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Interview de Jacques Bravo, Maire du 9ème

Paris Neuvième (PN) : lors de vos vœux, vous avez fait un bilan en demi teinte de 2005. N’y revenons pas en détails mais pouvez vous nous dire l’événement le plus positif et le plus négatif de votre point de vue pour l’année écoulée. ?

Jacques Bravo (JB) : Le plus négatif est le drame de la rue de Provence. Etre témoin de l’incendie d’un hôtel et voir douze gamins périr sans oublier les autres victimes, est une chose terrible. On ne l’oubliera jamais. Cela me donne la volonté très forte de développer des centres d’hébergement, des centres d’accueil.

Des événements heureux, il y en a : les fêtes des enfants, le festival des enfants, tout ce qu’on voit émerger, sortir de terre, les projets qu’on a lancé depuis 2001. Pendant quatre ans avec mon équipe, on a programmé, on a concerté, on a discuté, on a préparé, des équipements, des écoles, des garderies, des logements, etc. … Fin 2005, mais ce sera encore plus vrai en 2006, c’est le temps des livraisons, l’année des résultats, des productions. Donc la satisfaction, et je le dis très clairement, c’est de voir les choses se réaliser. C’est le signe de la vitalité dans un village comme le 9ème.

PN : Quelles sont les trois grandes priorités de votre action pour 2006 ?

L’année 2006 verra chaque mois des livraisons comme celle du nouveau square d’Anvers, l’ouverture d’une nouvelle école rue de Rochechouart, du nouveau square Montholon, etc. ... ce sera une première récolte. Je dis bien une première.

PN : l’année 2006 sera celle la citoyenneté. Qu’est ce que cela signifie pour vous ?

Pour moi, c’est faire vivre la République dans ses valeurs les plus fondamentales. Faire en sorte que nous soyons citoyens tous ensemble. Depuis mon premier engagement politique, j’avais 20 ans, je me suis toujours dit que je ne comprenais pas pourquoi dans les élections locales, tous ceux qui payaient l’impôt n’avaient pas droit à dire leur mot dans les choses locales. Notamment, le principe de faire en sorte que tous ceux qui habitent une commune puissent avoir la capacité juridique de s’exprimer pour faire vivre la cité. C’est une chose que je porte en moi depuis 40 ans.

Alors cette année nous allons mener des actions précises. Par exemple et de manière symbolique, en concertation avec l’Architecte des Bâtiments de France, nous allons enfin apposer les mots Liberté, Egalité, Fraternité dans cette Mairie qui est celle du 9ème depuis 1860 et sur laquelle la devise de la République n’apparaît pas. Nous allons le graver au sol, que tout le monde le voit. J’ai aussi en tête de mettre les 17 articles de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789 dans la cour de la Mairie. De manière extrêmement concrète et en concertation avec les chefs d’établissements scolaires, faire en sorte que la journée d’appel militaire qui a lieu d’habitude dans une caserne à Daumesnil ait lieu pour les jeunes du 9ème, dans leur Mairie. J’ai en tête de remettre aux jeunes qui auront 18 ans en 2006 et de manière solennelle un fac-similé de leur carte d’électeur en leur disant que dans certains pays, on se fait tuer pour pouvoir voter. Il y aura des initiatives tous les mois. N’oublions pas le travail de mémoire. Voilà tout ce travail permanent de dire on doit vivre ensemble, on est condamné à vivre ensemble dans le meilleur sens du terme. Donc il faut réapprendre certains principes.

PN : sur le même sujet, comment faire en sorte qu’un meilleur équilibre s’établisse entre Démocratie représentative et Démocratie participative ? Sentez vous une volonté des habitants du 9ème à plus s ‘impliquer dans les affaires de notre arrondissement ?

Double question, double réponse. D’abord il faut que les élus tiennent pleinement leur rôle. Moi, j’ai une feuille de route. J’ai été élu en 2001 sur la base de notre programme qui comportait 62 propositions. J’ai écrit début 2001 à tous les électeurs pour leur dire garder cette feuille. J’en rendrai compte en fin de mandat. Dans cette feuille de route il y a la Démocratie participative, il y a tout ce que l’on vient de dire sur la vie citoyenne, etc. … L’élu doit respecter ses propres engagements et en rendre compte.

Dans le même temps je suis pour une participation la plus large possible des citoyens mais je constate que le citoyen est intelligent, il faut lui faire confiance. Quand vous lui proposer une réunion sur le réaménagement du square d’Anvers, qui touche la vie des familles et des anciens qui vont s’y reposer pendant la journée, quand vous proposez une réunion de concertation sur la redéfinition du square Berlioz et de la place Aldolph Max, quand vous proposez une réunion de concertation sur le réaménagement de la circulation autour de la place Clichy, vous touchez la vie quotidienne des gens et les gens viennent à ces réunions là. Si par contre vous dites tel jour telle heure tout le monde en rangs, réunion de concertation, ne soyez pas surpris d’avoir peu de monde. Quand on propose aux citoyens des réunions de concertation où il y a du grain à moudre, où il y a des décisions à prendre, et où je peux modifier en pleine réunion mon point de vue comme ce fut par exemple le cas en 2002 pour la question du sens de circulation en haut de la rue des Martyrs et de la rue Victor Massé ou comme c’est le cas actuellement avec la restructuration du square Berlioz, la concertation fonctionne. On écoute les citoyens, il y a de vrais enjeux de réaménagement de la vie quotidienne.

