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  • Hugo Cabret : en tête pour la course aux Academy Awards avec 11 nominations et les honneurs des grilles de la gare de l’

    Actuellement, une exposition passe malheureusement quasi inaperçue sur les grilles de la gare de l’Est, sur la partie donnant sur la place du 11 novembre 1918 et face à la nouvelle place Madeleine-Braun à l’angle du faubourg Saint-Martin et de la rue du 8 mai 1945. Il s’agit de 9 panneaux retraçant les inspirations et les recherches de l’auteur et illustrateur nord-américain Brian Selznick pour son livre d’enfant « L’invention de Hugo Cabret » (2008, ed. Bayard) adapté au Cinéma par Martin Scorsese (sorti en France le 14 décembre dernier).

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    Cette petite exposition semble être le reliquat des 20 panneaux constituant initialement l’exposition officielle « Hugo Cabret et la Gare du Nord » qui précéda la sortie du film et fut accrochée le 6 décembre à la Gare du Nord sur les grilles du quai 15 où stationnait également pour l’occasion l’Orient Express de la SNCF.
    L’action du livre et du film,  qui rendent un bel hommage à l’un des pères et maîtres du cinéma moderne, Georges Méliès, se déroule dans le Paris du début des années 1930 : un orphelin de douze ans, Hugo, vit dans une gare imaginée, très proche de la réalité et inspirée du patrimoine SNCF, où il y entretient les mécanismes des horloges.
    Cabret _ vue d'ensemble v2 doc.jpgLa gare servant de vaste cadre à une grande partie de l’histoire est un amalgame de plusieurs gares parisiennes de l’époque, reconstitué dans les studios de Shepperton en Angleterre. La façade (avant sa modification dans les années 1960) de la gare Montparnasse (où Méliès tint une échoppe de jouet à la fin de sa vie entre 1925 et 1932, et avec une référence à l’accident du train Granville-Paris en octobre 1895), la tour d’horloge de la gare de Lyon, le hall de la gare du Nord, la topographie extérieure de la gare de l’Est (avec l’escalier de la rue d’Alsace) et l’horloge de l’ancienne gare d’Orsay peuvent être décelés dans cette reconstitution imaginaire impressionnante.

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    A noter également dans les sites parisiens «relookés » par le chef décorateur italien Dante Ferretti, où ont été tournées certaines scènes du film : certaines parties de la Sorbonne et de la bibliothèque Sainte-Geneviève, et le square de l’Opéra-Louis-Jouvet et la place Edouard VII, entre la rue Auber et le boulevard des Capucines, dans le 9e arrondissement.

    Rendez-vous le 26 février 2012 pour la cérémonie des Oscars, mais d’ici là, bonne promenade et découverte le long des grilles de la Gare de l’Est…

     

  • En passant par la rue de la Charbonnière...

    En passant par la rue de la Charbonnière…,
    Joséphine pour la beauté des femmes m’a sauté aux yeux.

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    Pour savoir de quoi il s’agit, il suffit de le demander à Lucia Iraci : « 80% des pauvres sont des femmes. Parmi elles les moins de vingt-cinq ans et les plus de quarante-cinq sont les plus vulnérables. C’est parce que cet état de choses m’est insupportable que j’ai décidé de leur venir en aide. »

    Mais qui est Lucia Iraci ? me demanderez-vous.

    Lucia Iraci a débuté sa carrière il y a maintenant une trentaine d’années. Ancienne coiffeuse de studio, et toujours en activité dans son salon rue du Vieux Colombier à Paris, elle souhaite « redonner aux femmes en souffrance la fierté d’exister ».

    Elle s’engage à « les réconcilier avec leur image et les aider à retrouver le plaisir de prendre soin d’elles, pour qu’elles s’identifient et s’inscrivent dans la relation aux autres avec une meilleure estime d’elles-mêmes ; les accompagner, pour qu’elles reprennent confiance, dans la perspective de toute réinsertion sociale. »

    Germe alors l’idée d’un salon de beauté social qui regrouperait coiffure, maquillage, soins du visage et du corps, mais aussi un vestiaire et des conseils de tout genre.

    Son idée ? Prodiguer le meilleur à celles plutôt habituées au pire.

    Elle fait alors des demandes de subventions, écrit à droite, à gauche, et c’est parce qu’elle est tenace et têtue qu’elle a pu affronter les difficultés et réussir.

    Paris,18e,jocéphine,salon-social,gouute-d-or,beauté,charbonnièreLe salon social, Joséphine pour la Beauté des femmes, a été inauguré
    le 23 mars 2011
    au 28 rue de la Charbonnière à l’entrée sud de la Goutte d’or.

