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Face à l'insécurité locale, un nouveau "Cri d’alerte des habitants de la rue de la Goutte d’Or"

La sécurité du secteur Barbès-Goutte d'Or sud s'est dégradée de manière alarmante depuis plus d'un an maintenant. Tous les habitants, commerçants et associations locales n'ont de cesse de tirer la sonnette d'alarme à ce propos (voir notre article du 2 septembre 2020), mais la préfecture, très satisfaite des "ses chiffres", reste totalement sourde à la détresse des habitants et s'obstine à nier la réalité de la situation qui ne fait que s'aggraver.

L'épisode de la bibliothèque de la Goutte d'Or (voir notamment notre article du 17 décembre 2020) n'a malheureusement été q'un exemple parmi tant d'autres, et le déploiement de forces de police aux alentours immédiats de la bibliothèque à certes "calmé le jeu" sur quelques dizaines de mètres de rue, mais a surtout eu comme effet de reporter les trafics vers les rues voisines.

Et si parfois, nous constatons dernièrement une présence policière au carrefour Barbès-Rochechouart, haut lieu de revente de cigarettes de contrebande et surtout de deals en tous genres depuis plus de vingt ans, c'est essentiellement pour y faire... du contrôle routier !

Las, cette fois c'est le conseil syndical d'une copropriété de la rue de la Goutte d'Or, toute proche du commissariat de police judiciaire situé dans cette rue, qui lance un appel au secours au Président de la République à travers un courrier qu'il lui adresse. Nous reproduisons ici ce courrier avec l'aimable autorisation du conseil syndical.

 

Objet : Cri d’alerte des habitants de la rue de la Goutte d’Or

Monsieur le Président de la République,

Résidents d’un quartier dit "populaire" de la capitale depuis une quarantaine d’années, nous subissons avec une vive inquiétude la dégradation accélérée de notre environnement.

Nous avions connu et signalé une situation déjà chaotique par bien des aspects, au cours des décennies écoulées (marché aux voleurs sous le métro aérien, prostitution, vente constante de tabac de contrebande).

Nous espérions une amélioration et un soin attentif sur la durée à ce quartier parisien où nous avions plaisir à demeurer.

Or, depuis 2016, la présence massive et quotidienne d’hommes qui investissent l’espace de la rue de la Goutte d’Or, les vols à la tire rue des Islettes, la récente rixe mortelle, les trafics multiples supposés, les destructions aux abords de la médiathèque génèrent insécurité et sentiment de malaise.

Ces vandalismes, délits et incivilités s’imposent aux habitants du quartier comme "loi du milieu" et leur imposent de modifier leurs horaires, leurs trajets, en deux mots leur mode de vie. Une atmosphère "malsaine" s’instaure, indigne d’un lieu d’habitation ou d’un quartier à vivre en plein cœur de Paris !

On traverse la rue de la Goutte d’Or, le "piéton de Paris" n’y musarde ni ne s’y attarde. On se sent sommé de préférer la prudence au plaisir de la promenade.

Des associations, des commerçants, des résidents à titre individuel se sont maintes fois manifestés durant des années auprès des services municipaux et des élus sur ces problèmes récurrents, sans véritable résultat durable.

Ainsi, sommes-nous scandalisés par l’impunité qui semble régner dans le quartier par rapport à des faits délictueux commis devant l’Hôtel de police et à proximité d’une crèche et d’une école maternelle et primaire.

Vivons-nous dans une zone de non-droit, tolérée ou admise à quelques mètres de Montmartre ? Faudrait-il, dans un silence malsain, se contenter d’admettre l’inadmissible ? Certains habitants ayant atteint un état d’exaspération pensent partir, du moins ceux qui le peuvent, accentuant ainsi la ghettoïsation.

Cela suffit ! Nous exigeons des pouvoirs publics que cette situation soit au plus vite assainie et demandons à nos élus d’intervenir avec fermeté pour que les résidents puissent aller et venir sans être gênés des présences menaçantes d’individus sans foi ni loi qui entravent leur liberté.

Nous nous désolons de n’être ni entendus, ni soutenus et nous invitons les élus locaux, les parlementaires, et l’Etat à venir enfin nous rencontrer pour aborder avec lucidité la réalité de notre quartier et trouver, enfin, des solutions pérennes.

Nous vous prions de croire Monsieur le Président à l’expression de nos sentiments républicains et vous adressons nos respectueuses salutations.

Le Conseil Syndical

Copie à :

-    M. Jean Castex, Premier ministre ;
-    M. Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur ;
-    Mme Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, chargée de la Citoyenneté ;
-    Mme Nadia Hai, ministre déléguée auprès de la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, chargée de la Ville ;
-    Mme Anne Hidalgo, maire de Paris ;
-    M. Eric Lejoindre, maire du 18ème arrondissement de Paris ;
-    M. Nicolas Nordman, adjoint à la maire de Paris en charge de la prévention, de l'aide aux victimes, de la sécurité et de la police municipale ;
-    M. Kevin Havet, adjoint au maire du 18ème arrondissement de Paris chargé de la sécurité, de la police municipale et de la vie nocturne ;
-    Mme Danièle Obono, députée de la 17ème circonscription de Paris.

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Présence policière aux abords de la bibliothèque de la Goutte d'Or

Commentaires

  • Bonjour à. tous,
    j'ai 45 ans et vis depuis toujours dans le 18 eme
    j'y ai été à l'école, crée des entreprises, défendu mon quartier, mais, aujourd'hui, la vie quotidienne y est devenue impossible.
    En quoi puis-je aider / participer ??
    Votre lettre ne devrait - elle pas faire appel à une pétition de masse à laquelle tout le monde se raccorderait sans nul doute...
    Étant restauratrice, j'ai du temps pour participer à une action commune, merci de prendre en considération mon message.
    Juliette Huet -Locatelli

  • Oui, Juliette je suis d'accord
    Mon fils a été à la même école que toi
    Effectivement, il faudrait que tous les habitants se mobilisent et se réapproprient leur quartier.
    Mais comment faire ? organiser une manifestation? mettre les médias dans le coup?
    c'est déjà bien qu'on puisse en parler par l'intermédiaire d'Action Barbès
    Bonne journée

  • Bonjour,

    Je vis depuis 30 ans, en haut du boulevard Magenta et je constate que le carrefour Barbés au fil des années devient de plus en plus une zone de non-droit.
    Depuis des années, j’ai le sentiment que je vis hors de la République. Franchement, je crois que les pouvoirs publics nous ignorent. Ou sinon, nous avons de réels soucis à nous faire,. Parce que s’ils ne sont pas capables de modifier la situation d’un carrefour, j’imagine que les forces spéciales au Mali sont condamnés à échouer. Blague à part, la situation est critique.

  • Effectivement la situation se dégrade de jour en jour. Soit, nous sommes gouvernés par des incapables ou bien l'on a laissé la situation se dégradée au point que l'on ne maitrise plus la situation. Il faut envisager des modes d'actions: dénonciations dans la presse, manifestations, pétitions etc..

    Lors des éléctions il faudra s'en souvenir et sanctionner.

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