Donc je réponds, Démocratie représentative indispensable, j’engage ma responsabilité de Maire. Démocratie participative résolument oui mais en faisant en sorte que le citoyen joue vraiment le rôle qu’il veut jouer. Parfois on est heureusement surpris de voir des participations très fortes comme pour le réaménagement du square d’Anvers, deux réunions, 500 personnes. Mais parfois vous faites des réunions que vous savez très importantes pour l’avenir du quartier sur la circulation des autobus, sur l’aménagement, etc. … vous avez 20 personnes.

PN : il a été dit au cours du dernier Conseil d’arrondissement que 41 logements sociaux ont été attribués dans le 9ème au cours de l’année 2005. La Ville dit en financer 4000 chaque année et il y aurait 100 000 demandes. Pourriez nous nous faire un bilan de la situation, comment fonctionne cette commission d’attribution dans l’arrondissement et pourquoi seulement 41 logements dans le 9ème, 1% des 4000 annoncés ?

41 n’est pas le nombre de logements sociaux attribués dans le 9ème arrondissement. C’est le nombre de logements sociaux attribués par la commission de l’arrondissement. Ce nombre représente à peine 15% du nombre total de logements attribués. Il y en environ 250 qui ont été attribués en 2005. Cela a été fait pour un tiers par l’Etat, un tiers par la Ville de Paris, un tiers par une société d’économie mixte. Sur le tiers de la Ville de Paris, la moitié est allouée par la commission d’arrondissement.

Quand j’ai été élu Maire, le parc social de l’arrondissement comportait 184 logements sociaux. Aujourd’hui on vient de passer la barre des 900. Le seuil des 1000 sera franchi en 2006. J’ajoute qu’on a autant attribué de logements sociaux en 2005 qu’au cours des 3 années précédentes, ce qui veut dire que tout ce qu’on a programmé et réalisé depuis 2001 commence à être réel.

Mon prédécesseur voulait garder la totale maîtrise de l’attribution de ces logements. J’ai considéré que la sagesse était de mettre en place une commission tripartite de 12 personnes avec 4 élus toutes couleurs politiques confondues, des associations dont c’est le mandat de s’occuper de logement social et les services publics de la Préfecture comme de la Ville qui savent gérer ces situations. J’ai pris l’engagement de ne pas participer à cette commission. Aucune pression du Maire dans cette affaire. Je la laisse travailler.

On a 2000 familles en attente dans le 9ème.

PN : en votre position de Président de la Commission des Finances de la Ville, vous avez publié une note l’automne dernier à propos du budget, de la stabilité de la pression fiscale et du haut niveau d’investissement, particulièrement dans le 9ème. Très Bien. Certaines informations nous disent que le niveau d’endettement de la Ville aurait fait un bond substantiel. Pourriez vous commenter ?

Paris par rapport à l’ensemble des communes françaises est une ville qui n’est pas pauvre. Que faisait l’ancienne équipe municipale ? Elle se servait de la trésorerie pour rembourser les emprunts et mener une politique financière. Ce qu’on attend d’une municipalité, c’est de contribuer à la vie quotidienne des familles, des riverains et de développer les équipements collectifs (propreté, sécurité, espaces verts, les écoles, etc. …) Donc une ville doit se servir de sa capacité financière pour investir pour l’avenir. L’exploit que l’on est en train de réussir, c’est de fonctionner avec un taux de pression fiscale constant. Mais il faut investir. L’idée c’est de se servir des droits de mutation comme ressource importante et aussi de l’emprunt. La vraie politique est de dire que l’emprunt, l’endettement, est justifié si c’est pour investir. Si je prends les plus grandes communes de France et que je les compare à la situation de Paris en ce début de février 2006, le niveau d’endettement de la Ville de Paris est nettement en dessous du niveau d’endettement, quelque soit la mesure, en nominal ou en ratios de pourcentage des recettes par exemple. Nous sommes au quart de Marseille, nous sommes à la moitié de Bordeaux, donc la question pour Paris est de se servir de cette capacité d’emprunt pour investir pour les Parisiens – le tramway par exemple. Quand on maîtrise l’évolution de l’endettement, on fait de la bonne politique. Actuellement, l’endettement de la Ville de Paris permet d’investir pour résoudre les questions des habitats insalubres, des conditions de vie indignes, des logements sociaux, des transports, etc. …Sur ce terrain là, je suis fier de que nous faisons. Alors je suis d’accord, l’endettement a augmenté car l’investissement a plus que doublé. Le remboursement de TVA fait par l’Etat à la commune deux ans plus tard reflète la réalité des investissements faits par un partenaire. Il est clair que la Ville de Paris investit aujourd’hui chaque année deux fois plus que par le passé. Pour 2006, ce sera 1,2 milliard d’€ d’investissement. Je suis un Président de la Commission des Finances satisfait.

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