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  • Refusons les salles de shoot !

    La plate forme mondiale pour les Salles de Consommation à Moindre Risque (SCMR) nous a fait passer l'article ci-dessous. Sous une forme où se mêlent humour et provocation, il résume bien la situation telle que nous la vivons dans notre quartier.

    oOo

    Consommation de drogues et seringues usagées abandonnées dans des écoles maternelles, des parcs pour enfants, des cages d’escaliers, des caves, des locaux à vélos, des sanisettes et des bâtiments désaffectés qui laissent souvent apparaître un concentré de vie : sol recouvert de détritus, de morceaux de verre, d’emballages et bouchons de seringues, de seringues remplies de sang coagulé, de plaquettes de médicaments vides, de boîtes de bière extra-forte, de restes de nourriture, de papiers gras et d’emballages de restauration rapide, de cartons, de couvertures sales... Voilà à quoi ressemblent les salles de shoot !

     

    Alors OUI, refusons ces salles de shoot parce que ces conditions de vie d’hommes et de femmes sont inadmissibles et indignes d’une société moderne.

    Refusons ces salles de shoot parce que ce sont des lieux où tous les risques sanitaires et sociaux sont très élevés : infections par le VIH et les virus des hépatites, overdoses, dégradation de l’état de santé, anaphylactiques, phlébites, gangrènes, abcès, septicémies, candidoses, endocardites, problèmes pulmonaires, cutanés, digestifs et dentaires, fragilité psychologique, de santé psychique ou mentale, désocialisation, violence, petites délinquances… ;

    Refusons ces salles de shoot parce que ce terme cristallise un débat de santé publique et d’ordre public autour de la stigmatisation de la « tare morale » de l’usage de drogues par injection. Un débat qui engendre des réactions de peur, d’inquiétude et de rejet, qui sont elles-mêmes induites par des valeurs personnelles, des représentations, une méconnaissance, une imagination du « junky » obligatoirement sale, irresponsable, voleur, menteur, en marge de la cité… et empêchent toutes actions éthiques fondées sur un contrat social qui ne blâme pas les consommateurs de drogues ; un débat qui engendre des propos indignes de la part de certains hommes et femmes politiques qui, au lieu d’assumer leur rôle de responsable, afin d’améliorer la santé de leurs concitoyens, font obstacles aux soins de santé susceptibles de sauver la vie des personnes dépendantes, vivant dans la précarité.

    Refusons ces salles de shoot parce qu’il existe aujourd’hui, une solution pour améliorer les conditions de vie des usagers de drogues, mais aussi pour améliorer la paix sociale d’un quartier. Les salles de consommation à moindre risque ou plus exactement les structures d’accueil avec possibilité de consommer à moindre risque (dans notre jargon professionnel, SCMR). Ce dispositif expérimental, voulu par les professionnels de soins de santé intervenant dans le champ de l’addictologie et de la précarité, sont des lieux de soins de santé et de médiation sociale qui sont destinés aux consommateurs de drogues les plus précarisés.

    La pratique du terrain et les études scientifiques montrent les effets positifs de l'instauration de tels dispositifs : éviter la propagation du sida et des hépatites ; réduire les problèmes de santé découlant de la consommation de drogues et les coûts qui y sont associés ; rejoindre les usagers les plus marginalisés afin de leur offrir des services de santé, dont l’accès aux traitements de substitution, la désintoxication et l’accompagnement social ; éviter les surdoses mortelles ; réduire la consommation de drogues dans les lieux publics ; réduire la petite délinquance et réduire la présence de seringues usagées abandonnées. La question n’est donc pas d’être « pour ou contre les drogues », mais plutôt de savoir si nous sommes capables de nous interroger sur notre capacité à tolérer des toxicomanes dans notre société.

    Bien sûr, il y aura toujours un politique politicien ; une association cachant son incompétence par des coups médiatiques ; un comité national pseudo-scientifique ; un policier opposant santé publique et ordre public ; un « citoyen honnête » comme il se nomme, dépourvu de toute humanité ; un médecin « hyper-spécialisé » dont les seuls toxicomanes rencontrés étaient dans « Trainspotting » et même, un ex-« toxico » qui a réussi à se sortir de la drogue sans l’aide de personne… qui remettra en question les études scientifiques, ou qui argumentera son opposition en essayant de faire croire qu’il y aura un effet « pot de miel », d’incitation à la consommation et que ce sera la porte ouverte à la légalisation des drogues. Arguments qui ont déjà été soutenus en 1989, lors de la mise en place à titre expérimental des programmes d’échange de seringues (reconnus officiellement depuis 1995 dans le cadre de la politique de réduction des risques) et que plus personne ne remet en cause au vu de leurs résultats.

