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  • Salle de conso : une réunion en mairie

    La mairie du 10e a annoncé la tenue d'une réunion à propos du projet de salle de consommation à moindre risque (SCMR). Ce sera le mardi 12 Avril à 19h30 comme l'indique la lettre adressée par la mairie du 10e aux habitants du quartier.

    Les prises de parole prévues sont le maire du 10e évidemment, la présidente de la Mildeca Danièle Jourdain-Meninger, les adjoints de la Maire de Paris Colombe Brossel (sécurité) et Bernard Jomier (santé), la directrice de Gaia-Paris Elisabeth Avril, sur le contenu du projet et son fonctionnement, le représentant de la Préfecture de police M. Boulanger, la responsable de l'INSERM chargée de la double évaluation, sanitaire et sociale pour les usagers et citoyenne pour les riverains Marie Jauffret-Roustide (voir notre article de juin 2014), la responsable du centre d'addictologie AP-HP de Fernand-Widal Florence Vorspran, pour les liens entre la SCMR et les structures déjà existantes, plus un grand nombre de responsables ou partenaires du projet  tels que l'Agence Régionale de Santé, la Ville de Paris, d'autres arrondissements, ...

    Le principe d'organisation sera comme les réunions précédentes de 2013 : des interventions de tribune, un 1er échange avec la salle, un retour en tribune pour les autres interventions, puis un 2ème échange avec la salle. En essayant de tenir sur deux heures, et d'avoir un équilibre global entre les interventions et les échanges avec la salle.

    La mairie du 10e reconduit donc le schéma de la réunion de 2013 dont on ne peut pas dire qu'elle avait été un succès. Cela est d'autant plus inquiétant que depuis cette date les esprits se sont considérablement échauffés comme en atteste, sur un autre sujet, la lamentable réunion tenue à Dauphine à propos de l'implantation d'un centre pour SDF dans le 16e (voir l'article de Libération sur le sujet).

    Alors, le dialogue est-il encore possible ? Nous avons déjà posé la question ici (voir notre article du 14 février dernier), ce qui nous a valu une volée de bois vert. Pour notre part, nous pensons que les esprits sont bloqués. On parle beaucoup de radicalisation en ce moment, et bien sur ce sujet (la SCMR) comme pour bien d'autres, celle-ci est à l'oeuvre et est mauvaise conseillère. Oui, l'ouverture de la SCMR pose des questions et, sans doute même, des problèmes. Personne ne le nie. Mais les postures adoptées par les opposants au projet, doublées d'une récupération politicienne, font que nous sommes dans une situation de blocage que, probablement, rien ne viendra changer tant que la preuve ne sera pas faite que cette SCMR n'est pas le diable qu'on veut en faire.

     

  • Salle de conso : pour répondre à l'inquiétude des habitants des rues Guy Patin et Ambroise Paré

    Une grande banderole barre désormais le balcon du 2e étage de l'immeuble d'angle quand les rues Guy Patin et Ambroise Paré se rencontrent et frôlent le Magenta. Nous avons beaucoup écrit sur cette placette dans le passé : pour dénoncer le non-respect des automobilistes qui empruntaient sans vergogne ce passage étroit réservé aux seules ambulances pendant longtemps, mais aussi pour décrire la végétalisation modeste de cet espace initié par le conseil de quartier il y a deux ou trois ans déjà.

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    Aujourd'hui c'est l'inquiétude qui semble dominer chez les habitants de ces deux rues résidentielles encadrant le sud et l'ouest de l'hôpital Lariboisière. Cela est dû au projet d'ouverture d'une salle de consommation à moindre risque (SCMR) qui devrait avoir lieu début 2016 au 9 rue Ambroise Paré, dans un bâtiment appartenant à l'APHP et intégré dans l'enceinte de l'hôpital. La direction de l'hôpital n'était pas favorable à cette intégration et ne l'a probablement acceptée que parce que le bâtiment s'ouvre sur la rue et non vers l'intérieur, ne partageant pas ainsi de parties communes avec d'autres services hospitaliers.

    La recherche d'un lieu ad hoc a été longue, les pré-requis sont nombreux et les oppositions ne le sont pas moins.