    Ce salon propose coiffure, maquillage, soins du corps,
    conseils et prêts vestimentaires
    pour la modique somme de 3 euros. Il accueille ses clientes cinq jours
    sur sept, du lundi au vendredi,
    dans quatre pièces de couleurs différentes, sur quelque cent vingt mètres carrés.

    Pour profiter de ces soins, les femmes peuvent contacter le salon par le biais des associations qui les accompagnent. Les femmes isolées peuvent aussi pousser la porte et bénéficier de conseils grâce à la disponibilité et à la compétence de Koura Keita — coordinatrice de cet havre de paix.

    L’association Joséphine pour la beauté des femmes a gagné le concours des projets sociaux de la mairie de Paris qui l’a dotée d’une subvention de 20 000 euros fin 2010

    La précarité n’étant pas un phénomène uniquement parisien, Lucia Iraci souhaite développer cette action sur le plan national, grâce au soutien financier et éthique des partenaires commerciaux et des institutions.

    En ce début d’année 2012 souhaitons-lui bon courage...

    Souhaitons leur, à toutes, bon courage !

    ==)(==

    Du rôle des femmes et de leur place dans la société : Le Monde des idées, cet été, faisait dialoguer Dominique Méda et Joy Sorman, à lire.

    Et plein de photos du salon à l'intérieur dans le blog de Joséphine : c'est ici

  • Le cinéma a profité de l'été

    Pas au sens où on l'entend habituellement, c'est à dire au niveau du nombre des entrées. Ou bien il faudrait dire : l'été profite au cinéma quand il est pluvieux !

    Non, nous parlions des tournages dans les rues de Paris. On pouvait lire la semaine dernière dans le Parisien sous la plume de Benoît Hasse : "Depuis le 1er juillet, les tournages de 34 longs-métrages, 7 téléfilms et une quinzaine de séries ont débuté un peu partout dans la capitale, sur la voie publique ou dans différents bâtiments transformés en studios provisoires. "

    Tous ceux qui ont vu Midnight in Paris  de Woody Allen, tourné l'été dernier, ont pu admirer bien sûr Paris la nuit, un peu façon cartes postales, et les critiques ont été diverses sur ce thème, mais beaucoup de touristes notamment américains n'ont-ils pas cette image en tête? Paris historique, Paris romantique, Paris "cartes postales".... et Paris, toujours en tête des villes les plus visitées au monde, d'après les données rendues publiques récemment. Woody Allen a surtout filmé les beaux quartiers, le charme de la pierre de taille sous la lumière jaune des lampadaires.  On emporte moins fréquemment les caméras sur les hauteurs de Belleville ou entre les tours du 13e. J'ai toutefois vu cet été un vieux film de Gilles Grangier, dans lequel Lino Ventura est vendeur de journaux - il dit crieur -, 125 rue Montmartre (1,69 million d'entrées !) qui fait la part belle aux rues de Paris, d'abord le quartier de la presse, puis les quais et Passy, un autre Paris, celui des années 1950. Même en noir et blanc, on note la différence. Les immeubles sont encore bien noirs, le zouave est à sa place sous le pont de l'Alma, et Georges Pompidou n'est pas encore une voie sur berge.

    Paris est une vaste scène qui offre des décors de qualité, y compris dans notre quartier. Christophe Honoré dans son dernier film Les bien aimés, sorti mercredi 24, a tourné dans la rue des Deux Gares, où il situe l'hôtel Kuntz, lieu de rencontre habituel de Catherine Deneuve ou de Ludivine Sagnier, selon l'époque. Sa caméra traverse la cour d'honneur de Lariboisière, passe sous les arcades pour suivre Chiara Mastroianni et Louis Garrel sur le boulevard de La Chapelle... Notre viaduc est beau au cinéma. Christophe Honoré présente et explique son film en direct dans cette petite vidéo, trouvée sur le site de la Ville, où il confirme bien qu'il aime tourner dans le Paris populaire, et tout particulièrement dans le haut du 10e.


    Christophe Honoré présente "Les Biens-aimés" par mairiedeparis

    Les Parisiens se plaignent souvent des tournages qui perturbent le stationnement et leurs habitudes. C'est pourquoi la Mission cinéma fait de son mieux, y est attentive et autorise plutôt en été les grandes productions qui entraînent des fermetures de rues ou des interdictions de circuler. C'est ce que dit Michel Gomez, délégué général de la Mission cinéma, dans l'interview du Parisien.

    Quelques articles-sites sur le sujet :

    Cigalle magazine en 2009 sur les tournages à Paris, inerview de Michel Gomez, tarif des sites, etc.

    Des tournages aussi en Ile-de-France, avec des productions chinoises.