    Mais que proposent-ils ? Ne rien changer ? Et ainsi laisser les habitants d’un quartier avec ces nuisances quotidiennes ! La tolérance zéro pour les consommateurs ? Nous connaissons aujourd’hui l’échec de cette politique. De se dégager de toute responsabilité si une personne décède par overdose chez elle ou dans la rue ? De désintoxiquer les usagers ? Pour reprendre un propos imagé (et rectifié), « on ne lutte pas contre l’obésité d’une personne en lui interdisant de manger une barre de chocolat, mais en l’accompagnant, en la soutenant et en l’éduquant sur les bonnes valeurs alimentaires afin d’éviter les complications... ».

    Viser l’abstinence et la réinsertion des consommateurs de drogues est une démarche qui prend du temps. Pendant ce temps, autant faire le nécessaire pour que les pratiques de consommation soient les moins dommageables possible pour la personne elle-même et pour la société, en évitant qu’elle décède suite à une overdose, qu’elle se contamine par les virus du VIH et/ou des hépatites, qu’elle gangrène, quelle face un abcès ou une septicémie…, en diminuant les consommations sur les lieux publics ou semi-publics, en diminuant les troubles à l’ordre public et en permettant aux plus vulnérables d’accéder à des structures d’aide, d’accompagnement et de soins.

    Alors soyons tous contre les salles de shoot !

    Bernard BERTRAND

    Expert, Plate-forme Mondiale pour les SCMR

  • Salles de consommation à moindre risque : les preuves et la pratique

    La prochaine mise en place de la salle de consommation de drogues à moindre risque (SCMR) au 39 boulevard de La Chapelle fait l’objet d’une controverse que seule une approche rationnelle peut valablement résoudre. Les a priori, les principes et les postures politiciennes ne font pas avancer le débat. S’enfermer dans une logique uniquement répressive pour les questions liées à la drogue n’a jamais donné de résultats. Les trafics et les réseaux de trafiquants ont-ils disparu ces dernières décennies ? Non bien sûr. Le nier serait faire preuve d’une réelle mauvaise foi. Qui empoisonne aujourd’hui les cités Nord de Marseille si ce n’est le développement des mafias et de l’économie souterraine dont il y a fort à parier qu’aucune action de police ne viendra à bout. Faire respecter l’Etat de Droit est évidemment indispensable, la police et la justice sont là pour cela mais, concernant la drogue, ne faut-il pas y ajouter un accompagnement sanitaire des toxicomanes ? L'accompagnement des toxicomanes en grande précarité permet simplement de les extraire de l'espace public (notre intérêt en tant que résidents), tout en améliorant leur état sanitaire (dans l'intérêt général et leur intérêt en particulier).

    C’est donc une nouvelle approche de la question qu’il faut avoir. S’obstiner dans des politiques de répression coûteuses, inefficaces et même dangereuses par leurs effets secondaires (argent sale, criminalité, …) ne sert à rien.

    Action Barbès se propose de vous fournir régulièrement des informations sur le sujet afin que chacun puisse construire son opinion. Nous avons publié il y deux semaines une interview de Line Beauchesne traitant de la prohibition puis la semaine dernière un débat sur France Inter. Continuons ce travail.

    Le Consortium International sur les Politiques des Drogues (IDPC), réseau mondial pour un débat ouvert et objectif sur les politiques liées à la drogue, a publié en juin 2012 un intéressant rapport intitulé : Salles de consommation à moindre risque : les preuves et la pratique.

    Action Barbès a étudié ce rapport et vous en propose ci-après un petit résumé. Vous pouvez télécharger le rapport complet en cliquant ICI

    Le rapport est constitué de trois parties :

    - Les objectifs d’une SCMR et le contexte local des projets existants,
    - Les salles de consommation à moindre risque dans le monde : passage en revue détaillée des 8 pays qui ont lancé cette expérimentation avec conditions d’utilisation, profils des usagers et résultats,
    - Conclusions.

     

    Les objectifs d’une SCMR et le contexte local des projets existants

    L’IDPC définit les objectifs d’une SCMR ainsi :

    - améliorer l’accès aux services de santé pour les groupes d’usagers de drogues les plus vulnérables
    - améliorer leur état de santé et leur bien-être
    - contribuer à la sécurité et à la qualité de vie des communautés locales
    - réduire l’impact des espaces de consommation de drogues à ciel ouvert sur la communauté.