    La nécessité d'une salle de consommation à moindre risque dans le quartier remonte à plusieurs années. Les habitants demeurant entre la gare du Nord et la station de métro Barbès-Rochechouart connaissent la situation de la toxicomanie dans ce secteur, les plus anciens ont vu l'arrivée d'associations d'aides aux usagers de drogues et l'implantation de Caarud dans le 18e, notamment CT Coordination Toxicomanies et EGO Espoir Goutte d'Or.

    Relire nos articles sur le sujet publiés depuis plusieurs années permet de comprendre que le choix de cette implantation ne tombe pas du ciel, et qu'il ne s'est pas fait "dans le dos" des habitants.

    A défaut de concertation, il y a eu information et débats publics autour de la présence de la toxicomanie, notamment au sein des conseils de quartier, même si, de notre point de vue, cela n'a pas été à la hauteur de la demande des habitants.

    Voici quelques liens qui pourront vous aider à suivre la lente évolution du dossier, d'abord dans notre blog :
    - en octobre 2011, nous revenions sur le sujet de "l'errance entre les deux gares" traitée dans la réunion publique du conseil de quartier Lariboisière Saint-Vincent-de-Paul du printemps qui précédait, un euphémisme qui nommait sans le faire la présence de toxicomanes très précaires et justifiait aussi la participation d'un représentant d'un Caarud pour expliquer leur mission et le travail des équipes de rue. Lisez aussi dans cet article le témoignage d'une passante régulière qui décrit le lieu.
    - lors de notre Assemblée générale de 2010 — et oui ! déjà 5 ans... — nous avions initié le partage de l'information sur les drogues, leur présence dans nos quartiers, leur traitement social, en invitant des experts de la mairie et des associations oeuvrant dans ce domaine. Puis les choses ont évolué et depuis le rapport de l'INSERM de l'été 2010, il est devenu évident que les salles de consommation pouvaient apporter une aide aux plus précaires des usagers de drogue, améliorer le travail sur la réduction des risques liés aux injections, et rendre possible un dialogue avec des personnes très précaires, isolées et parfois vieillissantes aussi. Lien permanent
    - la Ville de Paris et le maire du 10e se sont intéressés à cette époque au projet de salle de consommation tel qu'il en existe dans d'autres pays voisins comme l'Allemagne, la Suisse, l'Espagne ou le Luxembourg pour ne citer que ceux-là. Nos articles sont nombreux sur ce sujet - voir ce lien - qui collecte nos parutions sur le thème.
    - attardez-vous sur l'article de juin 2014 qui explique l'intérêt de l'enquête confiée à l'INSERM par la Mission interministérielle de lutte contre les drogues, afin de tester l'acceptabilité au coeur du quartier, c'est ici -> Lien permanent

    La presse n'a pas été silencieuse non plus sur le sujet. Mentionnons le Journal du Dimanche sous la plume de Marie-Anne Kleider qui, en mars 2015, attendait que la loi autorise l'ouverture et n'hésitait pas à écrire que nous soutenions clairement le projet et aussi Politis, en février 2013, quand "Matignon a donné son feu vert". Ecoutez ce reportage diffusé le 17 décembre dernier sur Europe 1. Vous trouverez d'autres articles de presse parmi les nombreuses notes que nous avons consacré au sujet sur ce blog.

    Les associations actives dans le champ des drogues ont aussi mis la main à la pâte, déclinant chacune leurs connaissances du sujet :
    - Elisabeth Avril, directrice de Gaïa Paris, en 2012, dépeignait la situation et expliquait ce qu'est une salle de consommation à moindre risque dans la revue SWAPS.
    - en 2013, alors qu'on croyait proche l'ouverture de la SCMR, le site de la Fédération Addiction reprenait nos interviews du maire du 10e et de Gaïa sur le choix fait à l'époque (39 bd de la Chapelle) et abandonné depuis lors.

    Les débats organisés par des acteurs majeurs du secteur, par exemple le CRIPS en juin 2014, où nous intervenons pour porter notre vision de la situation - écoutez notre intervention ici - mais aussi sur des sites aussi improbables pour nous, petite association de quartier, que Turbulences de Marnes-la-Vallée soutenu par le Centre LGBT de Paris ÎdF...

