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Les Conseils de quartier ou « comment s’en débarrasser ? »

Il y a les discours et il y a les actes. Considérer les uns et les autres en ce qui concerne les Conseils de quartier, c’est comprendre, qu’à bien des égards, nos élus ont un problème avec ceux-ci.

 

Examinons d’abord les discours.

La mise en place des Conseils de quartier dans le 9ème après les élections de 2001 ouvrait une ère nouvelle nous disait la municipalité qui venait d’être élue. Beaucoup de choses ont été écrites sur la question. Inutile d’y revenir. On voulait faire de nos Conseils de quartier des organes de concertation, d’animation, des lieux d’expression démocratique. Sept ans plus tard, il faut croire que les choses n’avaient guère changé puisque les promesses électorales sur le sujet n’ont pas manqué lors de la campagne des municipales 2008 : « Une "Charte de la participation parisienne" sera élaborée dès le début de la mandature, en synergie avec les mairies d’arrondissement, les représentants des conseils de quartiers et du monde associatif, puis soumise au vote des élus du Conseil de Paris. Par cette Charte, les mairies d’arrondissements et la Ville s’engageront vis-à-vis des Parisiens sur des modalités et des règles de concertation précises; pour les conseils de quartier, cette charte arrêtera des principes communs sur leur composi­tion – la plus ouverte possible – et leur renouvellement régulier, les sujets sur lesquels leur consultation deviendra incontournable, la maîtrise de leur ordre du jour, le suivi de leurs demandes. » Source : page 34  du fascicule Paris, un temps d’avance – projet 2008-2014. Ou encore : « Associer les Conseils de quartier à la définition des priorités d’investissements localisés » Source : page 9 du fascicule le 9e, un temps d’avance avec Jacques Bravo. Promesses électorales qui résonnent, en creux, comme un aveu d’échec.

 

Examinons maintenant les faits.

Si la mise en place des Conseils de quartier en 2001 est effectivement à mettre au crédit de la municipalité, il est clair que l’expérience montre que cette mise en place ne s’est pas faite dans de bonnes conditions. Du découpage géographique de notre arrondissement dont chacun voit bien qu’il est très artificiel (pourquoi un Conseil Provence Opéra pour un quartier où il y a fort peu de personnes et un Conseil  Clichy Trinité regroupant deux quartiers très peuplés si différents ?) au manque de concertation (on a voulu faire passer des séances d’information pour des séances de concertation) en passant par l’encadrement de ces Conseils par des élus référant omniprésents maîtrisant jusqu’à l’ordre du jour des réunions, il n’a pas fallu longtemps pour que la fréquentation des Conseils devienne marginale, donc leur représentativité contestable et les comités les animant sans aucune motivation. Réduits à de simples comités des fêtes de quartier, les Conseils de quartier n’ont pas été à la hauteur des attentes des habitants. De nombreux exemples très récents nous prouvent que les intentions de la municipalité réélue en mars restent dans la lignée des habitudes antérieures : le projet de réaménagement de la rue de Rochechouart dont les travaux seront lancés en juillet n’a fait l’objet d’aucune concertation avec le Conseil de quartier concerné ni d’ailleurs celui de la place Turgot. Les travaux en cours rue Victor Massé pas plus à notre connaissance, malgré des pétitions qui ont circulé il y a quelques mois, signe de la mobilisation des habitants.  Les questions sérieuses de sécurité qui ont fait l’objet de nombreuses interpellations sont restées sans réponse efficace. Il suffit par ailleurs de discuter un peu avec d’anciens membres de collectifs d’animation pour comprendre leur découragement. Sans parler de l’espèce de noyautage des comités d’animation à des fins soit partisanes, soit personnelles.

 

Le 18 juin prochain se tiendra une réunion plénière des Conseils de quartier et sera l’occasion pour les habitants de notre arrondissement de se mobiliser en faveur d’un exercice réellement démocratique de nos Conseils de quartier. Il est clair que sans une mobilisation forte, nos élus ne seront pas tentés de faire beaucoup d’efforts, l’expérience 2001-2008 nous le prouve.

Nous vivons une période de grande instabilité sociale qui engendre beaucoup de problèmes notamment un « vivre ensemble » de plus en plus difficile. Les questions de sécurité bien sûr, mais aussi celles de la plus simple incivilité sont devenues quotidiennes. Il n’est bien sûr pas question de rendre le Maire de Paris ni celui du 9e responsables de cette situation mais, peut être, le bon fonctionnement d’instances comme les Conseils de quartier, parmi d’autres, peut nous aider à en résoudre quelques-uns. C’est ce bon fonctionnement que nous devons demander et obtenir, conformément aux promesses faites.

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Commentaires

  • Les conseils sont si ennuyeux... Les élus sont élus pour prendre des décisions. Faisons leur confiance. Si on n'est pas content d'eux, il y a toujours des élections. La démocratie directe a ses limites. C'est vraiment un non sujet. Présentez vous aux élections si vous voulez changer la vie.