    Le contexte juridique dans lequel les projets ont été lancés varie bien évidemment d’un pays à l’autre et des lois ont du être votées pour permettre l’installation des SCMR. Le point crucial ici est la compatibilité entre la pénalisation de l’usage de drogues en général et son autorisation dans les SCMR. De façon assez générale, ce sont des structures locales, de proximité, qui gèrent ces projets, le cas le plus fréquent est celui de la prise en charge par une ONG. Il faut également noter que les Conventions internationales  sur le contrôle des drogues contraignent les pays ayant lancé des projets de SCMR et qu’une vraie bataille juridique à propos de l’interprétation des textes est en cours, notamment à l’ONU.

    « Les SCMR sont une façon innovante de réduire les risques liés aux drogues, tout en étant une approche controversée dans le cadre politique de lutte contre la drogue. Il est par conséquent primordial d’évaluer attentivement l’efficacité de ces établissements » nous dit l’IDPC dans son chapitre consacré aux arguments en faveur des SCMR.

    KPMG, l'un des 4 plus grands cabinets d’audit dans le monde, a publié en 2010 un rapport d’évaluation du projet australien dont voici les principaux éléments :

    Les SCMR ont eu un impact positif sur la réduction des overdoses,

    Les SCMR ont fonctionné comme un portail vers le traitement de la dépendance,

    Les SCMR ont réduit de manière significative les problèmes sécuritaires liés à l’usage de drogues à ciel ouvert et aux seringues usagées,

    Les SCMR ont contribué à une baisse du taux des nouvelles infections de VIH et d’hépatite C.

    L’Observatoire Européen des Drogues et des Toxicomanies (OEDT) a publié quant à lui deux rapports sur les SCMR, passant en revue les informations disponibles quant aux effets des SCMR. L’OEDT a conclu que :

    Les SCMR atteignent les groupes vulnérables et sont acceptés par les groupes cibles, les communautés et autres acteurs clés,

    Les SCMR aident à améliorer l’état de santé des usagers de drogues et réduisent les comportements à risque,

    Les SCMR peuvent réduire le nombre de décès par overdose,

    Les SCMR pourraient avoir un impact sur les taux d’infection au VIH et à l’hépatite C, bien qu’il soit nécessaire de fournir des preuves supplémentaires dans ce domaine,

    Les SCMR peuvent réduire la consommation de drogues à ciel ouvert et les problèmes qui en découlent, si elles font partie d’une stratégie locale globale.

     

    Les salles de consommation à moindre risque dans le monde : passage en revue détaillée des 8 pays qui ont lancé cette expérimentation avec conditions d’utilisation, profils des usagers et résultats.

    Les 8 pays concernés sont l’Australie, l’Allemagne, le Canada, l’Espagne, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas et la Suisse.

    Il n’est pas utile de reprendre l’ensemble des informations très complètes touchant chacun de ces pays.  Sont passés en revue les sujets suivants : situation politique actuelle, concepts et objectifs des SCMR, prestations de services, profil des clients, résultats, défis et prochaines étapes.  Ceux qui s’y intéressent peuvent se référer au rapport.

    Il convient de noter qu’aucun de ces projets n’a fait l’objet d’un rejet systématique des populations et que l’expérience semble montrer que l’ordre public n’a pas été affecté par l’installation d’une SCMR.

     

    Conclusions

    Le défi auquel sont confrontées les SCMR reste aujourd’hui leur acceptabilité par les populations, notamment celles directement concernées par l’implantation d’un projet dans leur environnement proche. Ne pas prendre en considération ce problème serait une grave erreur. Les expériences menées tendent à prouver qu’une bonne pédagogie du projet doublée de réelles mesures d’accompagnement pour le maintien de l’ordre public permettent de résoudre ce problème.

    Quant aux bénéfices sur le plan de la santé publique, personne ne les conteste plus aujourd’hui.


    Liens utiles :

    Civiliser les drogues

    International Network of Drug Consumption Rooms

    Global Platform for Drug Consumption

  • SCMR, l'expérience canadienne à Vancouver

    A l'occasion des 10 ans de l'ouverture du site de salle de consommation à moindre risque à Vancouver, Radio Canada a diffusé cette interview du docteur Brian Conway qui fait le point sur cette expérimentation. Très instructif. Décidément, beaucoup à apprendre de nos amis canadiens.

    Interview Radio Canada.JPG

    Cliquer sur l'image pour faire démarrer la vidéo

    Laissez passer les pub', la suite en vaut la peine.

  • Lutte contre la drogue et la toxicomanie : prévention des risques

    Le gouvernement a présenté il y a quelques jours son « Plan de lutte contre la drogue et les conduites addictives » pour 2013-2017. C’est le résultat du travail de la Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie (MILDT).

