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Municipales 2008 : l’électeur et le mode de scrutin

7bae0f5eba37bd55a1f53a8cd94c05d9.jpgLe système électoral pour les élections municipales à Paris, Lyon et Marseille n’aide guère le citoyen-électeur tant il est sophistiqué. Certes, il est probable que le Législateur a voulu faire en sorte que des majorités émergent des scrutins et rendent ainsi les principales villes de France gouvernables mais l’exercice démocratique s’en trouve compliqué d’autant que les modes de scrutins présidentiel et législatif servent en quelque sorte de référence aux électeurs et que le scrutin municipal à Paris diffère sensiblement de ce schéma.

Disons le clairement : dans la plupart des cas, la liste pour laquelle nous allons voter au premier tour ne sera pas la liste qui in fine se retrouvera être l’exécutif local en cas de victoire. Au passage, on peut d’ailleurs sérieusement s’interroger sur l’utilité des sondages qui nous sont proposés en ce moment et qui « globalise » Paris alors que la capitale n’est ni plus ni moins, pour le scrutin, que la somme des 20 arrondissements, chacun avec leurs différences.

Dit autrement, le classique « au premier tour je choisis, au second j’élimine » ne fonctionne pas avec le type de scrutin en place : on ne choisit pas au premier tour car les listes peuvent fusionner entre les deux tours dans certaines conditions, on n’élimine pas plus au second puisque les minoritaires se verront quand même confier des mandats proportionnellement à leur score.

Le citoyen-électeur doit donc intégrer ces informations au moment de son vote. Certes le programme de sa liste favorite, la composition de cette même liste à commencer par la personnalité qui la dirige, sont des facteurs déterminants mais d’autres facteurs sont à prendre en considération au moment de glisser son bulletin dans l’urne. Si la Démocratie est l’expression par un vote libre d’une adhésion à des idées et des propositions, c’est aussi l’acceptation du fait majoritaire. Dans une Démocratie vivante, l’émergence d’une majorité se fait le plus souvent par un système d’alliances politiques, alliances qui sont extrêmement dépendantes des rapports de force politique existants suite aux scrutins.

Le citoyen-électeur ne peut ignorer cet aspect des choses au moment du vote, essentiellement au premier tour. Il lui faut intégrer de manière subtile la façon dont il souhaite que le rapport de force s’établisse entre les différents candidats pour aboutir à une gestion équilibrée de la cité, en clair ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Un casse-tête !

Commentaires

  • Quelques remarques :
    Les conseillers d'arrondissement sont élus, pour six ans, au suffrage universel direct selon le système de représentation proportionnelle pondérée et dans le cadre d'un scrutin de liste à deux tours.
    Le Maire de Paris est élu au suffrage indirect par les conseillers de Paris.
    Il n’y a aucune obligation d’embarquer des candidats d’une autre liste qui a obtenu plus de 5% et moins de 10% (ou plus selon tactique) sur « sa » liste.
    L’alliance ou pas avec le MoDem a fait couler d’encre dans le « microcosme parisien ». Compte tenu du mode de scrutin et des scores prévisibles des uns et des autres, quel serait l’intérêt arithmétique (je dis bien arithmétique) d’embarquer des candidats MoDem sur la liste « Paris un temps d’avance » ?
    Aucun ! Si les listes PS sont autour de 40 /42% des voix exprimés et les listes MoDem 11% , le PS devra « éliminer » quelques colistiers socialistes au profit d’un ou 2 militants « orange » . Pour faire quel type de gestion ? Sensiblement la même !
    Donc, l’alliance avec le MoDem, a (avait) pour but de préparer une autre stratégie un peu plus lointaine que les seules élections municipales.
    B. Delanoë dans sa quête (probable) d’autres fonctions à moyen long terme ne peut se couper (pour l’instant) d’une partie de ses militants parisiens (majoritairement hostile à l’orange)
    La transformation du P.S. en « parti type démocrate » selon le modèle anglo-saxon, n’est pas encore d’actualité

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