    Galeries d'images d'Inception filmées à Paris.

    Et enfin sur le site de la Ville de Paris, des parcours de films tournés à Paris.

  • Projet Paris Nord Est Elargi : Promenade Urbaine et gares en sont !

    Salle comble à  la mairie du 18e le 2 février. On pouvait s'y attendre au vu du projet présenté. Mais, plus surprenant, des élus venus d'arrondissements et de communes limitrophes à la même tribune. Pour Action Barbès qui a toujours souhaité que les élus des 9-10-18 (et maintenant 19 dans le cadre de la Promenade urbaine) s'associent pour avancer dans notre quartier, une certaine satisfaction.

    En présence de Jean-Louis Missika, adjoint à la maire de Paris chargé de l'urbanisme, c'est François Leclercq, architecte urbaniste qui a présenté les grandes lignes de ce vaste projet.

    Pour l'ensemble de ce périmètre (carte ci-dessous),  on est sur des coupures urbaines très fortes et des conflits d'usage. L'ensemble des réseaux morcelle le territoire et l'enclave.


                

                                                      Atelier métropolitain AMUR 2014

    Quelques données

    Un périmètre de 600 ha qui représente 17% de la capitale pour 314 000 habitants et 613 000 voyageurs pour le bipôle gare de l'Est-gare du Nord.

    525 ha déjà en transformation et 75 ha mobilisables (dont les terrains de l'hôpital Fernand-Widal pour le 10e)

    Une population jeune (entre 20 et 25% de moins de 20 ans), 60% de logements sociaux, moins d'espaces verts qu’ailleurs et 120 000 000 de voyageurs/an !

    Les enjeux de ce projet très ambitieux sont parfaitement expliqués sur le site de François Leclercq : "basculer, à moyen terme, dans une dimension métropolitaine par les équipements et le dynamisme économique,  passer du bipôle des deux gares au hub métropolitain, en amplifiant son statut international de porte de l’Europe et à une échelle plus locale sortir ce quart nord-est de la capitale de la congestion générée par les réseaux, en faire un territoire habité, travaillé et traversé."

    Jean-Louis Missika a décliné les grandes étapes : gommer la frontière avec le périphérique et créer de nouvelles centralités urbaines, rendre ce vaste territoire plus agréable à vivre (plus de mixité sociale donc plus de logements intermédiaires) avec l'ouverture avant 2020 d'un grand parc à Chapelle Charbon, permettre le développement économique, créer un quartier d'affaires qui commencerait au nord des gares et développer les fonctions logistiques (pour le e-commerce notamment).

     

    Le calendrier

    Après le diagnostic réalisé l'an dernier, un guide stratégique sera mis en place fin 2015. On étudiera les secteurs mutables et on organisera la liaison avec les communes limitrophes concernées, les services, sans oublier les habitants. La concertation pour le secteur de la Gare des Mines commencera le mois prochain; les projets pour Eole-Evangile seront sélectionnés à la fin de l'année. Mais pour les impatients, il faut savoir qu'on est à une vision de 30 ans... On peut espérer que d'ici là l'équipe d'Action Barbès aura été très largement renouvelée !

    Nous ne déclinerons pas ici l'intégralité de la présentation (voir sur paris.fr). Nous allons insister davantage sur le périmètre d'action de notre association.

     

    Le cadre de la concertation et les outils pour s'informer et échanger

    - la rédaction d'une charte de la concertation

    - une personnalité garante de cette concertation indépendante de la ville, Michèle Tilmond

    - un comité d'organisation

    - des concertations locales

    - la Maison des Projets 40 boulevard Ney (puis un autre à venir qui pourrait être plus performant )

    - un site internet dédié opérationnel à la fin du mois de février

     

    Le secteur des gares ou bipôle Nord Europe

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    Plan du nouveau périmètre de Paris Nord Est - Secteur des deux gares - © APUR

    Rappelons que la Gare du Nord invite l'Europe à entrer dans Paris ! Curieusement, c'est celle qui contribue le moins dans les secteurs de l'économie et qui a le moins produit de m² de bureaux. Un groupe de travail est déjà en place avec la SNCF sur l'ouverture des gares vers le nord. Un scoop on peut dire. Comment va-t-elle s'exprimer sur 360° ? C'est encore trop tôt pour le savoir. Il s'agit d'avoir une gare visible, une gare intégrée, une gare connectée. (Et une gare qui anime le quartier positivement ! )

    "Les 2 gares ne font pas système alors qu'elles ne devraient former qu'un seul bloc. Par ailleurs, elles sont actuellement orientées vers le sud et il serait nécessaire de les réorienter vers le nord là où on pourrait créer un quartier d'affaires" a précisé Jean-Louis Missika.