    Nous nous sommes intéressés au volet prévention des risques dans la perspective de l’installation de la salle de consommation à moindre risque (SCMR) dans notre quartier.

    « En matière de réduction des risques [l’] approche, fondée sur l’accompagnement des consommations pour en prévenir les pathologies associées, cohabite de façon assumée avec la pénalisation des consommations grâce, notamment, à une meilleure connaissance réciproque des pratiques professionnelles de tous les intervenants de proximité …. Il nous faut également mieux les insérer dans des pratiques de médiation sociale en direction des riverains des dispositifs concernés. » Voilà pour le cadre général.

    « Il nous faut également changer notre regard sur les consommateurs de produits stupéfiants, sans complaisance, mais avec compréhension. C’est un défi individuel, personnel, presque intime. Mais c’est à cette seule condition que nous parviendrons à développer des stratégies préventives et thérapeutiques adaptées intégrant l’insertion socioprofessionnelle, facteur clé de la réussite du traitement. A cette fin, les actions de médiation sociale, favorisant l’inscription des usagers des dispositifs de soins et d’accompagnement dans la vie de la cité, doivent être largement développées ». Voilà pour ce qui touche non seulement aux toxicomanes mais aussi notre regard sur eux.

    Ouvrir de nouvelles perspectives dans le domaine de la réduction des risques

    « Favoriser l’acceptabilité des actions de réduction des risques en accordant une place importante aux actions de médiation sociale au bénéfice des usagers et des habitants des zones de résidence concernées par les nuisances relevant de la consommation de drogues. Les habitants des quartiers et les élus qui les représentent doivent être associés aux activités relevant de la politique de réduction des risques. Les actions de réduction des risques doivent en effet coupler des objectifs de santé publique et des objectifs de tranquillité publique. »

    « Procéder à des expérimentations d’actions innovantes en expérimentant l’ouverture d’une salle de consommation à moindre risque à Paris dans un premier temps, puis dans une ou deux autres villes, sur la durée du plan. Ce dispositif, qui sera mis en œuvre sur la base des textes juridiques en cours de préparation, répond à un triple objectif, faire entrer les usagers de drogue dans un processus de soins (de substitution et de sevrage pour certains) et de réduction des risques, limiter les risques de surdose et d’infection, réduire les nuisances et troubles à l’ordre public. Un travail de médiation sociale précèdera et accompagnera les expérimentations. En parallèle, une évaluation scientifique sera conduite dès le démarrage de l’expérimentation. Un comité de suivi des expérimentations sera mis en place au niveau national et local. »

    Tels sont les objectifs du gouvernement en matière de prévention des risques par le biais des SCMR. Bien entendu, ce volet est loin de couvrir tous les aspects de la prévention des risques liés à l’usage de drogues.

    Même si l’accueil de ce plan a été mitigé du côté des associations spécialistes comme en témoigne le communiqué de presse de l’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Toxicomanie, une certaine satisfaction existe concernant les SCMR avec enfin une reconnaissance du rôle du voisinage. « Prometteur aussi, la volonté affichée de sortir la réduction des risques de son isolement, avec le développement de la médiation avec le voisinage, et la mise en place de formations communes pour les personnels de la police, de la justice et de la santé, en partenariat avec les associations de réduction des risques. » déclare le Réseau Français de Réduction des Risques. Même écho du côté de l’association AIDES qui se félicite de l’annonce de l’ouverture à terme de plusieurs SCMR en France après celle de Paris.

    Pour compléter votre information, vous pouvez lire l’article publié dans Le Monde « Drogue : le délicat équilibre entre prévention et répression » et télécharger le dossier « Drogue, chiffres clé 2013 » préparé par l’Observatoire Français des Drogues et Toxicomanie (OFDT).


    Télécharger
    :
    Plan de lutte contre la drogue et les conduites addictives » pour 2013-2017

  • Mais qu’est ce que le NIMBY ?

    Nimby.JPGUn étrange phénomène frappe nos villes et nos campagnes depuis quelques années ! Le syndrome NIMBY, c’est son petit nom.

    Les sociologues nous ont depuis longtemps expliqué le processus d’individualisation quasi forcené en place dans nos sociétés occidentales, grandement aidé par le développement des technologies qui donne à chacun une autonomie qui n’existait pas il y a quelques décennies encore. Sans aller jusqu’à penser que le vivre ensemble n’est plus d’actualité, reconnaissons que chacun aujourd’hui se préoccupe essentiellement et avant tout de lui-même et de son environnement familial plutôt que des autres.

    Phénomène NIMBY.

    Il touche tous les secteurs : l’implantation d’éoliennes, le passage d’une autoroute, la création de logements sociaux ou celle d’un centre d’insertion pour jeunes délinquants, ….. et puis bien sûr le projet de salle de consommation à moindre risque (SCMR).