  • Quel ennui de vous lire... Pierre. Vous semblez si blasé, si peu enclin à vous intéresser à vos semblables, à la vie de votre quartier. Nous élisons les élus, certes. Nous ne sommes que partiellement d'accord avec leurs prises de position, parfois. Fatalement. Il faudrait donc attendre 6 ans pour le leur dire? Ce cadre est aussi une occasion pour l'élu d'échanger avec la population dont il s'est proposé d'administrer l'existence au quotidien. Au-delà de cet échange, ces conseils peuvent permettre de transmettre une information locale, être utiles pour sensibiliser les habitants à des problèmes de la ville ou du quartier, ou mesurer l'impact de telle ou telle décision, éventuellement de la modifier avant de l'appliquer.
    Si le 9e est majoritairement peuplé de personnes comme vous, c'est vrai, les conseils de quartier auront du mal à décoller!

  • Réponse à Pierre

    Les conseils de quartier sont ce qu'en font les habitants. Dans le 10ème arrondissement , où je fais partie d'un conseil de quartier , ils ne sont pas ennuyeux mais c'est sans doute grâce à l'équipe d'animation qui a envie de faire vivre la démocratie .
    Les élus ont été "élus" dites-vous à juste titre. Il n'est pas question de remettre en cause cette élection démocratique.
    Mais ils ont été élus sur un programme. je vous invite d'ailleurs à relire les 15 engagements pour la vitalité démocratique de Paris, présentés par Bertrand Delanoe .
    Plus de démocratie n'a jamais nui à personne. Et ce n'est pas un non sujet bien au contraire.
    Les habitants doivent être vigilants justement pour faire avancer les projets et faire respecter les engagements des élus.
    Elisabeth

  • J'assiste régulièrement au conseil de quartier Trudaine-Rochechouart. Je ne trouve pas ça ennuyeux du tout. Les gens ont tellement de choses à dire que l'on a du mal à boucler avant la fin de l'heure qui nous est impartie.
    Grâce à eux le quartier a connu des actions d'animation qui ont
    réveillé un secteur qui somnolait.
    C'est un plaisir de rencontrer des personnes que l'on n'a pas l'occasion de voir ailleurs.
    Je ne connais pas Pierre. Mais ses propos sont vraiment débilitants. Heureusement qu'il y a des personnes qui sont plus positives. S'il n'y avait que des gens comme lui, il y aurait de quoi se flinguer.

  • Les Conseils de quartier ou « comment s’en débarrasser ? »
    Vous avez raison, tout semble indiquer que cet organe de proximité où viennent s'exprimer les attentes des citoyens et contribuent à la création du lien social, soit devenu un poids pour certains « nouveaux » élus.
    Pour quelles raisons la majorité PS/PC/Verts semble frileuse pour remettre en route les conseils de quartiers ? Pourtant, les candidats de la liste « Paris un temps d’avance » s’étaient engagés à donner plus de pouvoir aux conseils de quartier (passage d’organe consultatif à un organe décisionnaire via la gestion de 10 % du programme local d’investissement).
    Aujourd’hui, 2 mois et demi après le succès des listes « Paris un temps d’avance », la redémarrage des C.Qs est poussif dans certains arrondissements voire inexistant dans d’autres.
    Hammou Bouakkaz (PS) chargé de la démocratie locale et de la vie associative, pourrait peut être nous fournir quelques réponses?
    Conseil de quartier ennuyeux ? Comme déjà mentionné, le C.Q est un organe de démocratie locale. Il faut toujours s’emparer d’un droit pour le rendre effectif, faute de quoi il disparaît !
    L’apathie citoyenne est probablement la conséquence qu’un C.Q , ne peut qu'apporter des solutions locales à des problèmes de proximités.

  • C'est la poule et l'oeuf. Le réaménagement des martyrs a été très longuement discuté en conseil de quartiers. Si pour ma part je n'y vais quasiment plus, c'est bien faute de participation: il n'y a que des papys et des mamies, plus deux ou trois ronchons obsessionnels qui ont leur marottes. Le but de la nouvelle équipe est d'augmenter les pouvoirs, mais pas grand chose ne se fera sans les citoyens... Je me demande en fait si les assos de commerçants ne sont pas plus dynamiques à l'heure actuelle...

  • Tonio : il faut aussi faire un tour dans les autres conseils, pas forcément ceux de notre arrondissement, surfer un peu sur les blogs de ceux qui fonctionnent... Tous, plus ou moins, rament, mais bon, on n'a rien sans rien. Il faut être plusieurs pour créer une dynamique et ensuite il faut que rien ne vienne l'entraver. On va bien finir par y arriver! Si on nous fournit les outils, nous allons retrousser les manches... Vous aussi, je suis sûre, non ?
    Pour l'instant, dans le Nord-Est, on aimerait discuter du réaménagement de la rue de Rochechouart aussi longuement que vous semblez avoir discuté de celui de la rue de Martyrs !

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