    Tous ces liens sont là de nouveau pour vous aider à comprendre l'intérêt de cette salle de consommation, son intérêt humanitaire pour les usagers de drogues.  Aussi pour réaliser que son implantation n'est pas le fruit du hasard mais d'un besoin clairement identifié et localisé. Une salle d'injection surveillée, c'est renouer un dialogue avec les usagers de drogues tout en réduisant les risques liés à leurs pratiques. C'est aussi comprendre son intérêt pour la société et les habitants proches qui depuis des années les côtoient dans le quartier et souffrent des inconvénients découlant de leur présence, abandon de seringues, scènes d'injection à ciel ouvert et précipitées faute de lieu adéquat, marché illégal à proximité ou intrusion dans les halls d'immeuble...

    La loi Santé qui vient d'être votée au Parlement va fournir un cadre juridique permettant l'ouverture de SCMR en France. Outre Paris, Strasbourg vient également de décider d'en ouvrir une - voir ici.

    Pour Action Barbès, il est assez clair que l'implantation d'une salle d'injection supervisée dans le quartier est un élément qui peut permettre une amélioration de la vie quotidienne des habitants : moins voire plus de seringues dans la rue, moins voire plus de scènes de shoot en plein air, .... Nous ne sommes pas non plus insensibles à l'accompagnement qui sera proposé aux usagers de drogue qui sont souvent des personnes fragilisées. Les résultats positifs incontestables des expériences menées dans les pays voisins renforcent ce point de vue. Les craintes, voire les peurs, de certains sont compréhensibles. Il faut les écouter mais il faut aussi que la raison l'emporte sur les fantasmes. A cet égard, on peut quand même regretter que la mairie de Paris en coordination avec l'INSERM n'ait pas mis en place dans la durée un dispositif spécial d'information et de concertation qui aurait sans doute pu éviter la montée de ces peurs et donc la confrontation brutale à laquelle nous faisons face aujourd'hui.

     

  • Salle de conso : les dernières nouvelles

    Maintenant que la loi Santé a été votée par le Parlement, l'expérimentation des salles de consommation à moindre risque a son cadre juridique. Nous avons fait le point dans un article publié samedi dernier et le maire du 10e, Rémi Féraud, a participé hier à une émission de France Inter au cours de laquelle il a donné pas mal d'informations. Voici le lien :

  • Le tour de Lariboisière

    Comme souvent nous avons été contactés ces jours-ci par un journaliste désireux de collecter des avis d'habitants du quartier face à l'implantation d'une salle de consommation à moindre risque. Le projet est toujours d'actualité même si sa concrétisation tarde. Vous trouverez toutes les informations souhaitées dans notre blog sur plus de deux ans (cliquer ici) et notamment les causes du délai de la mise en place de ce dispositif que nous réclamons. Après notre association, il a l'intention de rencontrer les opposants au projet.

    Au terme d'une bonne demi-heure d'échanges avec ce jeune journaliste indépendant qui prépare un reportage de 10 minutes qu'il espère « placer » auprès de la rédaction de France Culture ou France Bleue, après une présentation succincte de la position de l'association, après l'affirmation que la salle peut améliorer les conditions de vie dans le quartier, tant des usagers de drogues eux-mêmes que des habitants, nous proposons un tour de l'hôpital.

     

    Rue Ambroise Paré : il est 17h30. La nuit est tombée mais le ciel est encore clair, les nuages sont éclairés par les rayons de soleil en altitude. Il n'y a pas foule dans la rue. Des employés de l'hôpital se hâtent vers l'entrée arrière de la gare du nord. Pas de file de taxis débordant sur la rue de Maubeuge. Aucune présence de toxicomanes autour de la sanisette. Quelques mots pour expliquer l'utilisation qui en est faite et le mécontentement des plus proches riverains (ceux de la résidence La Sablière); pour évoquer l'expérience de sa fermeture pendant une période, comme s'y était engagé le maire du 10e. Situation pire, des intrusions dans les halls d'immeubles, une augmentation des consommations de drogue en scènes ouvertes. Résultat : la sanisette fut ré-ouverte.