    Si les questions et les appréhensions sont plus que légitimes, le phénomène ici relève plus de l’émotionnel que du rationnel. Tous les rapports touchant à l’ordre public, en clair la sécurité, concernant l’implantation des SCMR disent la même chose : non seulement il n’y a pas eu de problèmes mais une amélioration s’est produite dans certains cas.

    A cet égard, ce qui s’est passé à Bilbao est emblématique. Très hostile au départ à l’implantation d’une SCMR, les habitants, quelque temps plus tard, ont reconnu qu’il n’y avait pas de problèmes comme nous l’apprend cet article du Monde. Cela en dit long sur les évolutions possibles du voisinage de ces projets. Bien sûr, il faut que des engagements réels soient pris et respectés pour assurer le bon fonctionnement d’un tel projet.

     

    39 bd Chapelle.JPG


    Concernant le projet boulevard de La Chapelle, la Préfecture de Police a prévu 30 personnes en plus dans le 10e et un comité de suivi dont les associations de riverains feront partie sera mis en place. La Ville de Paris a dégagé un budget de fonctionnement. Encore faut-il que ces mesures soient pérennes. Il faudra être vigilant.

     

    Ah au fait NIMBY c’est "not in my backyard" en bon français, pas de çà chez moi !

  • SCMR : ce qui se passe à Barcelone

    L'Espagne compte plusieurs salles de consommation à moindre risque (SCMR). Il est intéressant de voir comment celle de Barcelone fonctionne pour avoir une idée précise du sujet.

    L'association Clémence Isaure s'est prononcée favorablement pour contribuer à l'évolution des possibilités de Réduction Des Risques et des dommages avec l'ouverture de salles de consommation supervisées.
    Une visite à Barcelone lui a permis de rencontrer des acteurs impliqués depuis 10 ans dans cette démarche. Ce film de 15' donne la parole à ces acteurs et a été présenté lors du premier séminaire de la Fédération Addiction et du Réseau Français de Réduction Des Risques le 11 janvier 2013

    Vous trouverez des informations complètes sur les SCMR en Espagne dans le rapport du Consortium International sur les Politiques des Drogues (pages 5, 13 et suivantes).

  • SCMR : ce qui se passe au Luxembourg

    Après Barcelone, partons au Luxembourg !

    RTL a consacré le 12 octobre dernier un reportage sur le projet Abrigado, une salle de consommation à moindre risque (SCMR) dans la ville de Luxembourg. Loin des clichés et des peurs irrationnelles, loin de ceux qui refusent de voir la réalité en face au nom de principes ou d'idéologies dont on voit aujourd'hui le désastreux résultat, le reportage nous dépeint les bénéfices d'une telle salle et de son acceptation par les habitants.

    En bonus avec l'article de RTL, un reportage de France24 sur ce qui se passe en Espagne, encore !

     

    Logo RTL.JPG

    Salles de shoot : au Luxembourg, plus personne ne conteste leur efficacité


  • SCMR : ce qui se passe au Canada

    Après l'Espagne et le Luxembourg, partons au Canada !

    Le projet Insite vient de célébrer ses 10 ans à Vancouver. Nos amis canadiens sont clairement en avance (ou disons plutôt que la France a pris beaucoup de retard) à propos du traitement réservé aux toxicomanes. Au centre de la démarche, cette belle phrase tirée de la présentation ci dessous :

    "Au centre du cheminement de la personne dépendante vers la guérison, se trouve la quête de la personnalisation, de l’espoir dans l’avenir et d’un besoin fondamental d’être reconnue pour sa juste valeur en tant que personne".

    Voici donc une courte présentation du projet Insite accompagnée d'une vidéo.

     

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    Cliquez sur l'image pour accéder à la présentation

     

  • Drogues : réduction des risques & Droit

    En Octobre, le Conseil d'Etat a donné un avis défavorable au projet de Décret préparé par le gouvernement mettant en place le contexte juridique pour l'ouverture d'une salle de consommation à moindre risque boulevard de La Chapelle, le jugeant non conforme à la Loi de 1970 (voir notre article du 13 octobre dernier). Le contexte juridique à mettre en place pour que le projet de salle de consommation à moindre risque voit le jour passera donc par une modification, en fait une mise à jour de la Loi largement obsolète de 1970.

