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Participation démocratique et les Services de la Mairie de Paris

La mise en place des 121 Conseils de quartier à Paris depuis 2002 semble avoir un peu modifié la donne dans les rapports que les Services de la Ville de Paris entretiennent avec les habitants. C’est du moins ce qui ressort d’une intéressante étude menée par l’Observatoire Parisien de la Démocratie Locale et présentée par Florence Haegel, chercheuse au CEVIPOF CNRS Sciences Po et Olivier Borraz, chercheur au même institut, étude présentée au cours d’un séminaire organisé le 2 décembre dernier avec pour thème « Le sens du service ».

Près de 80% des fonctionnaires de la Ville sont au contact des parisiens et la façon dont ils perçoivent leurs demandes n’est pas sans intérêt.

Menée avec des étudiants à Sciences Po par le biais d’entretiens (160), l’enquête a eu une approche « fonctionnelle » auprès des grandes Directions (voirie, urbanisme, propreté, etc. …) et une approche « géographique » dans les 13ème, 17ème et 19ème arrondissements afin de respecter l’ équilibre politique actuel dans la capitale. C’est l’ensemble de la chaine des agents, fonctionnaires de la Ville, qui a été interviewé.

L’ensemble de l’étude sera publié très prochainement mais nous pouvons d’ores et déjà noter quelques points forts :

  • écouter les parisiens a obligé les Services de la Ville à faire de la pédagogie, à expliquer aux habitants le mode de fonctionnement de la Ville et les contraintes de celle-ci. Cet effort d’explication a contraint les Services d’abord à « penser » leur travail puis à développer les outils de communication appropriés, ce qui est nouveau ;
  • le contact direct entre les Services de la Ville et la population entraine souvent les fonctionnaires à justifier des choix techniques faits par les autorités politiques, ce qui les place dans une situation souvent mal vécue par eux;
  • la diversité des contacts (Conseils de quartier, associations, personnes se déclarant experts, etc. …) semble perturber le processus de décision, les Services se demandant quelle légitimité a un Conseil de quartier par exemple vis-à-vis de son arrondissement. Dans ce contexte, les Services ont considérablement augmenté et amélioré les relations directes qu’ils ont avec les Mairies d’arrondissement qu’ils considèrent comme seules légitimes pour prendre des décisions in fine ;
  • certaines Directions ont réorganisé leurs façons de travailler pour mieux intégrer les attentes des parisiens. C’est ainsi que la Direction de la propreté a mis en place, en étroite collaboration avec les habitants de certains arrondissements, un système d’écoute pour répondre ponctuellement et efficacement aux demandes spécifiques.

 

D’une manière générale les conclusions de cette enquête ont été plutôt bien reçues par l’auditoire de parisiens présents mais ceux-ci n’ont pas manqué de souligner les lourdeurs encore existantes au sein des Services de la Ville comme l’ont démontré l’élaboration du Plan Local d’Urbanisme et la préparation du Plan de Déplacements. Il n’est pas contestable qu’un effort a été fait mais nous sommes encore loin de relations apaisées tant les intérêts et points de vue des acteurs sont divergents.

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