     

    Et pour la Promenade Urbaine ?

    Le boulevard de la Chapelle et au-delà fait partie du périmètre du projet comme on peut le voir sur la carte. On est bien sur une idée de boulevard requalifié où l'axe Chapelle est bien reconnu comme un véritable enjeu avec ses difficultés et les solutions qu'il va falloir trouver. Comment investir ces lieux ? C'est la réflexion qui est en cours et à laquelle Action Barbès participe depuis janvier (voir ici). Précisons ici qu'Eric Lejoindre, maire du 18e, a réaffirmé sa volonté, celle de Rémi Féraud, maire du 10e et aussi celle de la maire de Paris, Anne Hidalgo, d'avancer sur ce projet.

     

    On a aussi entendu... 

    Les portes d'entrée dans Paris, comme Porte de La Villette pour ne citer que cet espace immense impossible à franchir à pied, doivent devenir les grandes places du Grand Paris. Il faudra aussi identifier les liaisons transversales.

    Le développement durable ne sera pas oublié : jardins partagés, biodiversité à favoriser, utilisation de la géothermie trop peu exploitée à ce jour.

    Le marché des 5 continents,  serpent de mer depuis plusieurs mandatures, est bien prévu. On parle aussi du tourisme de loisirs avec la présence des canaux, dont on pourrait tirer un meilleur profit.

     

    Et dans la salle...

    Le projet de CDG express reliant Paris à l'aéroport Charles de Gaulle est dans les cartons depuis de très nombreuses années. Il resurgit régulièrement. Olivier Ansart, président d'Asa Paris Nord Est a déjà prévenu : pas question que le RER passe en surface porte de la Chapelle. Les riverains ne l'accepteront pas. L'enfouissement est indispensable. Eric Lejoindre, tout comme la ville de Paris, y sont favorables tout en ajoutant que l'Etat pourra se passer de l'avis de Paris. A ce sujet, vous pouvez écouter la question du député Daniel Vaillant à Alain Vidalies et la réponse du ministre ici.

    On a également reparlé de l'utilisation de la Petite Ceinture.

    Jean-Jacques Clément, de l'association Mémoire vivante de Plaine Commune (que nous avions rencontré lors de la balade urbaine à Plaine St Denis en septembre 2014) a regretté l'absence d'habitants de banlieue et a exprimé le souhait d'une large information.

    La concertation n'en est qu'à ses débuts. Nous suivrons avec intérêt les évolutions du projet. Il apparaît déjà nécessaire que la mairie du 10e organise une réunion pour les habitants de l'arrondissement afin de présenter les enjeux du PNEE qui inclut les deux gares. 

     

  • Le Poulpe : pour faire du (presque) neuf avec du vieux !

    Ca bouge - toujours - rue Léon ! En haut de la rue, le 360 semble démarrer à fond la caisse, puis l’Olympic, l’Omadis (et sa célèbre jam-du-jeudi), le LMP, bien réveillé, puis le tout nouveau Barbès Comédie Club, en face, Le 34 (voir notre article du 21 janvier dernier sur la rue Léon), et là, juste à droite, 4bis rue d’Oran : Le Poulpe, un très grand loft, 7 mètres sous plafond, un ancien atelier de plomberie. Le rapport ? Aucun ! Sauf que la rue Léon commence à ressembler à Broadway ! D’abord, pourquoi "Le Poulpe" ? Un rapport avec le Commandant Cousteau ? Not at all. Nous avons obtenu deux explications. L’une : c’est l’acronyme de Petite Organisation Utile pour Le Peuple et l’Environnement, ce qui en dit déjà pas mal : Le Poulpe est au service de l’environnement et du peuple. C’est pour cela qu’il a choisi d’installer sa tanière rue d’Oran, et pas avenue Montaigne ! L’autre, c’est une histoire de poulpe (violet !) qui serait entré dans vos placards, et qui aurait raflé toutes vos affaires déglinguées, inutilisées, défraîchies, qui ne fonctionnent plus, ou plus trop bien. Quelles "affaires" ? Bien... presque tout : livres, vêtements, machine à laver, à repasser (un fer, quoi !), vaisselle, bibelots, jouets, meubles, tableaux, linge de maison, informatique … Bon, tout, nous dit la charmante accompagnatrice, sauf matelas (pas de problème, il y en a plein par terre à Paris !) et l'alimentaire.

