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agression visuelle

  • Publicité dans l'espace public : il y a urgence à s'exprimer

    Nous revenons sur ce thème 48 heures après le premier article, car celui-ci n'était pas assez clair. Or il y a urgence. Un de nos lecteurs nous le rappelait très brièvement ainsi :

    S'exprimer avant le 17 mars !

    Le gouvernement vient de rendre public un projet de décret qui va réglementer l’affichage publicitaire. Les afficheurs dénoncent les restrictions que pourraient contenir le décret, quand les associations soucieuses de l'environnement crient au scandale  devant les ouvertures de la future réglementation. La polémique enfle. Alors qu’un débat sur la place de la publicité dans nos villes et campagnes est demandé depuis de très nombreuses années, alors que la loi Grenelle II a permis aux afficheurs d’obtenir une loi plus permissive leur permettant d’implanter toujours plus de dispositifs, le gouvernement lance un appel à consultation autour de ce document.

    Globalement, ce texte comporte plusieurs problèmes majeurs :
    - on ne change pas la taille maximum des panneaux. La norme sera toujours le fameux 4x3, scellé au sol ou apposé sur un mur
    - une rédaction alambiquée va permettre d’introduire les panneaux 4x3 ou des publicités lumineuses dans de nombreux petits hameaux de campagne.
    - les nouveaux écrans numériques ne sont clairement pas assez encadrés, nous allons bientôt voir fleurir des écrans de télévision de 2,5 m² dans nos rues

    Tous les documents se trouvent sur le site du ministère de l’Environnement à cette adresse.

    Vous avez jusqu’au 17 mars pour faire parvenir vos remarques aux deux adresses électroniques suivantes :
    - aude.leday-jacquet[a]developpement-du...
    - david.romieux[a]developpement-durable...

    pour plus d'infos : Collectif des Déboulonneurs : http://www.deboulonneurs.org/articl...
    - Paysages de France : http://www.paysagesdefrance.org/spi...
    - Résistance à l’Agression Publicitaire : http://antipub.org/spip.php?article203

  • Pub', pub' et encore pub'

    Un article lu dans le Nouvel Obs en ligne nous permet de reprendre notre article sur la publicité envahissante en ville, paru dans le dernier numéro du bulletin d'informations d'Action Barbès (voir la marge de droite, N° 24).

    Il s’agissait, cette fois, d’une action du collectif anti-pub des Déboulonneurs de Paris. Voyez la courte vidéo qui relate l’interpellation de quelques uns de ses membres devant un kiosque de la Ville, sur le parvis de la Gare Montparnasse, vendredi 25 juin.


    Dans l'article de notre journal, Charlotte Nenner, élue du 10e dans la précédente mandature et présidente de l'association Résistance à l'agression publicitaire,  dénonçait la faiblesse des autorités municipales qui ont cédé aux requêtes des publicitaires et au lobbying des marques toujours en quête de nouvelles surfaces de communication. Elles sont là dans leur rôle. En revanche, la Ville se doit, dans un premier temps, de fixer les règles et ensuite de se donner les moyens de les faire respecter. Mais, c'est une autre affaire, particulièrement en temps de réduction budgétaire.

    Il semble que le sujet revienne sur le devant de la scène. Pas plus tard que jeudi dernier, dans la presse, on pouvait lire « Les Parisiens veulent mettre la pub au pas » (Le Parisien du 24 juin).

    Pourquoi ? C’est en raison de la relance des groupes de travail sur l’élaboration d’un nouveau règlement local de la publicité. (RLP)  Un nouveau ? Mais de qui se moque-t-on ? Tout le travail de réflexion, de concertation, de négociation même, car la réduction des dimensions des panneaux lumineux, la fréquence de leur rotation (pour les panneaux déroulants), les horaires de « fermeture », etc., avaient été durement négociés avec les parties impliquées dans cette réglementation. Alors ? Pourquoi toujours refaire ce qui a été fait dans de bonnes conditions ? Qui a intérêt dans ce dossier à ce que les règles soient revues de fond en comble, avec l’idée, bien sûr, que la balance penchera cette fois en faveur des afficheurs ?

    St Vincent de Paul aires motos bilatérales près Magenta web.JPGA la tête des groupes de travail, Danièle Pourtaud, adjointe de B. Delanoë au patrimoine. Pauvre patrimoine ! Les annonceurs ne craignent pas d'implanter leurs panneaux 4x3 (cela fait quand même 12 m2, soit la taille d'une chambre banale dans un appartement récent, juste pour faire image...) là où passe le plus grand nombre de personnes, indifférents à la présence ou non de monuments ou de sites classés, car être vue est bien la fonction essentielle de l'affiche.

    Comme nous l'évoquions dans notre bulletin, la tendance actuelle nous semble être l'apparition de plus en plus fréquente de panneaux publicitaires sur les vitrines ou les murs aveugles des boutiques.  Dans quelle rubrique tombe cet affichage ? S'agit-il de la vente d'un espace privé (la vitrine) à un affichiste ? A quelle règle cet affichage est-il soumis ? Il faut se souvenir qu'en 2006, lors des négociations sur le RLP avorté, tous les petits panneaux Insert étaient illégaux. Ils envahissaient toutes les vitrines peu à peu, mais dans l'illégalité. Depuis lors, la mairie de Paris les a autorisés ! Faute de pouvoir les faire ôter, peut-être, ou bien par le jeu du donnant-donnant sur un autre sujet. Tout est possible. Cette constatation de faiblesse municipale, de laisser-faire face aux pressions, nous laisse perplexes sur la reconquête de l'espace public et pessimistes quant aux usages démocratiques dans notre ville.

    Ci-dessus, au chevet de l'église Saint-Vincent-de-Paul, cet hiver, un panneau d'affichage dominait les palissades du chantier de voirie. Ci-dessous, des panneaux Insert sur les vitrines d'un hôtel du quartier (faubourg Poissonnière).

     

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