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Salle de consommation: réunion en présence du préfet

Pour cette 8ème réunion du comité de voisinage de la Scmr, le 19 décembre, le préfet s'était invité à la dernière minute. Un lien avec la réunion de la veille sur la sécurité dans le 18e où la salle de consommation avait été évoquée ? Possible... Une présence politique très probablement. Il était donc intéressant d'entendre son point de vue.

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Il a insisté sur la pertinence de la Scmr, outil de santé publique et a fait part du bilan qu'on lui avait précédemment communiqué (nombres de passages d'usagers, contrôles policiers, interpellations...). Il  est allé sur le terrain, a évalué la situation, discuté avec les riverains, ce qu'il lui a fait dire : " doit-on ignorer le fait que la présence de la salle pose des difficultés ? Non, elles sont réelles, on ne peut pas les contester ". Il a rappelé que la consommation de produits n'est autorisée qu'à l'intérieur de la salle. En matière de détention de stupéfiants, on autorise la détention de 2 grammes d’héroïne ou de cocaïne aux abords de la salle. Le préfet souhaiterait améliorer la réactivité policière notamment avec la vidéo protection.


L'avis des associations et collectifs

Si on voulait se contenter de résumer, nous pourrions dire qu'il n'y a pas unanimité. Le collectif Riverains Lariboisière Gare du Nord qui dénonce depuis des mois la dégradation du quartier a redemandé le déplacement de la salle. L'association Vivre gares du Nord et Est a parlé de mesures correctives urgentes à mettre en oeuvre et de la nécessité d'un nettoyage soutenu des rues du secteur. La représentante du collectif de parents des écoles Bossuet et Belzunce a fait une intervention appréciée sans nier les problèmes, mais en rappelant que les scènes de consommation étaient déjà présentes avant l'ouverture de la salle. "L'ambiance du quartier a changé, il y a des tensions, du ressentiment et le rejet de l'autre avec le risque que les usagers réagissent avec violence. Ce sont les usagers qui auront le plus à perdre si la situation ne s'améliore pas. Il faut faire rimer santé publique et tranquillité publique" a-t-elle conclu. Le collectif demande comme Action Barbès l'ouverture d'autres Scmr.


Le point sur la salle

"Vous voulez des chiffres, mais certains contestent nos chiffres !" a commencé Elisabeth Avril, médecin de Gaia. Il y a actuellement 886 personnes inscrites à la salle. (Avant son ouverture, 2800 personnes étaient connues pour venir régulièrement dans le car de Gaia, stationné rue de Maubeuge puis rue Guy Patin dans les derniers temps). On compte une vingtaine d'hospitalisations par mois dont la moitié pour des problèmes somatiques très lourds. Les maraudes de 3h sont quotidiennes.

E. Avril a rappelé, une fois de plus, que les usagers qui posent le plus de problèmes en terme de nuisances pour les riverains ont très souvent des troubles psychiatriques. Par ailleurs, beaucoup sont sans domicile fixe particulièrement les consommateurs de crack (entre 11000 et 20000 usagers dont une très grande majorité en Ile-de-France). Des hébergements de jour et de nuit seraient nécessaires. Elle n'a pas nié les problèmes mais souhaiterait un débat plus constructif et des propositions pour améliorer la situation.

L'équipe de Gaia a fait un point sur les maraudes qui ont été renforcées ( 7 jours sur 7 et 3h par jour). Certaines sont effectuées avec des usagers, c'est le côté pédagogique. Mais pour les autres maraudes, on ne peut pas contraindre un usager à venir dans la salle ; il faut d'abord établir une relation de confiance avec lui. C'est la condition indispensable.


Quelles pistes pour avancer ?

Que ce soit la mairie du 10e, la députée de la 5ème circonscription Elise Fajgeles, Delphine Vilain, responsable à l'Agence régionale de santé (ARS) ou encore Olivier André de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca), tous s'accordent à dire qu'il faut mettre en oeuvre d'autres dispositifs avec des larges ouvertures horaires. L'ARS mène actuellement une réflexion sur d'autres espaces d'injection (inhalation et injections) sur Paris et notamment en Seine Saint-Denis. De son côté, la Mildeca travaille sur le phénomène du crack. L'hébergement est aussi un point essentiel. Seule Deborah Pawlik, élue LR du 10e, persiste à demander la fermeture de la structure de la rue Paré.

La prochaine réunion devrait se tenir en mars. Le préfet ne s'interdit pas de revenir et souhaite un climat plus apaisé et plus constructif. Il a prévenu : " Ca ne sert à rien de faire le procès de la salle, un bien nécessaire pour la santé publique. Il faut tourner cette page " .

Pour plus d'informations, vous pouvez retrouver les CR des réunions sur le site de la mairie du 10e.

Commentaires

  • Merci pour ce compte-rendu. Je n'ai malheureusement pas pu être là cette fois-ci. Une question, entre autres, me semble plus que délicate : la demande d'extension des horaires. Pour moi c'est une ouverture 24h/24 qu'il faudrait. Ou rien dans pareil quartier pour une population d'usagers SDF. Et je le répète depuis le début : il fallait penser avant l'ouverture la question de l'hébergement - que l'on paie aujourd'hui en usagers qui restent aux alentours et dorment dans nos halls, escaliers de parkings & stagnent aux abords de la salle.
    Quant à la La représentante du collectif de parents des écoles Bossuet et Belsunce, je me permets de souligner qu'elle n'habite pas la rue de la salle. Moi aussi, si j'habitais bd Magenta plutôt qu'Ambroise Paré, je trouverais sûrement plein d'avantages là où aux abords directs, il n'y a QUE désavantages réels, subis et contre lesquels RIEN n'est fait depuis plus d'un an maintenant.
    Qu'en est-il de la fermeture des accès aux escaliers de parking Indigo devant l'épicerie, salle de shoot bis même quand l'officielle est ouverte ? On attend toujours cela aussi.
    Bonne année malgré tout à vous.

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