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    Le Poulpe est 120% économie circulaire : vous lui donnez vos objets, au lieu de les larguer sur le trottoir, de les mettre à la poubelle (la bonne, au moins !), au TriLib ou à la déchetterie. Car, oui car, les techniciens du Poulpe, installés sur la mezzanine, (on les reconnaît parce qu’ils ont plusieurs bras), qui sont menuisiers, électriciens, informaticiens, couturiers (marre de mettre au féminin : il y a des deux !) vont redonner vie à vos objets : tri, nettoyage, réparation, revalorisation … Maintenant, débarrassé(e) de vos vieux trucs, vous vous baladez au rez-de-chaussée. C’est la partie "magasin", le rez-de-chaussée, ou vous trouverez plein de choses, remises en état par les Poulp’boys’n'girls, et proposées à environ 10% de leur valeur marchande. C’est à dire que plein de choses entre 5 et 10 euros, ou même à prix libre … jouets, livres, meubles etc. (voir liste de ce que vous pouvez apporter !) C’est le Poulpe magique ! Notez aussi que ce Poulpe tient, pour les publics fragiles, un vestiaire et des objets de première nécessité gratuits. Vous faites cinq bons gestes d’un coup : apporter des affaires qui ne vous servent plus, moins salir la planète, acheter chez Le Poulpe, faire réparer votre vélo et consommer au Café Solidaire !

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    À Paris, un million de tonnes de déchets ménagers est brûlé ou enfoui par an ! Cela coûterait moins cher et polluerait moins s’il y avait des Le Poulpe à tous les coins de rue ! C’est pas tout : un camion, conduit par un Poulpe peut passer récupérer vos affaires à donner, tout spécialement dans la zone des portes de Paris. Mieux encore : il y a (ou il y aura) un camion-Poulpe qui d’un côté récupérera les affaires, et de l’autre, fera magasin des objets re-conditionnés ! À ce propos, Le Poulpe recherche des bénévoles, pour le camion (VL), mais aussi pour les ateliers, que vous soyez professionnel ou un peu maladroit de vos doigts !

    Ne quittez pas, c’est pas fini ! Le Poulpe vous propose aussi des ateliers, pour vous apprendre à "poulper" (pardon : à réparer) vous-même votre grille-pain, par exemple ! – "Ah ben oui, mais alors, Le Poulpe, il lui restera quoi à vendre ?" - "Merci pour la question : quand Le Poulpe n’aura plus rien à vendre, ce sera bon signe !". Mais, ce n’est pas tout ! Ce grand espace accueille aussi un atelier "SoliCycle" pour vélocipèdes solidaires ! Les Poulpes-vélos remettent en état toute la semaine, des vélos oubliés, paumés, égarés : récupération (300 vélos pas an !), mise à disposition de pièces détachées, puis les vendent à prix léger, de 10 à 150 €. Ils vous proposent aussi des ateliers d’auto-réparation et savent marquer les vélos au "Bicycode". Notez que les ateliers, Poulpe ou Vélos, sont aussi des "ateliers d’insertion"…

    Et alors, "gâteau sur la cerise", pour lier tout cela, - apporter des choses, en chiner d’autres, donner un coup de clé à votre vélo… - vous attend un Café Solidaire, dans l’antre du Poulpe, où les Marmites Volantes vous proposent des brunchs le samedi, boissons et de restauration légère à prix solidaires à midi, avec des produits de qualité, locaux, biologiques ou issus de circuits courts. Vous voyez ce qu'il vous reste à faire : apportez vos affaires inutiles au Poulpe dans un grand sac Tati, achetez des choses utiles et pas chères, testez les plats du Café Solidaire, pendant que l’on vous prépare le vélo qui vous a tapé dans l’œil ! Le Poulpe et la planète vous disent merci !

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    L’adresse : 4 bis rue d’Oran, Paris 18e

    Horaires : Le Poulpe : mercredi au vendredi : 14h à 19h - samedi de 13 h à 19 h Vélo : Vente & Information : mardi, mercredi et vendredi : de 10 h 30 à 13 h et de 14 h à 18 h 30 - Autoréparation : samedi : de 10 h 30 à 18 h 30

    Pour en savoir plus, c'est par ici.

     

  • Budget participatif édition 2017

    paris,budget-participatifLa mairie de Paris a lancé le 24 janvier l'édition 2017 du budget participatif. Le sujet est désormais assez bien connu des Parisiens. Rappelons simplement qu'il s'agit pour les habitants de la capitale de présenter des projets d'investissement soumis aux votes des Parisiens pour un montant non négligeable, à savoir quelques 100 millions d'€.

    Nous vous avons donné notre avis à propos de l'édition 2016 le 12 octobre dernier, il n'est pas utile d'y revenir (Budget participatif 2016 : résultats des courses).