     

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    Rue de Maubeuge : nous montrons la fresque qui décore la sortie du parking Vinci Gare du Nord. Jolie. Cette déco a caché un temps la misère des toxicomanes qui procédaient à leur injection le plus vite possible, entre deux passages d'utilisateurs du parking. Puis, sans doute, les protestations trop nombreuses ont poussé la SNCF à faire poser de hautes grilles (voir photo ci-dessus). Nous les avons découvertes vendredi. De même nous avons découvert la dépose de la boite à seringues usagées fixée initialement au muret peint. (voir photo). Le recoin qui servait de parking privé et que les électriciens de la gare fréquentaient régulièrement — avec moult plaintes vis-à-vis des toxicomanes et des précaires regroupés là — a changé d'allure. La place est nette, limitée par de hautes grilles, elle aussi. (voir photo).

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    Nous quittons le côté gare pour le côté hôpital. La rue est encore en sens unique. Certaines sources nous disent qu'elle repasserait en double sens. Une fois de plus. Dans quel but ? Nous y reviendrons.

    Le jeune journaliste connaît l'association SAFE, qui gère les distributeurs de seringues, les entretient, les réapprovisionne. Chaque jour. Nous découvrons qu'un nouvel appareil a été récemment implanté un peu plus loin en remontant la rue (voir photo). L'emprise sur le trottoir n'a pas encore reçu sa couche de bitume. Il est rutilant, pas de graffiti, pas de marques. Nous insistons sur la nécessaire présence de ces automates qui délivrent gratuitement quelque 250 kits de deux seringues stériles chacun, chaque jour. Ils sont désormais trois dans le quartier, ces deux-ci et un troisième accoté au mur de l'hôpital qui donne sur le boulevard de La Chapelle.

     

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    Nous expliquons la demande de l'association pour que des récupérateurs de seringues côtoient les distributeurs. Demande jamais exhaussée parce que les agents de la Direction de la propreté et de l'eau (DPE- Propreté de Paris) ne doivent pas être soumis aux risques de contamination des virus HIV et hépatites. Seul le Smash ramasse les seringues souillées parce que son personnel est équipé de façon adéquate. Malgré cela, nous soulignons que les seringues ne sont pas si nombreuses à joncher le sol, soit les usagers ne les laissent pas toujours sur place, soit le ramassage est efficace. Nous en croiserons une plus loin au cours de notre promenade.

     

    Boulevard de La Chapelle : Sur le terre-plein central se trouve une sanisette, que nous « visitons » aussi ! Difficile d'ouvrir la porte. Le nettoyage est en cours.... C'est propre, en effet, mais des emballages de médicaments, des produits de substitution à l'héroïne, sont tassés au pied des parois. Ils ne passent pas les filtres dont est équipée la sanisette. Nous expliquons que les agents de JCDecaux vident quotidiennement le récupérateur d'eau usée qui se trouve dans la partie arrière de la sanisette et que celui-ci recueille des dizaines de seringues.

    Le troisième distributeur, celui du boulevard, est dans un triste état mais remplit correctement sa fonction (voir photo ci-dessous). Ce soir-là, les trottoirs sont plutôt propres, même les pieds d'arbres ne concentrent que quelques papiers mouillés. Il est encore tôt (17h50), la placette Caplat-Charbonnière ne fait pas le plein. Les événements violents qui ont occupé les esprits toute la journée ont un peu vidé les rues, peut-être. Difficile d'émettre un avis rationnel sur la question.

     

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    Quoi qu'il en soit, les vendeurs à la sauvette regroupés là, laisseront une quantité de mégots, de papiers et de cartons, ou encore de cellophanes et de blisters, emballages divers des « objets tombés du camion » qu'ils revendent. C'est le lieu de tous les deals, le bien nommé « marché aux voleurs », entre troc et convivialité...

