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Commerce de proximité : on en a reparlé en conseil d'arrondissement

Notre quartier, comme d'autres dans Paris, souffre d'une monoactivité envahissante puisqu'on voit maintenant des boutiques de vêtements de cérémonie s'ouvrir rue du faubourg Poissonnière après avoir colonisé dernièrement la rue de Rocroy et la rue de Dunkerque. La ville de Paris a pourtant donné des moyens à la Semaest dans le cadre de l'opération « Vital quartier » pour racheter des murs de boutiques (4 boutiques rue de Dunkerque et 2 autres rue de Maubeuge à ce jour pour les plus proches).

Lors du conseil d'arrondissement du 10e le 3 juin dernier, les élus communistes Alain Lhostis et Marie-Thérèse Eychart ont proposé un voeu (adopté) à ce sujet, présenté également en conseil de Paris les 10 et 11 juin.

 "L'existence d'un commerce de proximité diversifié contribue au dynamisme et à l'équilibre d'un quartier. Nous constatons que des difficultés persistantes font obstacle à l'existence de commerces de proximité répondant à l'attente de la population parisienne. La loi du 2 août 2005 en faveur des Petites et moyennes entreprises ( PME) ouvre la possibilité aux communes d'exercer un droit de préemption lors de la cession de baux commerciaux, de fonds de commerce ou de fonds artisanaux. Cette loi a déjà permis à plus de 400 communes de mettre en place un périmètre de préemption permettant l'utilisation de cette procédure.

Avec la Société d'économie mixte d'aménagemenent de l'Est parisien (Semaest) et la mission Vital'Quartier, la Ville de Paris dispose d'un outil favorisant le développement économique et la diversité des commerces. Dans le cadre de sa mission, la Semaest s'est déjà vue déléguer le droit de préemption urbain.

Pour ces motifs, sur proposition d'Alain Lhostis et Marie-Thérèse Eychart, élu(e)s communistes, le conseil d'arrondissement émet le voeu que:

  Le Maire de Paris décide la création de périmètres de préemption des baux commerciaux, des fonds de commerce ou des fonds artisanaux, et propose l'extension des missions de la Semaest afin qu'elle accompagne la mise en oeuvre de ce droit de préemption et le développement du commerce."

Rémi Féraud, conscient des limites de l'action de la Semaest, a répondu qu'Anne Hidalgo était prête à s'engager dans une réflexion sur la préemption des baux commerciaux. Ajoutant qu'une telle disposition aurait un coût  (notamment embauche de personnels pour remplir cette mission).

Suite dans la prochaine mandature...

En attendant, les choses semblent bouger au ministère de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme puisque Sylvia Pinel, devrait présenter au conseil de ministres de juin les évolutions qu'elle souhaite engager pour agir en faveur du commerce de proximité. Un projet de loi serait discuté à la rentrée. Quelques pistes évoquées : amélioration du droit de préemption, amélioration du contrôle des destinations des boutiques, encadrement de l'augmentation des loyers commerciaux.

Commentaires

  • Habitant côté 9e, la question de la mort des petits commerces, notamment de bouche, se pose également. Cette mort du petit commerce est une des raisons du développement de la mono-activité.Certes, nous n'avons pas encore de mono-activité comme dans le 10e quoiqu'opticiens, vendeurs de chocolat et de fringues soient pléthore rue des Martyrs.

    Je ne critique pas du tout l'action de la mairie qui me parait nécessaire mais comme dans beaucoup de cas en notre société, on traite les conséquences sans traiter les causes des problèmes. Il me semble qu'une des raisons de la disparition des petits commerces est tout simplement le changement de comportement des consommateurs. Et contre cela, toutes les SEMAEST du monde n'y peuvent rien. Donc n'est-ce pas de ce côté là qu'il faudrait regarder le problème en proposant aux consommateurs des offres attractives dans les petits commerces ?

  • En effet, je partage en partie cet avis de Didier, mais pas complètement.
    Sur la changement de comportement des consommateurs, c'est une réalité. Le petit commerce n'a pas toujours su s'adapter aux besoins de sa clientèle. Toutefois, certains s'en sortent mieux que d'autres sans doute parce que leurs efforts et leur créativité ont permis de compenser le glissement des horaires de la clientèle, leur changement d'attitude face à l'alimentation, etc.
    Reste que dans certains quartiers, certains commerces ne peuvent pas lutter au niveau du prix des baux. La valeur d'un commerce est lié au chiffre d'affaires, et chaque type de commerce génère globalement des CA différents. On ne peut comparer le CA d'une librairie avec celui d'une boutique de prêt à porter. Or les charges de location du local sont identiques, et c'est là que la concurrence se fait. Quand une énième enseigne de "Mariage des princesses" offre le pactole à un commerçant, disons commerce de bouche, proche de la retraite (et surtout au propriétaire des murs), il lui est difficile de refuser ou de trouver une offre équivalente dans son métier.
    C'est là que la Sémaest intervient et fait ce qu'elle peut.

  • Action Barbès participe ce soir à la mairie du 10ème à la réunion sur le bilan de l'opération Vital'Quartier.

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