    Dans le cadre de la troisième édition du séminaire sur la réduction des risques organisé par la Fédération Addiction et le Réseau Français de la Réduction des risques, le Professeur Yann Bisiou, maître de conférence à l’université Paul Valery (Montpellier III) est intervenu à la tribune sur le thème : Esprit des lois et accompagnement des consommations. Il nous explique son étonnement devant la décision du Conseil d'Etat qui conserve une approche restrictive des choses, nous en explique leur complexité notamment due à l'évolution des usages de drogues ces 20 dernières années et fait un état des lieux du Droit en matière de toxicomanie et de santé publique.

    Certes la vidéo dure 45mn mais cette présentation à l'avantage de bien cerner les problèmes juridiques à résoudre dans le cadre du projet du boulevard de La Chapelle.

    seminaire reduction des risques.JPG

    Cliquez sur la photo pour lancer la vidéo sur Dailymotion


     

    Esprit des lois.JPG

    Cliquez sur l'image pour télécharger la présentation (fichier PDF)

  • Drogues et prohibition

    L'article publié dans Le Parisien d'hier nous annonçant l'ouverture de la Salle de Consommation à Moindre Risque (SCMR) pour novembre prochain ne dit pas grand-chose sur sa future installation prévue depuis des mois le long des voies de la gare du Nord en contrebas du boulevard de la Chapelle. Contrairement au Parisien, nous continuons à nommer ce local une "salle de conso" (cf. notre article du 23 juillet dernier) et non une "salle de shoot", qui en soi révèle le regard négatif qu'on porte sur cette expérience. Plus, nous continuons à informer. En témoigne la vidéo découverte sur la toile tout récemment.

    Cela nous vient du Canada ! Et c'est une interview qui remet les choses à leur place. Line Beauchesne est professeure titulaire au Département de criminologie de l'Université d'Ottawa. Elle étudie la prohibition depuis 20 ans. De cette politique des drogues, elle dresse trois constats : l'inutilité, la nuisance et le gaspillage. Inutile, d'abord, parce qu'interdire n'élimine aucunement l'accessibilité des produits illicites. Nuisible, ensuite, parce que la prohibition oblige l'argent à suivre la voie des marchés noirs ce qui renforce le pouvoir des mafias dont les réseaux sont maintenant mondialisés. Gaspillage, enfin, parce que 95 % des ressources publiques investies vont à la répression plutôt qu'au traitement et à la prévention. L'échec est donc total : éliminer la drogue est une utopie et les moyens mis de l'avant ne font qu'empirer la situation.

    "Ce qu'il faut comprendre, c'est que la prohibition des drogues n'a rien à voir avec des questions de santé publique". Le ton est donné et les explications argumentées suivent. La vidéo dure 53 minutes. Oui, c'est long. Mais ce n'est pas trop pour y voir clair en pensant au projet de la SCMR.

    Non, l'interdiction et la répression n'ont pas réglé le problème de la consommation de drogues. Ayons le courage de regarder cette question bien en face, abordons la d'une manière intelligente et pas en fonction de principes qui ne font qu'aggraver les choses.

     

    Le livre :

    Les drogues : les coûts cachés de la prohibition

    Par Line Beauchesne

  • On parle d'économie de la drogue sur France Inter

    C'était vendredi dernier sur France Inter dans la tranche 7/9 de Patrick Cohen, vous l'avez peut-être entendu ou peut-être pas, aussi nous vous le proposons ici sur notre blog. 

    Dans la vidéo ci-dessous, on peut entendre Stéphane Gatignon, maire de Sevran (93) et le journaliste Jérôme Pierrat,  qui s'apprête à publier Parrains de cité, Enquête chez les millionnaires du cannabis.


    L'invité de 8h20 : L'économie de la drogue par franceinter

    Nous retiendrons qu'il faut quadriller certains territoires, selon Stéphane Gatignon, si l'on veut que les habitants puissent y retrouver une vie quotidienne apaisée. Tout en sachant que les problèmes se déplacent. On handicape le business là, jusqu'à 18 heures au mieux, puis on le retrouve un peu plus loin. Démonter une filière prend du temps... et beaucoup de moyens. La distribution de la drogue, du cannabis en particulier, suit le même chemin que les produits de la grande distribution mais de façon occulte. 

    Avons-nous les moyens actuellement de faire obstacle à cette économie illicite mais fructueuse pour certains ? A condition qu'ils vivent assez longtemps....

    Dans notre quartier, l'ouverture de la salle de consommation à moindre risque aiguise les tensions, elle crée des angoisses et exacerbe le sentiment d'insécurité. Mais le maire du 10e a été très clair: il a soutenu la création et l'expérimentation de cette SCMR dans son arrondissement parce qu'il avait eu la confirmation qu'une brigade renforcée de policiers serait allouée à ce secteur. C'est en cours, nous en avons eu la confirmation ces jours-ci. Les premiers travaux sur les lieux d'installation ont commencé. On fait de la place. 