    Qu'en sera-t-il pour 2017 ? Les Parisiens auront-ils encore de nouvelles idées ou n'y aura-t-il qu'un simple recyclage des projets des années précédentes ? Nous verrons. Vous avez jusqu'au 21 février pour soumettre vos projets. Des réunions spécifiques seront organisées dans les mairies d'arrondissement (voir l'agenda). Nouveauté intéressante : la RATP est cette année associée au budget participatif, mais attention, seulement pour les projets directement liés au transport.

    Ajoutons pour être précis que pour cette édition 2017 du budget participatif, l'Hôtel de Ville a décidé d'allouer 2€ pour chaque € investi par les mairies d'arrondissement. Concrètement cela signifie que le montant alloué au budget participatif dans le 9e qui est de  607 603€ cette année passera avec l'abondement de l'Hôtel de Ville à 1 822 809€. Pour le 10e les montants sont respectivement de 801 000€ passant donc au total de 3 360 427 € et dont 1 436 140€ réservés aux projets situés dans des quartiers populaires. La Mairie du 18e a choisi d'y consacrer 955 000€, l'enveloppe du 18e arrondissement sera donc de 6 781 665 € dont 3 444 997€ réservés aux quartiers populaires. Ces enveloppes globales sont sensiblement les mêmes que pour 2016.

     

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    Toujours très soignée, la communication autour du budget participatif via le site dédié nous permet de voir avec un peu de recul le niveau d'avancement des projets adoptés pour l'édition 2015.

    Pour les projets de l'édition 2015 concernant tout Paris, seul un projet semble être complètement réalisé : Du matériel de nettoiement silencieux et non polluant. Les sept autres projets sont encore en cours. 

    Sur le site du budget participatif et toujours pour l'édition 2015, vous trouverez facilement l'état d'avancement des projets dans le 9e (1 projet), le 10e (8 projets) et le 18e (9 projets). Pour tous ces projets, on constate qu'ils sont à des stades de développement différents, pour tous les études sont lancées, certains sont même achevés comme la sécurisation de la piste cyclable quai de Valmy dans le 10e.

    Action Barbès avait présenté des projets lors de l'édition 2015 et seulement soutenu certains pour l'édition 2016. Aucun de ceux-ci (2016) n'ont été choisis et nous avons décidé d'accepter la proposition d'un de nos adhérents qui avait soumis en 2016 deux projets de les reprendre à notre compte et donc de les re-présenter sous nos couleurs en 2017.

    Action Barbès (AB) : Jean Raphaël, vous avez adhéré à Action Barbès il y a 3 ans et avez intégré le bureau de l'association fin 2016. Dans ce contexte, vous avez proposé à l'association de reprendre à son compte deux projets que vous avez soumis lors de l'édition 2016 du budget participatif. Quelle a été votre démarche ? Pourquoi ne pas re-présenter ces projets sous votre nom ?

    Jean Raphaël (JR) : Les deux projets que j'avais présentés et qui avaient été retenus, l'éclairage de l'église Saint-Bernard et une "Rue-jardin Richomme" (un troisième,  la réhabilitation de la rue Myrha, a été rejeté car "déjà prévu pour être réalisé durant cette mandature"), ont rencontré un bel écho et beaucoup d'enthousiasme parmi les habitants de la Goutte d'Or et au-delà. Mais n'ayant pas assez de temps et de ressources pour porter seul ces projets, je préfère m'adosser à une association comme Action Barbès mais également à des habitants qui désirent s'y associer, afin de donner toutes leurs chances à ces projets mais surtout qu'ils prennent une dimension collective.

    AB : Que pensez-vous de l'idée du budget participatif ? Un gadget, cher, mais un gadget ? Un pas vers une démocratie participative ? 

    JR : Le budget participatif est une idée intéressante mais qui mériterait d'évoluer pour être plus investie par les Parisiennes et les Parisiens. En effet, c'est une bonne chose de vouloir (re)donner du pouvoir aux citoyens, encore faut-il que cette démarche ne se limite pas à une petite partie du budget d'investissement mais s'ouvre plus largement. Pour impliquer plus les Parisiens, il faut que les enjeux soient à la hauteur.

    Si l'on veut que cette idée soit réellement une expérience de démocratie participative, il serait nécessaire que les élus renoncent à une partie de leurs prérogatives et fassent confiance aux citoyens pour décider collectivement de leur sort. Il est en effet étonnant de savoir qu'il existe un véto du maire d'arrondissement pour décider des projets finalement retenus un fois examinés par la commission ad-hoc censée les choisir. Cette forme de pouvoir autocrate est aux antipodes de la démocratie participative, il faut sans doute faire d'abord évoluer les mentalités des politiques si l'on veut faire changer celles des citoyens. La forme adoptée manque également d'une dimension délibérative. Par exemple, l'initiative des projets pourraient se décider collectivement au-delà des organisations associatives, peut-être dans les Conseils de quartier.

