOo

Sur le sujet, voir l'interview de Jean Christophe Rufin (à 6mn15) 

 
 

Commentaires

  • Passage ce matin bd de la Chapelle. Des migrants installés pratiquement jusqu'au carrefour Tombouctou-Maubeuge. certains sur des matelas sans tente. Ai vu aussi une femme et deux jeunes enfants. La préfecture doit réagir.

  • Une autre solution beaucoup plus facile, logique économiquement et respectueuse, est simplement d'accepter de donner des papiers et un droit de travail à ces migrants, en France ou en Angleterre. Il est faux de croire que ce type d'immigration (des hommes jeunes très déterminés qui ont démontré un énorme courage pour réussir à venir camper sous nos fenêtres) est un fardeau. L'immigration nette en France est faible, et les réfugiés peu éduqués, mais très volontaires ont des tas de secteurs économiques où s'investir au bénéfice de tous si on accepte de les accompagner. Souvenons-nous qu'il y a quelques années ont a aidé des centaines de milliers de boat-people à venir en France et qu'ils ont parfaitement réussi à vivre chez nous.

  • "Pas de réelle politique européenne d'aide au développement" D'où sortez-vous cette affirmation tranchée ? Travaillant précisément dans ce domaine, je ne suis pas du tout d'accord avec vous. Il y a plusieurs instruments au niveau européen et une certaine coordination des politiques nationales d'aide au développement. En France, l'aide au développement passe par l'Agence Française de Développement ("AFD") qui travaille étroitement avec les instances de l'Union Européenne. Voir sur ce sujet :

    http://www.afd.fr/home/AFD/nospartenaires/cooperation-europeenne-afd

    C'est donc un argument étonnement péremptoire sur ce sujet, qui ne reflète pas la réalité de l'action française et européenne en matière d'aide au développement.

  • @Frédéric : si une réelle politique d'aide au développement existait, nous ne serions sans doute pas dans cette situation. Oui l'aide européenne existe, mais elle est très en deçà de ce qu'elle devrait être. L'Italie a préféré versé des milliards à Kadafi pour éviter les migrations à partir de Libye. Aujourd'hui l'UE préfère dépenser des millions à se protéger, incapable de définir un programme sérieux d'aide, ce qu'on pourrait nommer une "réelle politique européenne d'aide", seule solution au problème.

  • @Didier : il ne faut pas confondre l'impact de l'aide au développement, qui existe bel et bien (avec un objectif de le porter à 0.7 % du revenu des donneurs) et les conséquences dramatiques des chocs exogènes que sont les crises et les conflits (e.g. attaques terroristes, effondrement de certains pouvoirs autoritaires, conflits armés) sur les pays d'où sont originaires la plupart des nouveaux migrants.

    Il y a deux aspects à distinguer : d'une part, l'aide au développement, qui est une réalité et dont les efforts ont augmenté ces dernières décennies, et, d'autre part, la détérioration de la situation géopolitique de certains pays... La réponse que les pays européens doivent apporter, ne se résume pas seulement à l'aide au développement.

    Faire porter le chapeau de la situation actuelle à la politique d'aide au développement est bien simplificateur de la complexité du problème auquel sont confrontés non seulement les pays européens mais aussi, et en tout premier lieu, les pays d'origine de ces migrants.
    Il serait bon de ne pas tomber dans le travers de l'angélisme démagogique consistant à pointer du doigt la politique des pays de l'Union Européenne en l'accusant d'être la source de tous les maux pour ces drames migratoires.

  • @Frédéric : nos analyses divergent, c'est très clair. Pour moi, le phénomène migratoire est du à des raisons économiques pas politiques. Les différentes crises africaines sont dues au non développement des économies locales. C'est une migration de la misère, pas une migration politique. Pour s'en convaincre, il suffit de voir cette petite vidéo de témoignage http://dai.ly/x2o4viv

    J'interprète le "0.7% des revenus des donateurs" comme 0.7% du PIB de l'UE. 13 000 milliards de $ nous dit Wikipédia -> 0.7% = 91 milliards de $ et encore nous n'y sommes pas encore au 0.7. Pour mémoire, le budget de fonctionnement de l'UE c'est 1% du PIB de l'UE/ O.7 pour des centaines de millions de personnes VS. 1% pour quelques privilégiés, chercher l'erreur.

  • @Didier : nos analyses peuvent diverger. Mais le point important est qu'il existe une politique européenne d'aide au développement, avec une coordination des actions menées par les différentes institutions de l'Union Européenne et par ses pays membres, afin de poursuivre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). L'Union Européenne est le plus grand donateur dans le monde, avec plus de la moitié des aides internationales.

  • "D'autant qu'il ne faudrait pas non plus nous exonérer trop rapidement de nos responsabilités en la matière."
    pauvre con! je ne me sens nullement responsable de cette situation et si toi l'auteur de cette prose misérabiliste souhaite assumer une responsabilité , et bien fais le et épargne nous tes leçons de morale.

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