     

    Enfin la rue Guy Patin : nous revenons à notre point de départ, en arpentant le dernier côté de notre quadrilatère. Au nord de la rue, une station Autolib'. Les voitures sont en charge. Pas trace d'une seringue égarée. Pas de présence non plus de toxicomanes. C'est pourtant dans les halls de ces immeubles, notamment, que parfois des intrusions ont été dénoncées. Pas ce soir. Tout un côté de la rue est bordé d'immeubles typiquement haussmanniens, cinq étages et des chambres de bonne tout en haut. Sur le modèle de ceux du boulevard de Magenta. Dans l'un deux, l'association Coordination toxicomanies est venue à l'automne faire une séance d'information à destination des habitants. Une façon de leur donner les bons réflexes s'ils croisent un usager de drogue, entre le portail et l'escalier, en train de s'injecter. Le moment de l'injection est très stressant pour l'homme qui a passé une partie de sa journée à collecter la somme qui va lui permettre d'acheter sa dose. Il faut rappeler ici que les usagers de drogue du quartier ne sont pas des consommateurs de coke qui en général se font livrer à domicile... Non, ici, on est chez les précaires, les très précaires, parfois sans domicile, et souvent étrangers. Il faut faire vite, ne pas être interrompu de préférence, ne pas rater la veine, ne pas l'endommager, ne pas perdre le produit... le stress total. Si quelqu'un entre et vient casser ce rite délicat, il dérange, il risque au mieux la mauvaise humeur du toxicomane, au pire une certaine violence. Il faut le savoir et agir en conséquence.

    L'hôpital occupe l'autre côté de la rue, et au 2 il héberge le centre du don du sang.

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    Derrière les grilles, tout est propre ou presque, juste quelques canettes font des tâches de couleur. Ce n'est pas toujours le cas. Au bout de la rue, arrivés près de la placette, nous découvrons une seringue usagée, ce sera la seule rencontrée malgré notre attention et nos regards scrutant les caniveaux. Le micro du journaliste pique la curiosité d'un homme sans âge qui nous adresse la parole : « Vous faites quoi ? » « — On parle dans le micro... Un reportage sur l'évolution du quartier », répondons-nous évasivement. L'homme est un usager de drogue, cela ne fait aucun doute. Il l'a d'ailleurs annoncé lui même à regret. Nous l'interrogeons sur la salle de conso. Ira-t-il quand elle sera en service ? Certainement pas. Il aime sa tranquillité. Il craint la promiscuité de ces endroits, l'agressivité des autres usagers à l'occasion. Pourtant il est familier des médiateurs de Gaïa qu'il connait, qu'il rencontre au camion, ou qu'il croise dans la rue. Il leur fait confiance. Nous lui expliquons qu'ils seront à la salle, qu'il pourra leur parler et que les conditions d'injection seront plus sereines. Rien n'y fait. Souhaitons qu'après l'ouverture, la salle fasse ses preuves, et que les avis changent.

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    Rien à voir avec notre marche exploratoire, mais nous constatons que le carrefour Chapelle-Tombouctou-Maubeuge n'a pas bénéficié de l'aménagement de voirie promis, qui aurait dû permettre aux automobilistes de revenir vers Barbès et son parking en sous-sol. Des adhérents nous demandent régulièrement pourquoi rien en bouge de ce point de vue et se lassent de devoir tourner à la place de La Chapelle... 

  • Salle de conso : opération ”portes ouvertes” pour GAIA

    paris,scmr,prévention,réduction-des-risques,salle-de-consommation,salle-de-consoL'association GAIA nous a ouvert ses portes au 39 boulevard de La Chapelle jeudi soir. Au risque de nous répéter, saluons ici les initiatives de cette association pour aller au devant du public et d'ainsi faire mieux comprendre non seulement ses activités mais la problématique liée à la réduction des risques pour les usagers de drogues.

    Action Barbès connait maintenant assez bien les personnes de GAIA. Nous avons eu ces derniers mois de nombreux contacts. Mais jeudi soir, outre les nouveaux locaux, nous avons pu aussi visiter les camions qui vont dans les quartiers de Paris, nous faire expliquer comment cela fonctionnait et poser tout un tas de questions.

    Avant de vous parler de la rencontre de jeudi soir, disons d'emblée que ce qui est frappant, c'est le grand professionnalisme des membres de GAIA. Leur savoir, leur expérience sont des facteurs déterminant la qualité des prestations qui seront délivrées dans la salle de consommation à moindre risque (SCMR). Et sur ce point, aucun doute n'est possible, le choix de GAIA est le bon.