    Quant au coût, on ne peut pas dire qu'il soit excessif, au contraire, il faudrait mettre des moyens suffisants pour que cette initiative puisse s'étendre et s'installe dans la durée. Le processus mis en place à Paris sollicite énormément les services techniques sans que ces derniers soient renforcés, ce qui risque d'affecter leur bon fonctionnement et du coup mettre à mal le budget participatif. 

    AB : Les deux projets repris et soumis sous le nom d'Action Barbès concernent le quartier de la Goutte d'Or. Nous les décrirons plus en détails avec vous dans de prochains articles mais quelle a été votre approche pour ces deux projets ?   

    JR : Les deux projets sont sensiblement différents et répondent à des approches distinctes. Pour le projet d'éclairage de l'église Saint-Bernard, l'idée est de mettre en valeur l'unique monument historique du quartier dont les habitants sont très fiers et de le faire rayonner au-delà de la Goutte d'Or (au sens figuré comme au sens propre : la flèche de l'édifice est visible depuis les arrondissements alentour). Ainsi, il s'agit de revaloriser l'image du quartier et de contribuer à le rendre encore plus agréable à vivre.

    Le projet une "Rue-jardin Richomme", qui consiste en la piétonnisation et la végétalisation d'une petite rue du quartier, répond à plusieurs attentes des habitants de la Goutte d'Or. La rue Richomme est une voie où circulent peu de voitures, mais qui roulent souvent trop vite, et qui compte plusieurs crèches et écoles sur son parcours. Transformer cette rue en jardin ouvert permettrait de sécuriser les sorties d'école et des crèches, de réduire la place de la voiture, tout en offrant aux petits comme au grands une oasis de verdure à deux pas du boulevard Barbès. D'ailleurs, de nombreux parents des écoles et des crèches de la rue ont manifesté largement leur soutien au projet.

    AB : il ne faut pas se cacher que ponctuellement (boulevard Barbès, rue Dejean, Château rouge, rue Caplat, carrefour Barbès, ...) le quartier de la Goutte d'Or rencontre beaucoup de problèmes même si la situation n'est sans doute pas partout aussi catastrophique que certains le disent. Pensez-vous que ses habitants peuvent encore se mobiliser pour des projets dans cet environnement ?

    JR : Bien au contraire, les problèmes sérieux que vous évoquez, et qui ne peuvent pas être solutionnés à travers le budget participatif dédié à l'investissement, donnent encore plus envie aux habitants de voir une amélioration de leur cadre de vie. Rappelons que la Goutte d'Or reste un quartier populaire où un grand nombre d'habitants n'a pas les moyens financiers de "s'échapper" du quartier et de partir au vert, l'espace public est d'autant plus précieux pour eux. Au-delà des questions d'occupation de l'espace public qui posent problème et méritent des moyens d'exception, ce que demandent le plus souvent les habitants de la Goutte d'Or, c'est avant tout d'être traités "comme partout à Paris".

    Il faudrait également se demander si la mairie du 18e met suffisamment de moyens dans ce quartier pour que le budget participatif soit investi par ses habitants. On peut s'interroger sur le succès relatif de la seule urne présente dans le quartier qui est placée dans la bibliothèque de la Goutte d'Or, le long du boulevard de la Chapelle, bien loin du centre du quartier. Le quartier de la Chapelle a montré, lui, qu'il pouvait se mobiliser pour le budget participatif avec succès, alors que ce quartier connait des problématiques similaires à la Goutte d'Or (pour rappel: en 2016, un seul projet a été finalement choisi pour le quartier de la Goutte d'Or). Mais là-bas, l'urne est situé au marché de l'Olive, lieu central et animé, ce qui a très certainement permis de promouvoir le budget participatif à cet endroit. Car plus qu'un lieu où s'exprime le vote, et sachant qu'une grande partie des votes se fait par internet, les urnes sont des lieux de promotion du budget participatif qui permettent de toucher un public non connecté et trop souvent oublié, un public particulièrement nombreux à la Goutte d'Or.

     

    paris,budget-participatif

     

  • La rue du Delta à travers les âges et avant transformation

    La rue du Delta est dans l'actualité. Nous attendons tous avec impatience l'arrivée des pelleteuses qui creuseront les jardinières, voire les fosses pour planter quelques arbres (voir notre article du 3 septembre 2020). Bientôt, nous a promis la Mairie du 9e.