  • Pas de pause estivale pour la Prévention et la Réduction des Risques !

    Dans la série de nos Cartes Postales de cet été 2013, en voici une nouvelle envoyée depuis les plages de la Gironde et axée "Santé et Prévention" !

    Le long week-end du 15 août est passé, mais les plages du sud-ouest sont en effet encore bien chargées.

    vacances,santé,prévention,réduction-risques,aides,vihSur l'un des parkings de ces plages, nous avons rencontré une équipe d'AIDES, première association en France luttant contre le VIH, le Sida et les hépatites virales, et fondée en 1984. 

    L'équipe locale, composée de 2 salariés et de 3 volontaires, était venue de l'antenne AIDES de Bordeaux, à la rencontre des vacanciers sur plusieurs sites de la région. A leur programme pendant cette semaine : 3 jours sur le site des plages du village du Porge, avec nuitées au camping, pour assurer une présence quasi continue en journée.


    AIDES, un acteur incontournable de la Réduction des Risques

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    Nous avons remarqué cette équipe d'AIDES Gironde tout d'abord par sa camionnette, installée sur le parking des plages, arborant le logo de l'association , avec la porte grande ouverte aux passants.

    Ce véhicule nous a donc fait penser à celui de l'association Gaïa Paris que nous avons l'habitude de voir stationner dans nos quartiers, dans le cadre de ses maraudes pour la prévention des risques liés à la toxicomanie, comme sur la photo ci-dessous prise un soir de juillet dernier devant la Gare de l'Est.

    vacances,santé,prévention,réduction-risques,aides,vihSur notre blog, nous avons déjà longuement parlé de Gaïa Paris, association fondée et soutenue par Médecins du Monde, qui gèrera la prochaine Salle de Consommation à Moindre Risque ("SCMR") dans le 10e. Nous y avons aussi largement exposé les raisons pour lesquelles nous soutenons l'ouverture d'une SCMR; elle nous paraît être la suite logique des politiques de réduction des risques mises en oeuvre en matière de toxicomanie. Il faut rappeler que ces programmes ont été initialement développés pour limiter la transmission des infections (VIH, hépatites VHC) chez les usagers-injecteurs de drogues, quand le Sida est apparu et a entraîné une très forte mortalité parmi eux.

    Contribuant à la politique de santé publique, les actions de terrain d'AIDES et de Gaïa Paris ont donc le même objectif. Dès lors, nous avons souhaité vous faire découvrir cette présence d'AIDES, dans un cadre local de prévention et réduction des risques, sur des lieux de vacances ou festifs — ici ce sont les plages, comme en Aquitaine, mais aussi dans des festivals et des lieux de rencontre — ou également de façon pérenne en milieu urbain dans les commerces fréquentés par les migrants, les quartiers/rues où sont localisés des usagers de drogue, les établissements pénitentiaires, etc.

    Les actions d'AIDES ciblent différentes populations, vulnérables (exposées au VIH et aux hépatites, telles les personnes homosexuelles, les femmes, les immigrants et étrangers, les consommateurs de produits psycho-actifs, les détenus) et le grand public.

    Ses missions sociales ne se limitent pas à la prévention, mais comprennent aussi des programmes d'accompagnement et de soutien (insertion sociale et amélioration des conditions de vie), des actions auprès des pouvoirs publics et des autorités de santé (via son plaidoyer pour la défense des malades et l'accès aux soins, etc.), et même un pôle de recherche, d'innovation et d'expérimentation. L'association AIDES met également son expérience, acquise sur le terrain en France depuis près de 30 ans, au service d'associations en Afrique.

    Nous ne pouvions donc pas rester indifférents à l'action d'AIDES, car cette association est fortement impliquée dans toutes les problématiques liées à la réduction des risques en matière de toxicomanie, sur les thématiques que nous avons plusieurs fois évoquées dans nos précédents articles. (voir nos articles sur le sujet)

    Par exemple, AIDES gère un certain nombre de Centres d'Accueil et d'Accompagnement à Réduction des Risques pour Usagers de Drogues ("CAARUD" qui sont des établissements médico-sociaux établis par le décret n°2005-1606 du 19 décembre 2005 et détaillés par la circulaire DGS n°2006-01 du 2 janvier 2006). A ce titre, AIDES a ouvert 2 CAARUD à Paris, dont un nouvel établissement au début de cette année dans le 2e arrondissement.