    Nous vous avons déjà présenté les activités de GAIA. Jeudi soir était l'occasion d'approfondir un peu notre connaissance des problèmes liés à la toxicomanie, de bien comprendre que le terme toxicomanie ne se rapporte pas uniquement aux substances illicites mais aussi à l'alcool et que bien souvent les deux vont ensemble. De bien comprendre les ravages que ces substances (alcool et drogues) produisent sur la santé et en particulier le foie. De bien comprendre aussi ce qu'est l'addiction et que l'impact sur la santé de l'usage d'alcool et de drogues varie en fonction de chaque personne. De bien comprendre enfin que cet impact est fortement lié à l'environnement social de l'usager. C'est donc une problématique extrêmement complexe et encore une fois, GAIA maitrise parfaitement ce sujet.

    Au delà du public, assez nombreux quand même pour ce type d'événement, sont venus quelques élus du 10e, — hélas pas ceux du 18e, arrondissement pourtant tout aussi concerné, mais des élus, il est vrai, qui n'avaient pas été prévenus par GAIA —, une représentante de l'INSERM et quelques spécialistes du sujet. L'action Portes ouvertes était essentiellement tournée vers les habitants et riverains. 

    Au fil de la conversation, GAIA nous a informés que l'emplacement où se gare son bus rue de Maubeuge devrait être changé bientôt et que le nouvel emplacement pourrait être devant l'entrée de l'hôpital Lariboisière rue Ambroise Paré. A suivre.

     

  • Salle de conso : GAIA est installée boulevard de La Chapelle

    le 39.jpgOn vous l'avait annoncé début juillet (voir notre article), l'association GAIA est désormais installée au 39 boulevard de La Chapelle. Mais attention, en aucune manière cela ne correspond à l'ouverture de la salle de consommation de drogues à moindre risque (SCMR) !

    La logistique

    Après un grand nettoyage, les deux Algeco qui se trouvent sur les terrains de la SNCF derrière la gare du Nord ont été pris en charge par GAIA. Cela représente une surface de 70m2 en deux étages. L'installation n'est pas encore tout à fait terminée mais cela a déjà bonne allure comme le montrent ces quelques photos.

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    En arrivant par la rampe d'accès du 39 boulevard de La Chapelle

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    Une salle de réunion

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    Le bureau des responsables

    Lors de notre visite, manquaient encore le téléphone (l'indispensable WiFi était déjà en route), le branchement de l'eau. GAIA va aussi pouvoir y stocker un peu de matériel ce qui facilitera sa tâche puisque ses trois camions sont stationnés dans la cour.

    Où en est-on du projet ?

    Nous avons fait le point dans un article du 9 septembre dernier.

    Cette première visite au 39 boulevard de La Chapelle nous amène à nous poser la question de savoir si le lieu est le plus approprié pour l'installation de la SCMR ? Il est clair pour GAIA que le lieu idéal devra être aux alentours de l'hôpital Lariboisière. Sur une emprise de terrain de l'hôpital dans le cadre de sa prochaine restructuration sans que cette SCMR soit directement liée à la structure hospitalière ? GAIA semble être assez favorable à cette possibilité même si elle sait très bien que l'AP-HP est très opposée à cette configuration.

    A suivre !

     

  • Salle de conso : la Suisse en exemple

    Les Français se moquent souvent, certes gentiment, des Suisses pour leur lenteur, du genre "y a pas le feu au lac" ! Mais en matière de salles de consommation de drogues à moindre risque (SCMR), pas de doute, les Suisses sont beaucoup plus rapides que nous.

    Dans la mise en place de la SCMR prévue à Paris, le rôle de la police va être déterminant. Gageons que le gouvernement va mettre en place le contexte juridique approprié sur lequel la police nationale pourra s'appuyer dans ses interventions aux alentours de la salle d'injection supervisée. Mais reconnaissons la complexité de la situation. Pour illustrer cela, écoutons ce court interview de Christian Schneider, analyste à l'office fédéral suisse de la police, réalisé par le Groupement Romand d'Etude des Addictions (GREA), nous expliquer ce que doit être, dans la pratique, le rôle de la police en ce qui concerne la réduction des risques.

    Et décidément, les politiciens de Lausanne sont moins timorés que certains de leurs alter ego parisiens comme cet article publié dans le quotidien suisse Le Temps nous l'indique.