    La rue du Delta ne comporte pas beaucoup de commerces, du moins des commerces en boutique qui accueillent du public. Ce ne fut pas toujours le cas. Bien au contraire. Les immeubles anciens, à la fin du 19e siècle présentaient quasiment tous un portail d'entrée flanqué de boutiques de chaque côté. Dans les archives de la Ville de Paris, on relève qu'à l'angle du faubourg Poissonnière (actuel atelier floral) existait un café restaurant. Au numéro 2, une blanchisserie et un atelier de reliure. Au 4, dans un immeuble en moellons de quatre étages construit en 1862, déjà des boutiques étaient fermées. Au 6, une autre blanchisserie et un restaurant, également débit de vins. Encore une blanchisserie, ou plutôt un teinturier à gauche du portail du numéro 18, dont le propriétaire, monsieur Dufrenoy, en 1894 se plaignait que la réfection du trottoir ayant réhaussé le sol, les eaux d'écoulement entraient désormais dans sa boutique.... Il semble que l'hiver 1894-1895 ait été très pluvieux, et les gouttières, défectueuses ou inexistantes. A droite du portail il y avait aussi un plombier.

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    Affiche publicitaire de la maison F. Appel, imprimeur et lithographe, fondée en 1884 et installée au 12 rue du Delta (1887)

    Les archives nous révèlent également, dans les courriers de l'administration (Service technique de la voie publique) et des citoyens qui s'adressaient à elle, que les trottoirs étaient à la charge des propriétaires des immeubles riverains. Et bien sûr les problèmes afférents.

    Ainsi un courrier de la Société des lièges appliquées à l'industrie, située au 13, en date du 3 novembre 1894 :

    Lettre à M. le Préfet de la Seine à Paris
    Nous avons l'honneur, Monsieur le Préfet, de vous informer que par la présente, nous nous engageons à payer les frais de « déglaçage » occasionnés par l'écoulement des eaux de notre maison dont nous sommes les principaux locataires 13 rue du Delta, à Paris, durant l'hiver 1894 à 1895.
    Note au dos :
    La rue du Delta étant drainée, il n'existe plus de gargouilles.
    Il y a donc lieu d'annuler l'engagement ci-contre.
    Datée : 7 novembre
    Signée :L'Ingénieur de la 3e section

    Quelque dix années plus tôt, le maire du 9e arrondissement, Paul Strauss, se plaignait auprès de son administration d'une malpropreté récurrente à l'angle de la rue du Delta et du faubourg Poissonnière.... (note du 21 Septembre 1884). Tiens, tiens, les mauvaises habitudes perdurent.

     

    Qu'en est-il des commerces en 2020 ?

    En descendant de Rochechouart, on trouve une galerie d'art (n°26), qui régulièrement ouvre ses portes lors des 'événements « Portes d'or » ou « D'Anvers aux Abbesses ». Au 24, le très fréquenté laboratoire de biologie médicale. Le siège du Bonbon au 15 et son annexe au 10. Le Bonbon est une publication de proximité au format de poche, qui présente des articles publirédactionnels signalant les nouveautés, créations, nouveaux commerces, etc., il est disponible dans les boutiques, bars, restaurants, gratuitement, dans chacun des arrondissements parisiens. Au 11, un salon de coiffure a su se créer une clientèle fidèle, sans souffrir de l'ouverture d'un concurrent en haut de la rue, il y a quelques années. Depuis environ deux ans et après de longs travaux, notamment en sous sol, un studio de post production s'est établi au 12 : A la plage, avec salles de montage, d'étalonnage, mixage, auditorium... Au 8 se cachent un atelier d'art et un espace de coworking. Au 6 s'est installée une annexe de la Préfecture de police, chargée du renouvellement des permis de séjour des personnes étrangères. Au 4, une boutique de téléphonie, Idéal Phone, jouxte les deux tables en terrasse du second café de la rue, l'Idéal Bar — le premier étant à l'angle de la rue de Rochechouart en lieu et place de la pharmacie du Delta disparue. Viennent ensuite, au 2, deux minuscules locaux fermés qui ont abrité un salon de coiffure et un atelier de retouche, suivi d'un plombier assez éphémère. Mentionnons encore les immeubles du 9 et du 7 qui comprennent des sociétés de service et de nombreux employés.

    2014 Pharmacie Delta P1070730.jpegA l'angle des rues Rochechouart et du Delta (2014)

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    A l'angle des rues Rochechouart et du Delta (septembre 2019)

    Finalement, en listant ces lieux et ces enseignes, on constate que cette rue est laborieuse, peu encline aux boutiques grand public ou aux commerces de bouche, mais elle est active et diversifiée. Souhaitons que la végétalisation dont elle va bénéficier cet automne apporte du bien être non seulement aux riverains domiciliés là mais aussi à ceux qui y travaillent. Nous vous en reparlerons à l'heure des plantations.