    AIDES ouvre un nouveau CAARUD à Paris - 2 par AIDES-association


    Par ailleurs, le 4 février dernier, AIDES a été co-signataire, aux côtés des autres acteurs du Réseau Français de Réduction des Risques (créé à l'initiative de Pierre Chappard en 2011), de Médecins du Monde et d'autres associations, d'un Communiqué de Presse demandant au Premier Ministre Jean-Marc Ayrault de tenir la promesse d'ouverture de Salles de Consommation à Moindre Risque expérimentales en France... Et, depuis lors, les choses avancent avec l'ouverture programmée de la première SCMR à l'automne prochain.     


    L'exemple concret d'action de proximité en matière de prévention sur les plages 

    Retour sur le littoral Aquitain, et sur cette action estivale spécifique qui a retenu notre attention... L'équipe d'AIDES s'est donc déployée à plusieurs endroits sur le vaste site de la plage.

    Sur le parking, la camionnette aux couleurs de l'association offre la possibilité d'un dépistage du VIH, rapide, anonyme et gratuit, au bout du doigt ("TROD" ou Test de dépistage Rapide à Orientation Diagnostique du VIH au bout du doigt, fiable à 3 mois après une exposition au risque, avec un résultat en moins de 30 minutes, que les militants d'AIDES peuvent officiellement pratiquer depuis l'arrêté du 9 novembre 2010).


    vacances,santé,prévention,réduction-risques,aides,vihUn peu plus loin, à l'entrée du chemin d'accès aux plages, une tente-pavillon est disposée et un militant est disponible, devant une table où sont présentés différentes documentations, des livrets d'information voire  du matériel de prévention. 

    L'objectif est d'établir un contact avec les passants et différents types de public potentiel, puis échanger, informer, orienter (comme proposer un dépistage etc.) avec une approche toujours basée sur la confiance et la confidentialité, sans jugement, sans discours moralisateur, et dans le respect de l'identité de chacun, et ce, pour présenter toutes les possibilités permettant de réduire les risques et de protéger sa santé. 


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    Sur la plage également, deux ou trois militants sont bien visibles avec leur présence affichée par deux drapeaux plantés dans le sable et où figure le logo d'AIDES. Mais les militants présents ne restent pas statiques sur leurs serviettes, ils s'activent et vont au devant des estivants. 

    Le but est toujours de dialoguer avec ceux qui ne fréquentent pas les locaux associatifs ou communautaires, ceux qui ne se pensent pas être dans la cible de l'association ou ceux qui pensent se protéger suffisamment pour ne pas se considérer comme faisant partie des populations classiquement vulnérables.

    Et pour cela, les militants d'AIDES disposent de guides d'entretien individuel, qui leur permettent de "briser la glace" avec leurs interlocuteurs et d'amorcer un échange convivial sur des sujets variés et au choix de la personne interrogée (comme le principe des autotests de dépistage bientôt disponibles en France, ou des questions plus médicales telles la charge virale, des sujets sociétaux tels les discriminations, ou plus intimes, etc.). 

    Pour compléter le panel des possibilités d'échanges avec les vacanciers, les militants organisent à la sortie des plages un apéro-discussion en petit groupe entre 19h et 20h30 pour clore leur journée d'action sur la plage. Ces entretiens individuels et ces moments de prise de parole collective des estivants, avec une écoute de la part des militants, sont importants pour l'association AIDES : ils lui permettent de construire ces savoirs et ces savoir-faire, qui sont diffusés ensuite dans un objectif de partage d'expérience et d'information.

    Et comme l'association AIDES est marquée par un engagement très fort de plusieurs centaines de militants qui constituent son capital humain, nous nous devions de vous présenter les 5 militants qui nous ont fait découvrir leurs actions de prévention menées sur cette plage de la Gironde :

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    Sur la photo, de gauche à droite : Morgane, Anthony, Jean-Claude, Mathilde et Raphaël.

    L'engagement des militants sur le terrain est indispensable aux diverses actions menées par AIDES. A l'instar de la diversité des profils qui fait la réputation de l'association au niveau national, notre petite équipe d'Aides Gironde était constituée de 2 permanents (salariés) et 3 volontaires (bénévoles), avec des anciennetés d'engagement associatif variant entre 12 ans et quelques mois, et des modes de vie différents. A noter qu'avec cette variété de profils issus d'horizons divers, la formation (théorique et pratique) permet une transmission des connaissances parmi les militants pour assurer l'efficacité des missions et leur permettre de mieux s'impliquer.

    Un bel exemple d'engagement, au coeur de l'été, sur des questions qui ne nous ont pas laissés indifférents, et qui nous ont conduits à nous engager en faveur de l'ouverture de la Salle de Consommation à Moindre Risque dans nos quartiers (voir nos articles sur cette SCMR).